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Appendince D - Lux et Skiá Genesis

Ce qui suit conte la genèse des Lux et des Skiá, de leur naissance à la Guerre des Quatre Saisons ; et porte l'un des fragments du secret le plus gardé de ces deux familles. Il n'était connu que des premiers-nés de ces maisons, et n'a été révélé qu'à Selifós. Il aura été à l'origine de sa rage et de sa haine contre Discord.

 

Durant l'Ère des Sept Glorieuses, alors que le monde et ses habitants étaient encore jeunes, et illuminés par le savoir et la sagesse des sept empires, il n'y demeurait que trois familles d'alicornes. Trois familles impériales chacune responsable de l'autorité et de la régence de trois de ces sept cités utopiques.

La première ; la famille Amor ; dirigeait l'empire de Crystal, de la première génération de leur engeance à l'usurpation du roi Sombra. La deuxième ; la famille Asími ; dirigeait l'empire d'Argent, et s'eut assuré du cycle harmonieux de la lune du premier jour de leur règne jusqu'à l'avènement des Skiá. Et la troisième ; la famille Aurum ; dirigeait l'empire d'Or et s'eut assuré du contrôle du soleil, et aura finalement connu le même destin que les Asími, infligé dans ce cas-ci par les Lux. Les quatre autres empires qui n'auront pas été mentionnés dans ce paragraphe n'étaient pas gouvernés par des alicornes, étant donné que leurs habitants ne s'apparentaient pas aux poneys que nous connaissons aujourd'hui.

Si par contre en revanche, trois des sept empires étaient peuplés par des créatures semblables aux poneys, et possédant par la même occasion des marques de beauté, ce fut qu'Harmonie, d'entre tous les êtres chaotiques créés par Discord, les poneys furent ses préférés, à cause de leurs instincts sociaux et amicaux. Même si les poneys demeuraient des créatures de Discord, et donc des créatures sensibles au mal, ils étaient aussi par cette nature sociale très sensibles à la pratique du bien, et donc à son influence.

C'était inspiré par les poneys qu'Harmonie eut l'idée de concevoir les poneys de Crystal, d'Or et d'Argent, et par extension les alicornes : des équidés similaires aux poneys ou aux chevaux, regroupant symboliquement les caractéristiques des trois races : la corne, les ailes, et la force physique. Les Amor, Asími et Aurum ; les alicornes créées par Harmonie ; étaient les dirigeantes de ces trois nouvelles races de poney, et représentaient tout ce que Harmonie, leur mère à tous, chérissait et cultivait chez les poneys : bonté, rire, générosité, honnêteté et loyauté.

Mais la plus grande bénédiction qui leur fut accordée aura toujours resté la magie. Et en effet, les alicornes d'Harmonie possédaient une quantité de magie très importante. Bien plus importante même que chez les licornes, les cerfs, les rennes, ou d'autres créatures pouvant manipuler la magie à l'aide de leurs cornes ou de leurs bois. Et elles avaient également une bien meilleure maîtrise de la magie que les êtres cités précédemment, faisant d'eux des êtres puissants.

Ces alicornes, Harmonie les avait conçues parfaites, harmonieuses, d'une infinie bienveillance, d'une infinie vertu, d'une infinie justice et d'une infinie sagesse. Bref : l'être suprême dans sa perfection, l'inverse total de ce qu'aurait fait Discord. Ce fut pourquoi, quand ce dernier débusqua les empires d'Or, d'Argent et de Crystal, et prit note de l'existence de ces trois familles d'alicorne qui les gouvernaient, il se moqua d'elles, et de leur caractère bon sans faille. Mais les alicornes, œuvre originale d'Harmonie, étaient des créatures belles, et bien plus puissantes que toutes les créatures créées jusqu'à maintenant par Discord, sinon les dragons ; si puissantes qu'elles étaient en mesure de défier la mort, et de vivre bien plus longtemps que n'importe quel mortel. Si bien que le draconequus en devint jaloux du travail de sa rivale.

Alors, par haine, moquerie et jalousie envers Harmonie, il employa l'idée et le potentiel derrière ces alicornes pour créer ses propres alicornes. De sa volonté naquit deux autres familles d'alicorne : les alicornes de lumière et les alicornes de ténèbres : les Lux et les Skiá. Mais elles furent conçues en tant que anti-alicornes : des versions singées, imparfaites et chaotiques des alicornes d'Harmonie. Contrairement à ces dernières, les alicornes de Discord pouvaient aussi bien se montrer malveillantes que bienveillantes, aussi bien pécheresses que vertueuses, aussi bien injustes que justes, et aussi bien folles que sages. Imprévisibles et chaotiques : ainsi elles furent créées, tel Discord l'eut décidé ; mais avec une plus grande beauté, une plus grande stature, une avidité de pouvoir et d'ambition bien plus féroce, et d'une puissance magique d'ampleur titanesque comparée aux alicornes d'Harmonie ; une puissance qui ne pouvait être dépassée que par Discord ou Harmonie eux-mêmes.

Personne ne sait précisément quel procédé Discord eut employé pour les créer, toujours fut-il que dans les mémoires des premiers-nés de ces deux familles, ils naquirent et eurent une enfance, avant d'entrer dans l'âge adulte. Les premiers-nés furent au nombre de six, trois pour chacune des deux familles, et formèrent les piliers et les racines des Lux et des Skiá. Ceux des Lux furent nommés Caelum, Sancta et Venere ; tandis que ceux des Skiá furent nommés Fengár, Nýchta et Seliní.

En l'an 603 de l'Ère des Sept Glorieuses, ils eurent tous les six atteint l'âge adulte. Discord s'adressa à eux sous sa réelle identité pour la première fois, avec la ferme attention de se servir de ses nouveaux instruments afin d'annihiler les empires d'Or et d'Argent.

"Je vous ai donné le pouvoir d'accomplir de grandes choses, ainsi que le droit d'autorité et d'assujettissement sur tous les poneys terrestres, pégases et licornes qui foulent cette Terre. Soumettez-les et dirigez-les. Mais bien que je vous aie rendu plus puissants que n'importe lesquelles des créatures qui rampent ou volent sur Terre, et nagent sous mer, votre pouvoir restera incomplet aussi longtemps que vous ne récupérez pas une magie dont vous êtes les possesseurs légitimes.

"J'ai eu l'intention de vous faire don du contrôle du soleil et de la lune à chacune des familles que vous incarnez, le jour de votre maturité. Mais hélas, deux autres familles d'alicorne qui ne sont pas de moi me l'ont dérobé pour leur propre compte. Et sans ces deux magies qui vous sont complémentaires, vous resterez à un état faible, jusqu'à un point où vous tomberez malades, puis mourrez. Je vous ai donné le pouvoir et la force de reprendre ce qui vous appartient donc cela ne devrait pas trop vous poser de problème. Mais si vous renoncez à récupérer les magies solaire et lunaire, alors je ne donnerai pas chère de votre peau."

Leur créateur leur indiqua la position des deux empires et, sous la colère, l'orgueil, la contrainte, mais surtout la crainte, les Lux et les Skiá partirent en guerre contre les empires d'Or et d'Argent. Ils se séparèrent et partirent à la recherche de leur prétendue propriété. Après leur avoir délivré un tel mensonge, Discord allécha à l'avance du carnage qui allait se propager. Il se rendit en dehors de l'espace, sortit quelques friandises, et se prépara à assister à deux des plus terribles massacres que ce monde aura connus, de sa propre naissance, au couronnement de la princesse Twilight.

Aucun de ces deux empires, que ce soit aux yeux de leurs habitants ou ceux des Aurum ou des Asími, aurait pu soupçonner que trois alicornes pour chacun d'entre eux, totalement inconnues, leur rendraient visite, et encore moins qu'elles apporteraient avec elles le fléau d'une guerre inattendue : le châtiment dissimulé de Discord. Cet évènement sombre de l'Histoire aura frappé les empires d'Or et d'Argent avec la même surprise qu'un coup d'éclair dans un ciel sans nuage et ensoleillé.

Quand les Lux et les Skiá, en reprenant et s'inspirant des paroles du maître du chaos, incitèrent les alicornes d'Or et d'Argent à leur rendre « ce qui leur revenait de droit », ces dernières refusèrent net... bien évidemment. Car ce pouvoir convoité leur avait été donné par Harmonie qui leur avait chargé comme devoir d'offrir un cycle harmonieux de la lumière et des ténèbres à la Terre.

Ayant refusé de donner leurs pouvoirs, les Aurum et les Asími s'attendaient encore moins à ce que les Lux et les Skiá réagissent avec agressivité. Elles ne se seraient jamais imaginé que trois alicornes solitaires viendraient jeter ainsi le gant à toute une famille d'alicorne, avec leurs sujets derrières elle, à elles seules. Et pourtant, malgré toute leur puissance, malgré le surnombre évident, malgré tout la force qu'ils auraient pu mettre en œuvre, les deux empires ployèrent face à la puissance des Lux et des Skiá.

Jamais les Aurum et les Asími n'auraient pu suspecter une telle puissance de la part de poneys qui leur étaient pourtant si semblables en apparence. Ils étaient juste plus grands qu'eux après tout. Mais ils auraient pu deviner que leur crin évanescent était la preuve d'une puissance magique qui dépassait de très loin la leur.

Ils auront été écrasés, eux, avec leurs empires. Sans essuyer de pertes, sinon peut-être des blessures, les Lux et les Skiá en ressortirent victorieux, et avec les magie solaire et lunaire en prime. Ils s'approprièrent alors le contrôle du soleil et de la lune. Mais ces derniers obéissaient au plus ancien de chacune des familles respectives : Caelum Lux et Fengár Skiá. Les Aurum et les Asími furent tous décimés jusqu'aux derniers, et un très grand nombre de leurs sujets moururent. Mais voulant s'assurer qu'il n'y ait aucun témoin de leurs crimes, et donc que personne ne rapporte le mal qu'ils auront fait à de potentiels alliés, ils tuèrent les survivants parmi les poneys d'or et d'argent. À la fin de cette guerre qui aura duré moins de trois heures, deux génocides auront été commis, près d'un million de poneys moururent, et deux cités magnifiques auront été réduites en cendres, presque rayées de la carte.

Cependant, pris d'amour et de contemplation pour l'architecture des deux empires durant l'assaut, les Lux et les Skiá songèrent à s'y installer et à y demeurer, et donc reconstruisirent tout ce qui avait été anéanti par la puissance démesurée et incontrôlée de leur magie, qu'ils n'avaient pas encore pleinement appris à maîtriser dans leurs jeunes années et leur manque d'expérience.

Ils assimilèrent également les technologies et connaissances de ces deux empires et suite à cela, ils apportèrent tout ce qu'ils eurent appris de ces deux civilisations aux poneys. Ils allèrent trouver jusqu'aux quatre coins du globe les terrestres, les licornes et les pégases.

Les poneys furent si subjugués par ces six alicornes, que ce soit par leurs connaissances, leur apparence encore jamais vue, ou même par les prodiges qu'elles leur eurent démontrés grâce à leur magie incommensurablement puissante, qu'ils les prirent pour des dieux. Assez vite, ils apprirent à les craindre, et même pour certains à les adorer.

Après les avoir impressionnés, les Lux et les Skiá les encouragèrent à les suivre, de déménager et de venir vivre à leur côté au sein de deux majestueuses cités qui n'étaient autres que les empires d'Or et d'Argent rebâtis à leur image.

Les chevaux, qui eurent ouï dire de ces alicornes aux pouvoirs surnaturels, furent aussi venus à leur rencontre. Et après avoir été également témoin des prouesses dont ils furent capables, les deux tiers d'entre eux furent motivés à les suivre à la pareille des poneys. Cependant, bien que les Lux et les Skiá aient accepté la présence des chevaux dans leur futur royaume, les grands équidés prirent de plus en plus conscience au fur et à mesure de la migration que ces êtres ailés et cornus semblaient attacher plus de souci et d'intérêt aux poneys qu'à eux-mêmes. Et jaloux de ce favoritisme, bon nombre des chevaux abandonnèrent le voyage et s'installèrent à la place là où ils désiraient vivre, sur les terres qu'ils n'étaient censés à la base que traverser, et dont ils s'y plurent lors des grandes pauses. Ainsi, les chevaux se furent séparés et répandus partout à travers le monde, et développèrent chacun dans leur coin leurs propres langues et coutumes, et fondèrent diverses civilisations à partir de ce que les alicornes de ténèbres et de lumière leur eurent enseigné.

Très peu de chevaux accompagnèrent les poneys jusqu'au bout du voyage. Les pégases, qui avaient déjà leur nation bien fondée depuis maintenant plusieurs siècles, ne ressentirent point le besoin de suivre ces créatures à la puissance effrayante. Et exactement comme les chevaux, ils auront refusé de vivre auprès d'eux ; d'autant plus que leurs alliés et amis de l'empire d'Azur, témoins du génocide des poneys d'Or et d'Argent, les eurent mis en garde contre elles.

En conclusion, après deux ans d'émigration, les poneys terrestres et les licornes auront finalement rejoint les deux magnifiques cités que les Lux et les Skiá avaient expressément préparées pour eux. Et là, ils enseignèrent tout ce qu'ils voulaient leur faire savoir : ils instruisirent l'agriculture aux poneys terrestres, et comment exploiter leur force physique au mieux afin de nourrir le plus grand nombre ; et aux licornes, ils leur apprirent les secrets les plus raffinés de la magie et comment les exploiter pour dépasser leurs limites actuelles.

Si avant, les poneys terrestres et les licornes, tout comme les pégases, vivaient chacun de leur côté, laissant les autres poneys ne leur ressemblant pas se débrouiller seuls, la promiscuité causée par le rassemblement de tous les poneys, peu importait l'apparence ou les origines, leur aura appris à se soucier des uns des autres sans discrimination et ainsi de vivre en tant que nation unie et forte. Et il y eut même à travers cela des mariages entre terrestres et licornes, quoique cela était encore très rare à cette époque. Et cette union malgré toute opposition, Les Lux et les Skiá le symbolisèrent de par leur amitié et leur volonté de gouverner ensemble un pays où les poneys vivraient dans la paix et la prospérité. Après encore plusieurs années, la politique aura évolué. Une constitution et une série de loi auront été rédigées. L'existence de l'empire uni des Lux et des Skiá sera ainsi officialisée face au monde en 611 ; marquant la fin de l'Ère des Sept Glorieuse, et le début des Temps Immortels.

 

Les Lux et les Skiá auront réutilisé le calendrier des sept empires après ce changement d'âge, du moins jusqu'à ce qu'ils le divisent en deux suite à leur schisme afin d'avoir des années plus courtes. Le schisme, selon l'ancien calendrier, s'était produit en l'année 48 des Temps Immortels, tandis que les nouveaux décrétaient que cela se fut produit en 96.

Les poneys qui auront vécu le seul et unique siècle où les deux familles étaient unies vous diront que ce schisme aura été la première, et le catalyseur, des plus grandes tragédies qui auront frappé ces alicornes qui leur furent pourtant si admirables. Ce qu'ils ignoraient, ce fut qu'hélas, tout cela eut été prémédité.

En effet, quand Discord avait créé les alicornes de lumière et de ténèbres, il les eut conçues non seulement chaotiques et imprévisibles, pouvant aussi bien se présenter bonnes comme perverses, mais en plus, il les eut prédestinés à s'entre-déchirer entre eux, et à plonger les poneys ; ces créatures qu'Harmonie semblaient tant chérir ; dans une malédiction de l'éternel retour : celui de la guerre.

Les premiers-nés des Lux et des Skiá étaient parfaitement conscients qu'ils avaient été créés par Discord. Et si ce dernier leur avait caché en partie la vérité sur le réel but de leur existence, ces derniers l'auront tout de même compris en étudiant les connaissances accumulées par les Aurum et les Asími : les deux familles qu'ils eurent exécutées puis remplacées. Ils eurent découvert, en investissant la demeure de ceux qu'ils avaient massacrés, le mensonge que Discord leur eut proféré : les magies lunaire et solaire eurent été créées par Harmonie ; une entité métaphysique dont ils n'avaient jamais été au courant de l'existence jusqu'alors ; données aux alicornes d'Argent et d'Or, et ne leur avaient jamais appartenu légitimement.

Ils réalisèrent qu'ils n'étaient que les pantins de Discord depuis le début, ses instruments pour anéantir les véritables gardiens de l'ordre et de l'harmonie dans le monde. Ils invoquèrent le nom du maître du chaos et exigèrent de lui d'avantage de révélations ainsi que des comptes pour les avoir manipulés. Et ce fut en lisant la colère, leur sentiment de trahison dans leur regard noir et foudroyant, que le draconequus leur répondit dans le plus grand des flegmes, avec un sourire des plus malicieux :

"Vous avez toujours été mes jouets, des outils dans le but de me servir. Vous voulez la vérité ? Très bien, la voici : c'est moi, le vrai créateur du monde, l'alpha et l'oméga, le début et la fin. Vous pourriez penser que j'aurai créé le monde car je ne voulais plus être seul, mais ça n'a rien à voir avec la solitude ; je n'en ai jamais souffert de toute façon. J'ai créé le monde parce que je m'ennuyais. Je l'ai créé, lui et tout ce qu'il contient, dans le but de m'amuser. Vous n'êtes que des petites statuettes de sables que je peux briser à tout instant d'un claquement de doigts... comme toutes les créatures vivantes de ce monde.

"Mais les empires que vous avez détruits obéissaient aux règles d'Harmonie. Pas aux miennes. Je vous ai donné la vie uniquement dans le but d'annihiler ceux qui allaient à l'encontre de mes décisions et projets pour ce monde. Par contre, vous, vous avez été créés selon ma volonté et quoiqu'il arrive vous suivrez mes règles. Et de cela, vous resterez soumis à ce que j'aurai décidé."

Les premiers-nés eurent pris peur, et certains allèrent jusqu'à se remplir de chagrin, puis d'une colère bien plus vive encore. Pourquoi cet être, un dieu et un créateur aussi mauvais, devait exister ? et faire de la vie et de ce monde juste un jeu ? Et pourquoi leur révéler une telle chose ? Qu'est-ce qu'il mijotait ? Quel machiavélisme dissimulait-il pour qu'il puisse y tirer quelque chose de cet aveu ?

Furieux, Caelum, l'aîné des trois premiers Lux, lui déclara. "Nous ne suivrons jamais un maître aussi mauvais ! Si nous ne sommes que des jouets à tes yeux, alors nous nous détournerons de toi ! Nous ne prendrons plus jamais conseil de toi ! Nous suivrons notre propre voix et plus jamais tu ne pourras nous manipuler ! Et notre premier acte d'opposition sera d'apporter aux poneys un monde de paix et d'harmonie ! Moi, Caelum, je te renie !"

Et à sa réponse se concordèrent à l'unanimité les esprits, désormais libres de par leur conscience de leur condition, les Skiá, tout comme sa sœur et son frère. Tous ensembles, telle une volonté courroucée, collective et unie, renièrent le maître du chaos, s'opposèrent à lui, et s'engagèrent sur le chemin emprunté initialement par les Aurum et les Asími.

Mais intérieurement, Discord riait. Car bien que les six alicornes en face de lui ne chercheraient plus jamais à le satisfaire, que ce soit directement ou indirectement, elles restaient ses créations et furent conçues pour sa distraction. Elles n'échapperont jamais à ce qu'elles auront toujours été.

"Ce que vous avez appris de moi sera le plus grand secret de ce monde ainsi que du vôtre. Mise à part Harmonie, moi-même et vous six, personne n'est au courant de ma réelle identité, de l'existence d'Harmonie, et de l'origine de l'univers ainsi que de vos deux familles. Que vous acceptiez de m'écouter ou non, je fais de vous les gardiens de ce grand secret.

"Vous souhaiteriez peut-être dévoiler ce secret au monde entier, mais je sais combien vous êtes fiers de votre identité, et que c'est une grande humiliation pour vous que d'apprendre que vous n'êtes que mes pantins. Vous souffrez de cette vérité et vous craindrez de le révéler à vos descendants et au monde pour qu'ils gardent leur innocence et leur fierté, et surtout qu'ils n'apprennent jamais que le Créateur est un dieu mauvais et n'en souffrent que plus encore.

"Ce que je vous ai dit, transmettez-le à toux ceux à qui vous le dévoilerez, si jamais vous preniez cette décision très dure de dévoiler la vérité sur vos origines et celles du monde. Mais dans tous les cas, n'oubliez pas que vous êtes des êtres chaotiques, et que vous ne resterez pas unies bien longtemps. Je l'ai prévu."

Et ce fut dans ces derniers mots que Discord disparut. Caelum, comme les autres, accepta le défi lancé par le draconequus. Ils auront décidé que leurs familles n'entreront jamais en guerre et resteront à jamais unies ; sans forcément savoir pour autant quel avenir leur était réservé.

Et pour consolider cet engagement qu'il eut entrepris, Caelum proposa aux Skiá ainsi qu'à Sancta et Venere d'unir leurs deux familles par l'amour au travers du mariage. Et lui-même, trouvant les sœurs de Fengár très belles, qui avec leurs beaux pelages d'ébène et leur fines courbes lui étaient semblables à de magnifiques chefs d'œuvres de la vie, était particulièrement amoureux de Nýchta.

Hélas pour lui, première déception, Nýchta avait son cœur d'avantage tourné vers celui de son frère, et ce dernier qui aimait profondément ses sœurs n'approuvait pas entièrement ces noces, lui qui avait l'intention d'épouser les deux. Le fait que Fengár ne désirait pas Sancta eut provoqué une dissension dans ce projet d'unir les deux familles, puisque par cette logique, Venere ne pourra pas se marier à Seliní et ainsi apprendre à l'aimer tout comme son frère cherchait à le faire avec l'autre jument de la nuit.

En conclusion, ils trouvèrent tous un arrangement : Fengár se maria avec sa sœur Seliní, et cela fut un mariage d'amour ; Nýchta accepta d'épouser Caelum mais elle l'eut fait par résignation et non par cœur. Et n'ayant pas été en mesure de marier Seliní, Venere noua avec sa sœur, Sancta, qui elle, accepta sans réelle motivation car elle préférait son aîné à son cadet.

La deuxième déception, et qui fut le début des distanciations entre les deux familles, sera après que Caelum eut amené Nýchta dans l'enceinte de sa maison pour la connaître. Il naquit de leur union la première alicorne de sang-mêlé. Ils n'en surent rien les premières années, mais alors que leur enfant grandissait, ils réalisèrent, d'abords avec confusion et ensuite avec crainte, que sa magie avait été amoindrie.

En examinant en détail la situation, les lux et les Skiá comprirent que la magie lunaire, celle de la mère, était entrée en conflit avec la magie solaire, celle du père, faisant que la magie de la progéniture eut régressé à un stade bien plus faible. Ils ne le savaient pas, mais cela était dû à la volonté de Discord, qui avait décidé que les deux familles devront se confronter au lieu de s'unir. Ils découvriront la même situation dans les siècles qui suivront chez les alicornes de sang-mêlé ayant un mortel parmi leurs géniteurs.

Ce qu'ils craignaient après avoir constaté cela, ce fut effectivement l'affaiblissement des magies lunaire et solaire. Ils craignaient que si ce métissage était poursuivi sur le long terme, les deux magies nécessaires pour contrôler le soleil et la lune s'atrophieraient à un point que les astres deviendraient incapables à déplacer, et alors ces derniers auraient repris des cycles irréguliers, disharmonieux et chaotiques ; ce qui risquerait de ramener le monde au point où il fut, avant qu'Harmonie ne créa les sept empires.

En conclusion, par souci qu'aucune génération faible ne les remplace s'ils venaient à disparaître, et ainsi éviter le pire des scénarios pour la Terre et toutes les créatures vivantes, les premiers-nés écrivirent comme première des lois concernant uniquement eux et tous leurs descendants après eux, qu'il était strictement interdit de se marier et de procréer avec quiconque ne possédait pas le même sang ; et tous sang-mêlé devront être éliminés avant qu'ils ne procréent à leur tour. Ayant décimé et remplacé les Aurum et les Asími, les Lux et les Skiá avaient désormais la responsabilité de tous : un fardeau qui s'avérera douloureux pour tous les amours interdits après l'inscription de cette loi. Il s'en sera ensuivis de cette loi eugéniste de nombreuses tragédies et injustices.

Mais personne n'a dit que la vie était juste. Surtout quand cette dernière fut créée par une entité malveillante et sans scrupule.

En deçà de cette loi, Fengár vit logique de s'opposer au mariage de Caelum avec sa sœur à un niveau supérieur et plus intransigeant. Et sous l'approbation de tous au travers d'un vote à la majorité, excepté l'avis de Caelum, le divorce eut lieu et Nýchta retourna dans sa maison auprès de sa sœur et de son frère ; ce qui ce dernier en profita pour l'épouser à son tour. Et toujours dans l'idée de respecter cette règle, la mort de l'enfant fut organisée et arrivé à bien les jours qui suivirent ce divorce.

Ce fut une grande douleur pour l'épouse divorcée car bien qu'elle ne fût pas particulièrement attachée à son mari, elle aimait son poulain, comme toute mère digne l'aurait fait. Quant à Caelum, le seul à s'être opposé à cette loi et ce divorce mais qui eut perdu, seul contre tous, y compris de Sancta et Venere, il devint encore plus furieux quand en plus de sa femme, on lui enleva son fils. S'il était compris autant par ses pairs que par les Skiá, ce type d'union restait dangereux étant donné l'importance du rôle des magies solaire et lunaire. Même s'il existait une bonne et belle intention derrière l'alliance de ces deux familles au travers du mariage afin de s'assurer d'aucun conflit et ainsi vaincre la volonté de Discord, ce risque ne devait tout simplement pas être pris.

Mais même si Caelum comprenait la raison d'être de cette loi, et malgré la volonté de maintenir un lien solide entre les deux clans, sa passion envers Nýchta eut grandi durant ces moments où ils partageaient le même lit à un tel point qu'elle dépassait sa haine envers Discord, tout comme sa motivation première. Sa colère le rendit aveugle, vindicatif et égoïste.

Dans le secret, et sans même prévenir Sancta ou Venere, il se mit en tête de déserter sa maison et de former un nouveau clan avec celle qu'il considérait toujours comme sa femme. Sous le couvert de sa magie, il s'infiltra dans la cité d'argent et kidnappa Nýchta, pour ensuite s'enfuir avec elle dans les contrées sauvages.

En découvrant ce vol, Fengár et Seliní partirent, et bien évidemment très furieux, à la recherche de la sœur qui leur eut été arrachée ; et à leur côté, Sancta et Venere se joignirent, dans l'espoir de négocier et de raisonner leur frère. Pour Caelum, les choses se compliquèrent quand Nýchta s'opposa à son idée de fonder une nouvelle famille ensemble.

"Ne comprends-tu pas que l'incompatibilité de nos deux magies est liée à Discord ?", tenta-t-il de la convaincre. "Il nous force à suivre cette voix pour satisfaire ses plans. Si nous voulons être libres, nous devons agir contre sa volonté. Je t'aime Nýchta. Refaisons un. Je peux t'assurer que de nos alliances, il peut en ressortir que du bien. Nous aurons notre propre maison. Nous assimilerons, que ce soit de gré ou de force, ces deux familles qui étaient corrompues depuis le début. Et quand l'empire sera uni sous une seule et unique famille, la nôtre, alors tout risque de guerre sera écartée."

Si Nýchta n'avait jamais été amoureuse de Caelum, elle l'avait cependant toujours respecté, presque admiré, pour sa ténacité à faire barrière à Discord. Et sur le coup, le fait qu'il soit allé jusqu'à l'enlever pour accomplir ce qu'il avait en tête l'impressionna. Mais percevant que quelque chose avait changé dans le cœur de son ancien époux, elle prit peur et lui répondit.

"Le fais-tu pour le bien de ce monde ? ou pour ton propre compte ? Je comprends que la mort de notre fils t'ait bouleversé. Mais si manipulation de Discord il y a eu, et tu sais combien son pouvoir dépasse le nôtre, alors on ne pourra rien y changer. Et la création d'une troisième maison ne pourra que multiplier le risque de conflit. Rien de bon ne sortira de notre union.

"Mais il y a un autre espoir. Les Lux et les Skiá, comme tous les poneys, peuvent échapper à ce destin. Le mariage n'est pas la seule voix. Si tu souhaites poursuivre cette idée, je le vois en ton cœur, c'est pour poursuivre tes propres désirs, ces même désirs tournés vers moi. En vérité, tu es égoïste, et tu fais là le jeu de Discord. As-tu même pensé à moi ? S'il-te-plaît, renonce à cette folie. Laisse-moi retourner auprès de mon frère et de ma sœur, là où se trouve ma vraie place. Et tu ne peux pas fuir perpétuellement. Les tiens et les miens finiront tôt ou tard par nous retrouver. Tu peux encore être pardonné si tu changes d'avis à temps."

Si elle l'eut dit avec une voix accentuée par le chagrin, cela enragea Caelum. Bien qu'il fut vrai qu'en son âme il ne désirait que posséder la jument noire qui était devant lui, il ne le faisait qu'inconsciemment et croyait encore lutter contre son créateur. Qu'elle dévoile la vérité ainsi, et surtout qu'elle avait raison en disant que Discord se jouait de lui depuis le début, l'eut atteint dans sa fierté.

Ce qu'il fit après sa réaction démontra à Nýchta qu'il ne l'aimait que superficiellement, et qu'elle eut raison de ne pas s'attacher à lui. Il lui avoua finalement avoir fait ça pour elle et seulement pour elle. Et comme il parla, elle comprit en l'écoutant selon l'agressivité qu'il mettait dans chacun de ses mots qu'il l'aimait comme on aimerait un oiseau en cage.

En percevant qu'il ne contrôlait rien, Caelum fut pris au désarroi, à la terreur et au désespoir. Il violenta Nýchta, la battit, la ligota et la bâillonna pour s'assurer qu'elle ne s'échappe pas pour rejoindre les siens. Et pour la persuader de rester auprès de lui, il chercha à la briser mentalement, incluant l'option de la violer à répétition, voire la torturer.

Fatalement, les autres premiers-nés finirent par les retrouver après des journées de traque. Si Sancta et Venere comptaient raisonner leur grand frère, Fengár l'eut empêché. Après avoir retrouvé sa petite sœur et seconde femme dans un si piteux état, rouée de coup, déshonorée, en larmes et moralement à bout, il réfuta immédiatement l'option du pardon. Et pour venger la dignité de Nýchta, il provoqua Caelum en duel, bien décidé à le tuer. Sancta et Venere s'offusquèrent initialement mais se retinrent après-coup quand Seliní les dissuada, leur expliquant que s'empêtrer à leur tour dans ce conflit ne fera qu'encore aggraver les choses déjà bien assez délicates.

Impuissants, ils assistèrent tous les trois au combat. Après une rude et longue lutte de plusieurs heures où Caelum faillit terrasser Fengár, ce dernier reçut l'aide de Fang, son Nightmare, qui lui était déterminé à ne pas laisser mourir son jumeau, et surtout pas dans un tel contexte. Cela renversa la balance et le combat connut une fin des plus imprévues.

 

Caelum fut tué.

 

Là aura été la troisième déception, non seulement pour Caelum lui-même qui vit sa vie s'achever bien avant ses cent ans – dérisoire venant d'une alicorne immortelle – mais aussi pour les Lux et les Skiá dans leur ensemble. Cette mort aura froissé la relation entre les deux familles. Même si Sancta et Venere reconnaissaient que leur frère avait commis un acte très grave, et qu'ils comprenaient très bien la réaction de Fengár ; après tout, ils en auraient sûrement fait autant s'ils étaient à sa place ; ils l'aimaient. Et la perte d'un frère qu'on a appris à aimer depuis l'enfance est toujours une douleur immense.

Si les Lux et les Skiá continuèrent de gouverner les poneys ensemble suite à ce tragique accident, ils ne se montrèrent plus aux yeux de leur peuple aussi proches que lors des premières années de leur règne. La mort de Caelum avait déclenché un vent d'inimitié entre les deux familles. Et même si suite à cela elles ne s'étaient jamais porté atteinte l'une l'autre, c'était sûrement en souvenir de ce qu'elles étaient, et pourquoi Discord les eut créées. Si elles devaient céder à la colère, à la mésentente et à la violence, le maître du chaos aurait gagné à ce jeu de la destinée. Et lui-même, observant tout d'un œil passif et attentif, trouvait le tournant de la partie très intéressant.

Hélas, en perdant de cette proximité peu à peu au fil des années, les deux familles laissèrent progressivement s'échapper de leur conscience qu'elles devaient à tout pris rester unies pour prouver à leur créateur qu'elles ne lui appartenaient plus. Sûrement ce fut le temps qui usait leur mémoire, et l'engagement de Caelum sera de plus en plus oublié, pour ensuite être rappelé de plus en plus pour la dernière chose qu'il eut faite avant de mourir : kidnapper une jument et lui faire du mal.

En s'éloignant les uns des autres et en communiquant de moins en moins, les Lux et les Skiá changèrent de perspective, adoptèrent d'autres modes de pensée et d'autres philosophies, qui s'opposaient toujours plus diamétralement. Et le jour vint, au bout de nombreuses années, où les deux familles ne visaient plus du tout la même politique : être d'accord sur ci, ne pas être d'accord sur ça, entreprendre tel projet et pas un autre, décider ou réfuter telle ou telle manœuvre diplomatique, telle ou telle réforme... leurs conversations devinrent des débats, puis des disputes. Ils n'étaient plus d'accord sur la façon de gouverner.

Mais fidèles à leur mentalité et au serment de Caelum, elles ne songèrent pas à entrer en guerre civile et la paix eut pu être préservée, pour le bien de tous les poneys. Malgré ça, le peuple, en réaction au grand schisme des Lux et des Skiá qui eurent décidé de gouverner chacun de leur côté en divisant leur empire par deux eut eu un avis assez mitigé, et surtout inquiet. Devoir vivre sur un territoire qui avait toujours resté uni maintenant divisé par deux politiques et deux idéologies différentes ne leur plaisaient nullement. Les plus intellectuels d'entre eux y avaient même prédis, et à raison, le début des ennuis pour eux.

Le calendrier des sept empires eut été divisé en deux, puis remodelé en fonction des choix des deux maisons. Nous étions alors passés directement de 48 à 96. Et aux poneys, il ne leur fut donné aucun ordre ou aucune directive. Les nouvelles frontières étaient libres et ils avaient donc la liberté de choisir sur quel sol, et donc sous quelle politique, ils souhaitaient vivre.

Si individuellement, ils préféraient tout à chacun vivre avant tout avec les gens de leurs familles et de leurs amis, les poneys, pour la plupart, favorisaient la vision proposée par les Lux. Parce que si les Skiá songeaient à concentrer tous les pouvoirs sous une autorité forte et unique qui déciderait de tout pour le bien de tous, quitte à restreindre des libertés pour y instaurer la discipline et la sécurité ; les Lux préféraient décider avec l'avis des mortels : les chefs des différents clans des licornes et des terrestres constituaient un sénat pour transmettre les besoins du peuple aux alicornes de lumière ainsi que leurs opinions sur les différentes réformes et les textes de loi.

Il s'en fallait d'aucun doute que de simples paysans choisiraient les dieux qui se voulaient au plus près d'eux plutôt que d'autres dieux qui continueraient de les toiser de haut pour ce qu'ils étaient : des mortels à la vie éphémère. De même, si les Skiá menaient néanmoins une direction aussi sage que celle des Lux aux yeux des citoyens, tels des tyrans éclairés, ils traitaient ces derniers avec condescendance, un peu comme des parents sévères qui jugeraient leurs enfants un peu trop hétérodidactes ; en plus que d'avoir cette aura inquiétante de magie très sombre qui les entourait, et qui les rendait très intimidants.

Les choses se compliquèrent dans leur ensemble quand la nature des Nightmare, les faces sombres des Skiá furent révélées au grand jour. Au départ, Fengár, Seliní et Nýchta ignoraient tout de leur vraie nature et ce fut avec frayeur que, durant leurs plus jeunes jours, ils découvrirent leurs jumeaux maléfiques. Ces derniers les auront aidés quand ils se seront retrouvés en difficulté face aux Asími et leur peuple. Mais les Nightmare, qui avaient des intentions perverses, et qui s'opposaient fréquemment aux décisions de leurs jumeaux, en particulier dans cette affaire de noce entre les deux familles, se les mettaient souvent à dos. Parce qu'ils étaient mauvais et n'aspiraient pas à l'union des deux clans, leurs jumeaux ne leur accordaient aucune confiance, malgré l'aide qu'ils leur avaient apportée contre les Asími.

Nýchta aura été la première des Skiá à se rapprocher et à communier avec son Nightmare : Nightmare Night. Si son attitude à son égard ne différait pas tellement de celui de son frère ou de sa sœur, elle aura évolué suite à son mariage avec Caelum. Insatisfaite de ses noces, elle avait fait de son Nightmare son plus grand confident, et dans leurs avis se concordant au sujet de leur mari, ils s'étaient grandement rapprochés et s'étaient beaucoup appris l'une de l'autre. Ce fut même Nightmare Night qui permit à Fengár de la retrouver, elle et sa jumelle, en laissant des indices au travers de la dimension des rêves pour que lui et les autres rattrapent Caelum.

Quand elle en vint finalement à communier avec lui, elle eut ébahi tout le monde, son frère et sa sœur les premiers, de par sa nouvelle morphologie, sa nouvelle puissance, mais surtout de son nouveau trait. Un trait qui allait basculer absolument tout dans la relation entre les Skiá et leur peuple, et par répercussion les Lux : le vampirisme.

Ce fut avec une longue lutte avec elle-même que de devoir accepter et assimiler cette soif de sang, cette soif contre laquelle Nightmare Night l'eut pourtant avertie. Et malgré que le conte de son expérience encourageât Seliní à emprunter le même chemin que sa grande sœur, Fengár, alors doyen et par extension le chef de sa maison, hésita à affirmer que ce que Nýchta eut accompli était une bonne voie à suivre. Si l'ensemble de la famille entreprenait cette communion avec leurs Nightmare respectifs, elle agirait alors en prédateur envers ses propres sujets, ou du moins les obligerait à donner leur sang, peut-être au travers d'une taxe. Et cela ne plairait sûrement pas aux poneys d'être traités presque comme du bétail.

Par ce souci, Fengár ne rendit pas cette communion obligatoire, et cette dernière demeura alors un choix. Elle ne fut pas interdite non plus car malgré le changement de diète aux conséquences assez graves, elle demeurait un excellent moyen pour les Skiá de gagner en puissance.

Ce ne sera que quelques décennies plus tard que ce phénomène ; qui sera alors appelé le rite de Nýchta ; deviendra une voie à suivre nécessaire à toutes les alicornes de ténèbres, lorsque le troisième enfant de Fengár et Seliní se sera laissé séduire par son Nightmare, et l'aura laissé prendre la domination sur son corps. Tragiquement, les parents n'avaient jamais expérimenté un tel évènement, et ne surent quoi faire pour remédier à la situation. De même, le Nightmare de leur fille était beaucoup plus fort qu'eux, et sans l'intervention de Nýchta qui avait bien gagné en puissance depuis qu'elle eut atteint cette « paix intérieure », ou celle des Lux qui fut sollicitée, le Nightmare n'aurait pu être neutralisé à eux seuls.

Après cet incident clos, et ayant partis du principe que Nýchta, malgré sa communion avec Nightmare Night n'eut aucune réelle motivation maléfique comme se fut produit avec le Nightmare de sa fille ; sans oublier le fait que sa sœur était maintenant aussi grande que les Lux ; Fengár en vint à la conclusion que cette communion avec la face sombre d'eux-mêmes était la voie incontournable pour tout Skiá qui désirerait atteindre le sommet de leur maturité, autant dans leur physique que dans leur magie ; et il prit conscience à ce moment-là que les gens de sa famille seraient alors en mesure de rivaliser avec la puissante magie solaire des Lux, en plus de pouvoir échapper au sombre destin qu'eut connu sa fille. Ce fut dans ce sentiment de besoin, mais aussi avec beaucoup d'orgueil, que le premier doyen des Skiá eut écrit la loi suivante : le rite de Nýchta était à présent obligatoire.

D'abord Seliní puis ensuite Fengár, les premiers-nés des Skiá entreprirent de regarder leurs Nightmare respectifs sous une toute autre perspective et entreprirent de passer le rite, afin de servir d'exemple à leurs descendants, et de les encourager à en faire de même. Et plus la famille s'engagea sur cette nouvelle voie, plus elle fit face à ce nouveau caractère vampirique déjà décris plus tôt. Et plus elle s'y accoutuma, et philosopha à ce sujet, et plus elle l'aura considéré comme un moindre mal, puis comme un non-mal, puis comme une normalité, se comparant finalement non plus à des monstres mais à de simples prédateurs qui agiraient comme n'importe quel prédateur. Et cela, les anciens de cette maison eurent dû l'enseigner aux plus jeunes afin de les encourager à suivre le même chemin qu'eux.

Et au fil des années qui suivirent ; parce que la famille Skiá continuait de croître comme Fengár couchait avec ses sœurs, et ses fils avec ses filles, elle comptait de plus en plus de ceux qui seront plus tard appelés les « vamponies » ; un fossé commença à se creuser entre les alicornes de ténèbres et leurs sujets. Ayant déjà pris leur distance vis-à-vis de leurs souverains avec Nýchta qui leur prenait déjà jusqu'au sang, et surtout depuis tous les dégâts causés par l'incident avec le Nightmare incontrôlé de l'une de leurs princesses, cela en vint à empirer d'avantage puisque la taxe du sang continuait à enfler et à concerner toujours plus de citoyens.

Et quand la transformation en ce que les Skiá nommaient « nosfératu » fut découverte, une immortalité à travers la mort à présent à portée de main au prix de devoir agir exactement comme les Skiá, de nombreux poneys affluèrent au palais pour le devenir, acceptant d'offrir jusqu'à la dernière goutte de leur sang aux Skiá en échange de la vie éternelle. Bien sûr, à cause du prix de cette immortalité : ne plus pouvoir sortir sous le soleil au risque de mourir définitivement, ne plus pouvoir entrer dans les maisons des vivants sans y être invité, devoir boire du sang comme leurs suzerains pour maintenir leur état... beaucoup d'autres choisirent de ne pas saborder leur vie éphémère pour une éternité dans le domaine des morts et de la nuit.

Et comme le nombre de nosfératus grandissait au fil du temps, le risque d'être tué comme du vulgaire gibier se multipliait, et la taxe du sang continuait toujours de grandir. Le mécontentement parmi une partie du peuple eut gonflé à un tel point que les Skiá ne furent plus en mesure de l'ignorer. Car si devenir un nosfératu intéressait une partie des poneys, cela intéressa bien plus de gens quand la rumeur d'une longévité infinie atteignit les contrées avoisinantes. Griffons, chiens, chevaux, hippogriffes, cerfs, humains, kirins, chamois, rennes... on venait des quatre coins du monde juste dans l'espoir de réchapper à la mort. Même des poneys de l'empire solaire abandonnèrent les Lux pour recevoir la longévité infinie. Et les nécromanciens, très inspirés par cette particularité, proposèrent aux Skiá un marché : en échange d'une alliance qui servirait leurs deux communautés, ils pourraient recueillir un peu de leur sang pour analyser d'où viendrait ce pouvoir de ressusciter les victimes de leur morsure et de les faire vivre au-delà de la mort grâce à la magie du sang.

Les Skiá acceptèrent ce marché. Après avoir étudié le sang prélevé aux alicornes de ténèbres, les nécromanciens auront inventé une nouvelle forme de non-mort : le vampire. Ce dernier recopiait de nombreux traits du nosfératu, à la différence principale qu'il était régi par la magie noire des nécromanciens, au lieu de la magie lunaire, faisant d'eux des créatures plus faciles à contrôler et à manipuler, pour ces sorciers aux obscures intentions.

Cet enchaînement de cause à effet eut dégradé encore une fois la relation entre les deux familles d'alicorne. La désertion de l'empire lunaire par les poneys afin de retrouver la sécurité sur le domaine des Lux... la naissance d'une amitié entre les Skiá et les nécromanciens, alors que ces derniers n'étaient pas en très bon terme avec les Lux comme avec d'autres civilisations... la construction d'un gigantesque mur sur la frontière entre les deux empires par les Skiá pour empêcher les poneys de les fuir au bénéfice des Lux... cette péripétie d'incidents et de tensions diplomatiques débouchera sur la première grande guerre alicorne en 255, qui sera alors appelée plus tard par les historiens de l'Ancien Monde : la Guerre des Quatre Saisons.

La guerre était divisée en deux parties : la première partie, la plus longue, aura duré jusqu'en 363, et qui consistait en une guerre froide, les deux camps s'efforçant à ne pas entrer en guerre ouverte, persévérant à respecter leur serment tenu devant Discord jusqu'au bout, malgré des tensions toujours plus chauffées à blanc ; et la deuxième partie sera un conflit ouvert qui aura duré jusqu'en 401, où un traité sera enfin signé, dans lequel il fut stipulé la division de chaque année en quatre saisons différentes : le printemps, l'été, l'automne et l'hiver.

Durant la première partie froide de la guerre, Les Lux convainquirent les Skiá d'arrêter de transformer en masse des poneys et d'autres créatures en nosfératu. De toute façon, Fengár présumait déjà cela comme une mauvaise idée, étant donné que ces créatures ne pouvaient survivre qu'en parasitant, et parfois létalement, les vivants. À la place, ils développèrent leurs connaissances dans l'optique de transformer leur peuple en de toutes nouvelles espèces en mesure de rallonger la longévité des individus, sans pour autant les contraindre à boire du sang, et par la même extension, leur permettre de cohabiter plus aisément avec les poneys.

Ainsi, ils eurent créé les batponies : des poneys mi-équidés, mi-chauve-souris. Ils les eurent conçus nyctalopes, avec des yeux semblables aux leurs ; avec une espérance de vie pouvant atteindre quatre cents ans, si ce n'est plus s'ils consomment régulièrement du sang ; ainsi qu'avec une immunité parfaite à la magie noire et des aptitudes héritées de la magie lunaire, telle celles de se fondre dans les ombres ou encore la force physique et les cinq sens décuplés.

Et ils eurent également créé les loups-garous ; ou aussi appelés lycamponies. Des poneys ayant tout comme les batponies les mêmes dons accordés par leur transformation, à l'exception près qu'ils avaient le pouvoir de se changer en une bête semblable à un loup, et de croître ou décroître en puissance en fonction de la phase actuelle de la lune.

Fengár écrivit également une série de règle que l'ensemble des Skiá se devait de respecter pour limiter les conséquences de leur vampirisme : Ne jamais transformer qui que ce soit en nosfératu à la légère ; ne tuer personne par le caprice de la faim ; ne pas s'attaquer aux enfants ; ne pas s'attaquer aux juments pleines ; ne pas s'attaquer aux vieillards ; etc, etc... Il espérait avec cette série de règles alléger la tension avec les Lux et ainsi montrer au monde entier que les Skiá se comporteront en prédateurs nobles, et non pas comme de vulgaires monstres assoiffés de sang, comme on prenait souvent l'habitude de les décrire en les traitant de « vamponies ».

Et dans les dernières décennies de cette guerre froide, avant que le conflit ouvert ne débute, ils créèrent, en collaboration avec les nécromanciens, les ursas major : des étoiles qui eurent été arrachées du firmament avec les âmes qu'elles renferment, ces mêmes âmes autrefois sauvées et mises là par les empires de Fer et d'Argent, et qui sous la forme d'ours gigantesques de la taille des montagnes, auront été utilisées par les Skiá à des fins militaires comme des armes de destruction massive.

De l'autre côté, les Lux formèrent des alliance ; d'abord avec les pégases, qui s'étant retrouvés isolés suite à la disparition de l'empire d'Azur, et aussi de peur d'être pris entre deux feux dans cette guerre qui se présageait, n'avaient pas eu d'autres choix que de se liguer avec les alicornes de lumière, puisqu'ils ne prêtaient aucune confiance en les Skiá, eux avec leur comportement prédateur, leurs tous nouveaux sujets à l'apparence non-naturelle, et surtout à leurs alliés nécromanciens dont la science révulsait la moralité de tous les vivants. Et parce qu'ils se méfiaient également et n'étaient pas en bonne entente avec ces sorciers de la mort non plus, les cerfs et les kirins s'allièrent aux Lux à leur tour, puis vinrent ensuite plusieurs états de chevaux.

Et en réponse aux ursas major, les alicornes de lumière créèrent, suite à une récente découverte, les alicornes artificielles. De simples poneys mortels qui auront été transformés en alicorne par un procédé tout juste trouvé : insuffler une énorme quantité de magie dans un poney, à condition d'avoir la puissance magique nécessaire pour pouvoir le faire. Cependant, bien que ces alicornes ne faisaient que pâle figure comparée aux alicornes de ténèbres et de lumière en terme de puissance, et n'ayant à peine le niveau déjà jugé médiocre des alicornes de sang-mêlé, elles dépassaient d'assez loin le potentielle des licornes, et même celui des alicornes d'Harmonie, qu'elles fussent éteintes ou seulement disparues.

Des poneys furent changés en alicorne afin d'augmenter leur force et leur capacité au combat, tout comme dans les rituels les plus complexes. Et pour cette raison, ils furent sélectionnés parmi les licornes les plus douées en magie, ou les meilleurs voltigeurs parmi les pégases. Des terrestres furent également formés pour devenir des alicornes artificielles mais comme ils n'avaient appris ni la magie, ni le vol avant leur transformation, ils furent beaucoup plus rares, et avant tout recrutés à but administratif parce que dans la hiérarchie politique des Lux, les alicornes artificielles furent devenues celles à avoir le plus de pouvoir après les alicornes de lumière elles-mêmes.

Dans cette course à l'armement et aux alliances, tout cela aurait pu aisément laisser croire que les deux empires se préparaient pour une guerre. Bien que cela eut été effectivement le cas, les Lux et les Skiá n'avaient jamais prévu d'allumer la mèche qui mettrait feu au tonneau de poudre. Ils n'avaient préparé la guerre que dans le but d'assurer la paix.

Durant la dernière négociation diplomatique avant le début des hostilités, les Lux et les Skiá s'étaient disputés sur la durée du jour et de la nuit. Les uns refusaient aux autres un temps nocturne plus long, qui eux le souhaitaient pour leur population nouvelle de batponies, nosfératus et lycanponies qui vivaient principalement la nuit, en plus d'ajouter au second plan que cela donnerait aux poneys plus de temps pour reconnaître la beauté du firmament nocturne.

Mais par souci du bon moral de leurs petits poneys, et de les préserver d'une conséquence néfaste d'un temps de présence amoindri du soleil sur Terre, les Lux refusèrent nets. Cette négociation n'aurait pas entraîné davantage de querelles si les alicornes de lumière n'avaient pas ensuite affirmé qu'un temps supplémentaire de soleil serait nécessaire afin de permettre aux terrestres de produire des aliments qui nécessitent plus de chaleur.

Ensuite, personne n'aura su si c'était par pure impulsion ou par simple provocation dédaigneuse ; ou si elle était simplement lassée de ce status quo ; malgré l'impasse qu'eut connu sa dernière rencontre avec Fengár, mais Sancta profita du fait que la lumière du soleil prédomine sur celle de la lune et sur les ténèbres pour allonger d'une heure la durée du jour au détriment de la nuit ; sans chercher à prévenir les Skiá, bien entendu. Sans doute en supposant que vivre une heure supplémentaire par jour sous le soleil ne serait pas si embêtant que ça pour les habitants de l'empire lunaire. Sauf que malheureusement, un très grand nombre de nosfératus qui n'auraient pas pu soupçonner une telle chose et qui se trouvaient à découvert pile à cet instant, furent retombés à l'état de poussière, dans les cris et la calcination. Quand les Skiá se plaignirent du scandale, Sancta leur eut déclaré publiquement cette réplique cinglante.

"Bah ! Ils étaient déjà morts de toute façon !"

Cela fut le dernier incident diplomatique.

Et la guerre fut déclaré. Avec le jeu des alliances, toutes les factions reliées de près ou de loin aux Lux et aux Skiá rejoignirent le combat les unes après les autres et le conflit s'intensifia. Ce fut à partir de ce point que cette guerre devint assez importante pour que les historiens parlent plus tard de première grande guerre alicorne.

Près de trois cents cinquante ans d'effort à éviter la guerre pour en arriver là ? Le serment de Caelum eut-il été oublié aussi vite et à ce point-là ? Après être mort de la sorte, voir sa famille finalement se déchirer avec les Skiá, preuve de la victoire de Discord, l'aurait fait se retourner dans sa tombe.

Les hostilités auront duré pour le total de trente-huit ans et se sera finalement achevé sur une impasse pour les deux camps. Et s'il fut entendu que ce soit une impasse entre les deux partis, c'était à cause du très lourd bilan à peu près égal pour les deux belligérants, mais qu'en plus ils ne se soumirent réciproquement aucune condition de reddition humiliante.

À la place, ils se mirent d'accord sur une durée prolongée puis raccourcie du jour et de la nuit qui s'alternerait chaque année sur quatre phases, qui seront appelées saisons. L'hiver serait la phase où la nuit serait la plus longue, et l'été, la phase où le jour serait le plus long. Les deux autres saisons, nommées respectivement printemps et automne, devaient servir de transition entre l'hiver et l'été, des saisons où le jour et la nuit partageraient à peu près la même durée. Ainsi, chacun avait son moment de l'année bien à lui et tout le monde était content.

Si ce traité avait mis fin définitivement aux hostilités pour débuter une nouvelle ère de paix, excepté pour les nécromanciens, les chevaux et les cerfs, qui avaient continué de s'affronter plusieurs années additionnelles avant de cesser à leur tour les combats, il avait rempli de honte autant les Lux que les Skiá. Parce qu'en plus des pertes équines et matérielles colossales, même les deux familles avaient durement pâti de cette hécatombe. Car Nýchta mourut sur le champ de bataille, tout comme Venere, faisant de Sancta une veuve, et la dernière des premiers-nés de sa famille. De même, plusieurs des enfants de Sancta, de Seliní et de nýchta perdirent également la vie. Les deux familles avaient honte car si elles avaient pensé à négocier un tel compromis aussi conciliant au bon moment, elles n'auraient jamais eu à enterrer autant des leurs, et les poneys non plus, tout comme les autres belligérants de cette guerre, quel que soit le camp qu'ils eurent aidé ; en particulier les pégases, qui eurent perdu tellement de leurs chefs et champions, qu'ils se seraient très vite retrouvés dans l'anarchie et la guerre civile si les Lux ne les avaient pas placés sous protectorat – ce qui ces derniers n'auront pas manqué de complètement les annexer dans le courant du siècle qui suivit la guerre.

 

Mais comme l'aura expliqué Selifós à Luster Dawn vingt-et-un mille ans plus tard : "L'intelligence n'est pas inhérente à la condition d'alicorne."

 

Suite à ce conflit destructeur, Fengár et Sancta songèrent à reconstruire leurs maisons respectives, dont la moitié tout à chacun des membres eut été balayée par cette guerre qui n'aurait jamais dû avoir lieu. Ils se promirent d'agir avec encore plus de sagesse, et de ne plus se provoquer inutilement. Et que cette première guerre sera également la dernière, bien que sachant au fond de leurs cœurs que cela allait inévitablement se reproduire, que ce soit dans un futur proche ou lointain. Et en effet, après quatre mille ans de paix accomplis avec un succès honorable mais relatif, la deuxième grande guerre alicorne allait prendre part.

Mais ceci est une autre histoire.

 

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