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Chapitre 11 (ARC 1)

Tout était calme dans le vaisseau. Un silence pénible y régnait depuis que Rodimus, Ironhide, Jazz, Bulkhead et Delta Azuria avaient ramené Optimus. Les mécaniques internes du pauvre Prime étaient vraiment dans un état critique. A peine Ratchet et Red Arlet avaient transféré le robot rouge à l’infirmerie, que celle-ci avait été fermée à double tours. Hormis les médecins de l’équipe de fuyards, seuls Rodimus et Alpha Trion étaient autorisés à y entrer.

Cela faisait maintenant plusieurs cycles que les Bots n’avaient plus reçu de nouvelles du Prime. Le soleil n’allait pas tarder à se lever. Une tension palpable s’était répandue dans la salle commune. Aucun Bot n’était sorti de la nuit et quand l’un d’eux le faisait, il n’allait pas plus loin que l’entrée de la grotte qui leur servait de cachette. Chacun essayait de se distraire dans la mesure du possible. Jazz méditait dans un coin un peu à l’écart. Ironhide s’était mis en recharge prolongée après s’être affalé sur un des fauteuils improvisés. Arcee avait repris la lecture d’une de ses tablettes d’archives. Blackarachnia s’était amusée à tisser une balançoire avec ses fils, elle se balançait à présent à un rythme quelconque. Slipstream était en train de vernir ses ailes qu’Oméga avait abimées. Bulkhead tentait de peindre ce qui lui passait par la tête. Et Blurr essayait de tenir Bumblebee tranquille en jouant avec lui à Rainbow Six 3, un de ces jeux vidéo terriens que le robot jaune avait chipés dans la réserve d’un magasin humain quelques cycles lunaires plus tôt durant l’un de ses tours de gardes.

Les seuls Bots qui avaient vraiment une tâche importante à accomplir, si on peut dire, étaient Red Arlet et Delta Azuria. La Shinobot était assise sur une caisse de rangement, les circuits de son processeur étaient à l’air libre pendant que la scientifique essayait avec peine de retrouver les données de la dernière communication que celle-ci avait perdues. Azuria se tortillait sur sa caisse, une expression où se mélangeait malaise et douleur collée au visage. Elle serrait Gribza contre elle, un peu comme une petite fille qui tiendrait sa poupée préférée dans l’espoir que sa peur s’en aille au plus vite. Elle se tortillait tellement que plus d’une fois, Red Arlet avait touché un mauvais circuit avec ses instruments, aggravant ainsi un peu plus la douleur qui tiraillait la carte-mère de la Shinobot. Gribza regardait sa propriétaire inquiète, se contentant de lui retourner son étreinte. La Minicon essayait tout ce qui était en son pouvoir pour rassurer Azuria.

"Arrête de bouger !" soupira Red Arlet.

"Alors apprends à te servir de tes outils !" répliqua Azuria. "Ouch ! Arrête ! Tu vas finir par griller mon disque-dur si tu continues !"

"Je pourrais réussir à me servir correctement de mes outils si tu arrêtais de te dandiner comme un nouveau modèle devant un beau Mech !"

"Mais ça ne va pas ! Je ne ferais jamais une chose pareille ! Ouch ! Tu viens de désactiver mes stabilisateurs là ! J’espère que tu t’en est rendu compte !" répliqua la Shinobot en grognant. "Et pourquoi ce n’est pas Ratchet qui me répare ?! Cela devait être à lui de s’occuper de mes communicateurs. Je m’étais préparée à ce que ce soit lui qui entre dans mon espace et me touche."

"Tant mieux que tu sois immobilisée ! Moins tu bougeras, mieux ce seras ! En plus, c’est un truc très facile à réparer. Alors à moins que tu ne veuilles que j’utilise un laser électromagnétique, je te conseille de te tenir tranquille !" grogna la scientifique. "Pour ce qui en est de Ratchet, il est occupé ! Je suppose que la blessure de Prime te rappelle quelque chose."

"Quoi ?! Non, non, non, non, non, non, non ! Tu n’as pas besoin d’utiliser de laser ! C’est bon, je ne bouge plus c’est fini !" s’écria presque la Shinobot effrayée.

La réaction de la Shinobot surprit les autres Bots. Le ton effrayé qui habitait sa voix en avait intrigué plus d’un. Remarquant que les autres robots allaient peut être remarqué quelque chose, Gribza attira l’attention de sa propriétaire.

"Maitresse ! Nous avons eu un auditeur ce soir !" s’écria Gribza avec une voix joyeuse mais tremblotante de nervosité.

"Oh ? C’est vrai ?" répliqua la Shinobot avec une fausse joie en rentrant dans le jeu de la Minicon.

"Bon… C’est toujours le même auditeur, mais c’est mieux que rien. En plus, j’ai enfin réussit à identifier son émetteur radio ainsi que sa localisation. Voulez-vous que je vous la montre ?"

"Oui… Oui ! Bien sûr oui ! Transforme-toi et montre-moi où il se trouve", répliqua Azuria dans une semi-hystérie derrière un sourire si faux qu’il en était effrayant.

"Oh ! Oui, oui !" répondit la poupée de métal en se transformant.

La Minicon prit sa forme de drone, avant de tourner le dos à la Shinobot, montrant l’écran qui s’y trouvait. Un planisphère de la planète Terre apparut sur l’écran. Un petit point blanc apparut sur la partie Est du continent où ils avaient atterri. L’image zooma plusieurs fois avant de montrer une espèce de presqu’île au Nord-est de la carte, le point blanc y clignotait.

"Quel est le nom de cet endroit ?" demanda Azuria.

"Ni… Niwo… euh… Excusez-moi, je ne comprends pas encore très bien le langage et l’écriture des humains", s’excusa Gribza. "Niwo… Niyok Kipy… Mani... Mahnali..."

"New-York City, Manhattan", surgit une voix masculine.

La voix était celle de Rodimus, il sortait de l’infirmerie. A l’écoute de sa voix Red Arlet releva le regard, saluant le Prime d’un coup de tête. Rodimus en retour lui jeta un regard rapide avant de se diriger vers le reste du groupe.

"Je suis allé dans cette ville humaine hier. C’était étrange d’ailleurs, tous ces humains me regardaient bizarrement", réfléchit Rodimus.

"Pas étonnant", intervient la voix de Bumblebee. "Tu as vu le mode véhicule que t’as choisi ? Une Formule-1 qui roule en pleine ville, sérieux ? Et bien sûr, sans conducteur ! Tu aurais pu choisir autre chose non ? Aie ! Pourquoi tu me frappes Blurr ?!"

"On ne parle pas comme ça à un supérieur !" répliqua le robot bleu.

Rodimus s’approcha du salon improvisé avant de déposer quelque chose sur la caisse qui pouvait être considérée comme la table basse. Arcee quitta sa tablette des optiques pour saisir l’objet du bout des doigts.

"C’est un objet humain non ?" demanda la femme Bot rose.

"C’est un journal papier. Ou plutôt dans ce cas-là, cela a plus l’air d’une revue.", expliqua Bulkhead. "Les humains s’en servent pour transmettre des informations. Mais personnellement, j’ai toujours préféré la télévision."

"Regardez la date qui y est marquée", ordonna le second Prime.

"Ce n’est pas facile, l’écriture est assez petite", avoua Arcee. "Et c’est très étrange, cela ne veut pas s’agrandir quand j’appuie dessus."

"Laisse-moi faire", répliqua Bumblebee avant de prendre le journal et de le rapprocher de ses optiques.

"C’est étrange, les humains n’ont pas intégré de zoom ou de focus d’optique dans leurs objets", réfléchit l’ancienne agent des renseignements.

 "Ils n’en mettent pas partout", répliqua le gros robot vert en riant.

"Heu… Et je crois savoir pourquoi", bégaya le robot jaune. "Regarde la date Bulk… S’te plait… Rassure-moi et dis-moi que c’est mon processeur qui bug."

Le robot vert quitta sa toile pour se rapprocher du robot jaune. Il saisit le journal d’une de ses grosses pinces à trois doigts et le rapprocha de son visage. Une expression choquée et indescriptible s’afficha sur ses traits. Le bot était tellement surprid qu’il laissa tomber le journal qui fut vite rattrapé par Jazz. Le Ninjabot s’était rapproché après avoir entendu le ton inquiet du plus jeune de l’équipe. Il regarda lui aussi la première page du journal, prenant son temps pour lire chaque mot. Tout comme Arcee et Gribza et surement plusieurs autres membres de l’équipe, le robot blanc ne connaissait pas très bien l’écriture humaine. Les membres de l’équipe P.R.I.M.E. leur apprenaient encore à le lire.

"17… 17 jui…" essaya d’articuler Jazz.

"17 juin…" le reprit Bumblebee.

"17 juin c’est ça !" répliqua le robot blanc. "Désolé, j’ai encore du mal à lire…"

"Passe-moi ça !" le coupa Blackarachnia en lui prenant le journal des servos. "Oh et, apprends à lire l’humain. Alors, 17 juin, 17 juin, euh quoi…?!"

"17 juin 2003", murmura le robot vert complètement étourdit.

"Quoi ?!" s’écrièrent Jazz et Slipstream.

"Oui… et ?" demanda Blurr.

Les Bots de l’équipe P.R.I.M.E., la femme Bot violette et la Seeker regardèrent le robot bleu incrédules. Franchement… Est-ce qu’il ne comprenait absolument rien à ce qu’il se passait ? Il connaissait les dates humaines et savait lire l’humain non ?!

"J’ai posé la question à Ratchet", intervint Rodimus en soupirant. "Et je partage le même avis. On aurait d’une manière ou d’une autre remonté le temps. Enfin, ce n’est qu’une hypothèse bien sûr."

"Quoi ?!" rugit le robot Bleu.

"Mais c’est absolument impossible !" répliqua Arcee. "C’est quelque chose de complètement irréalisable, même avec tous les calculs possibles ou autre… C’est complètement… C’est simplement aberrant de penser qu’une chose pareille existe ! A moins que l’on soit dans un univers parallèle… Là, à la rigueur, il y aurait des possibilités. Infimes, certes, mais je ne crois pas que cela soit invraisemblable."

"C’est impossible", réfléchit Jazz. "L’énergie vitale et matricielle de cette terre est exactement la même que celle que moi et l’équipe ressentions quand on était à Detroit."

"C’est exact !" répliqua le robot vert. "Mais euh… Comment tu fais pour ressentir l’énergie matricielle de la planète toi ? Moi, j’arrive à peine à identifier l’énergie qui circule dans une ville normale, alors."

"Méditation mon frère", expliqua le Ninjabot. "Je peux t’apprendre si tu veux, cela éclaire, nourrit et vide le disque-dur. Cela pourrait même t’aider avec tes peintures, j’en suis sûr."

"Bof… Tant que cela l’empêche de peindre des flaques d’huile à tout bout de champ, je suis pour !"

"Je t’ai entendu, Bee !" grogna Bulkhead.

"Vous pouvez arrêter de causer, il y en a qui veulent recharger tranquille", marmonna Ironhide.

"C’est maintenant que tu te réveilles, toi ?" demanda Jazz.

"Oh ! Ferme-la, le voltigeur !" grogna le robot orange.

"Attends ?! Comment tu m’as appelé là ?!" répliqua le Ninjabot.

"Quoi ? Tes acrobaties de danseuse ont désactivé tes communicateurs ?" rit gras le fantassin.

"Retenez-moi ou je vais…!" marmonna le robot blanc.

"Est-ce que vous allez tous vous la fermer oui ?!" hurla Red Arlet. "Je suis déjà à deux nano-clics de lancer un rayon électromagnétique à Azuria pour qu’elle arrête de bouger, alors vous !"

"Bon sinon, il se passe quoi alors ?" répliqua Blurr. "On aurait remonté dans le temps d’accord, mais qu’est-ce qui le prouve ?"

"Ben le journal Débilobot !" cria le robot jaune.

"Et il ne faut pas oublier l’énergie matricielle", répliqua Jazz.

"Oui, et ?" demanda le robot orange. "La date de ce journal est le 17 juin 2003 et l’énergie matricielle est identique et alors ? Non mais, c’est quoi cette manière de calculer le temps franchement ? Ces humains sont vraiment bizarres."

"On ne peut pas être en 2003…" murmura Bulkhead. "La première fois qu’on est arrivés sur terre… Enfin, après que l’on se soit réveillés de notre stase de cinquante cycles stellaires, on était en 2114 année terrienne. On est retournés sur Cybertron deux cycles stellaires plus tard, en 2116. A peine on est arrivés qu’on a passé quinze cycles stellaires en prison."

"On devrait être en 2131, année terrestre", grommela Blackarachnia en essayant de cacher la panique qui habitait sa voix. "On est en 2131 normalement !"

"Cela explique au moins pourquoi il n’y a pas de robots de l’usine Sumdac dans les parages et pourquoi la technologie a l’air aussi… Primitive… Enfin, encore plus primitive que la technologie de Sumdac", réfléchit Slipstream.

"Et pourquoi les humains ont peur de nous…" répliqua Bumblebee. "J’en ai marre ! Je veux arrêter de me cacher, de passer incognito partout et de voler ce dont on a besoin !"

"Surtout que c’est impossible que deux mondes parallèles puissent partager des pulsations pareilles. Qu’elles soient semblables et qu’elles se ressemblent, je peux le concevoir. Mais que deux mondes différents partagent des énergies parfaitement identiques, non ! C’est absolument impossible", expliqua le robot blanc.

"Mais on aurait remonté le temps comment, hein ?" demanda Blurr.

"D’après Ratchet, il se serait passé quelque chose quand on a traversé la porte stellaire", expliqua Rodimus. "Mais comment cela a pu se produire, là j’en ai aucune idée."

"C’est vrai que le portail brillait bizarrement quand on l’a passé. Normalement les ondes de téléportation sont vertes et bleues. Mais là, elles brillaient en blanc et orange. Et vous vous souvenez de cette étrange forme que l’on a vue ?'' réfléchit Bulkhead ''C’est peut-être un laser perdu d’un des vaisseaux de la garde d’élite qui a déréglé le portail, allez savoir. Mais je ne sais pas quel disfonctionnement précis aurait pu provoquer cela."

"C’est vrai, la forme ressemblait à un oiseau terrien, mais on aurait presque dit qu’il était comme en feu ou je ne sais quoi, c’était très bizarre", réfléchit Jazz. "Et vous vous souvenez des mots que l’on a entendus quand on a traversé le passage ? C’était quoi déjà ?"

"Deblagade Muti Dembi Imbervallia… C’était un truc dans ce genre là non ? Je m’en souviens plus vraiment", essaya de se rappeler Bumblebee en se grattant la tête.

"Eh ben, si c’est tout ce dont se souvient le p'tit, on n’est pas sortis de Kaon !"

"Très drôle Ironhide, très drôle", marmonna le robot jaune.

"Boulons et écrous ! Sérieux Azuria, arrêtes de bouger ! Je vais vraiment devoir utiliser le rayon si tu continues !" cria la femme Bot rouge.

"Est-ce que c’est de ma faute si tu viens de me désactiver mon optique gauche aussi ?!" répliqua la Shinobot.

"T’as qu’à pas bouger !" répliqua la scientifique.

"Que faites-vous à cette femme Bot ?!" intervint une voix de vieillard.

C’était Alpha Trion, le vieux sage venait de quitter l’infirmerie. Sa grosse et vieille voix éraillée avait fait sursauter la femme Bot rouge. Sous l’effet de la surprise, la scientifique avait perdu le contrôle de ses outils, les enfonçant dans un des circuits du processeur d’Azuria. Si le geste avait redémarré l’optique gauche et les stabilisateurs de la Shinobot, cela déclencha autre chose. La femme Bot fut prise de spasmes, son corps était traversé par des courants électriques. De la bave d’Energon moussait au coin de ses lèvres. Sa poitrine et son compartiment à Spark s’ouvrirent, laissant ainsi son étincelle à l’air libre. Elle vrombissait et passait d’un blanc bleuté à un rose aux nuances dorées. En voyant cela, toutes les têtes des femmes Bots présentes se transformèrent en ampoule violette pendant que les Mechs tournèrent la tête ou désactivèrent leurs optiques plus par malaise que par politesse.

Voir l’étincelle d’un autre Bot était quelque chose de gênant. Ce n’était pas quelque chose qu’un robot saint de corps et d’esprit ferait en public. Un robot ne dévoilait son Spark que pour les rites d’Amica, de Conjux Aduras ou pour d’autres activités plus ou moins… privées. Certes, il arrivait que des médecins demandent à voir l’étincelle d’un robot si ses mécanismes et son exosquelette étaient en danger. Mais sinon, ils ne le faisaient jamais. Alors voir un Spark changer de couleur ainsi… N’arrivant pas à se retenir, Bumblebee fila à l’extérieur, la main collée à son circuit olfactif, des gouttes d’Energon coulant entre ses doigts.

Le seul Bot qui essayait d’arranger les choses était Alpha Trion. Le vieux robot s’était précipité auprès de la Shinobot. Après l’avoir prise dans ses servomoteurs, le vieux sage mit sa cape sur les épaules d’Azuria, recouvrant et cachant un minimum sa poitrine ouverte. C’est alors qu’il remarqua que ses optiques commençaient à briller étrangement et que son étincelle commençait doucement à faiblir.

"Que lui avez-vous fait ?!" hurla le vieux robot.

"Quoi ?! Mais je n’ai rien fait ! J’ai juste essayé de…" essaya de s’expliquer la scientifique.

"Vous l’avez touchée n’est-ce pas ?! Vous êtes rentrés dans son espace sans qu’elle y soit préparée ?! "

"Ben… Bien sûr que oui ! Prime a ordonné à ce que l’on répare ses communicateur et que l’on récupère une communication parasitée, j’ai juste fais…"

"Est-ce que c’est Ratchet qui vous a demandé de faire cela ?!"

"Qu-quoi mais… ?"

"Ratchet vous a-t-il demandé de la réparer ?!"

"Non ! Mais, comme il est occupé avec Prime, je… !" répliqua Red Arlet. "Et puis, en quoi cela vous dérange que ce soit moi qui la répare ! Je suis le médecin de cette équipe au même titre que Ratchet ! Et je sais ce que je fais !"

"Il ne faut jamais la toucher ! Si quelqu’un doit la réparer c’est moi et uniquement moi, ou alors il faut la prévenir à l’avance du nom et de l’apparence du Bot pour qu’elle puisse se préparer physiquement et psychologiquement !" hurla Alpha Trion. "Si on ne suit pas cette procédure, elle…"

"Non… non, non, non !" articula Azuria. "Maitre… Maitre… Où êtes-vous ?! Maitre Yokétron !"

Jazz fut le premier à réagir à ce nom.  Le robot blanc s’approcha du vieux sage et de la scientifique. Il resta néanmoins à bonne distance. Azuria quant à elle continuait de trembler dans les servomoteurs du vieux Bot. Les optiques de la Shinobot se mirent à s’illuminer. De drôle de rayons de lumière en sortaient, projetant sur les murs et dans les airs d’étranges images. Toutes les images montraient des lieux détruits, des restes d’explosions… C’était des images de guerre et de mort.

Une des images se stabilisa et s’immobilisa dans les airs.  Elle se mit à glitcher plusieurs fois avant de démarrer. L’image se mit à bouger d’elle-même. C’était une vidéo. Une vidéo à la première personne… C’était un souvenir de la Shinobot.

 

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"Maitre ?! Maitre ?! Oh mille boulons ! Où est-ce que vous êtes ?!"

 

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Cette voix… Elle était aigue et juvénile certes, mais, c’était la voix d’Azuria ! Jazz pourrait la reconnaitre entre mille à présent. Le robot blanc regardait cette vidéo avec tellement d’intention. Il se mordait la lèvre inférieure pour garder son calme. Cet endroit dans lequel courait la Shinobot, c’était l’un des principaux dojos de la forteresse qui servait d’académie aux Ninjabots. La voix de la femme Bot retentit dans l’air. Elle racontait ce qui s’était passé ce jour-là.

 

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[P.O.V. Delta Azuria :]

Je courais dans les couloirs du dojo, je sautais par-dessus les obstacles grâce à quelques acrobaties. Si je me trouvais dans l’incapacité de le faire, j’escaladais, je me frayais un chemin au travers ou je rampais en-dessous. Si un ennemi se dressait devant moi, j’arrivais à me défendre et à me débarrasser de lui en utilisant une tactique aussi vielle que Cybertron. Je me servais du poids et de la force de mon adversaire pour l’envoyer dans le décor. Avant de planter un de mes kunaïs dans l’épaule de mon assaillant, le plongeant dans une stase paralysante. Le fait que je sois rapide, autant physiquement que d’esprit, était vraiment l’un de mes plus grands avantages. Apparemment, tout le monde me disais que cela se voyait que j’étais maligne et ce malgré ma petite taille.

Je finis par arriver à un carrefour. Cela faisait à présent plusieurs cycles que je courais dans toute la forteresse et à part les Decepticons, je n’avais croisé personne. Aucun robot à l’horizon. Il n’y avait plus rien… S’il était là, il m’aurait déjà emmenée loin d’ici. J’en avais assez, ma carte-mère me hurlait de fuir. Pourtant, mon étincelle me disait de rester et de le trouver. Mon instinct me hurlait également de continuer. Je le savais, j’y étais obligée. Il est l’un des nôtres, il se devait d’être là pour défendre la forteresse. Il n’allait pas tarder à arriver pour nous aider. C’est donc en suivant cette impression que je pris le couloir de droite. Je finis par bifurquer plusieurs fois, prenant à chaque fois un couloir différent. Je suivais juste ce que me disait son Spark, j’obéissais à chacune de ses pulsations.

Je reconnus très vite le chemin que j’empruntais. Je le connaissais par cœur et plus d’une fois, on m’avait interdit d’avancer d’avantage. A chaque fois que je m’apprêtais à découvrir ce qui se cachait au bout de ces couloirs, il venait m’arrêter. Il me disait à chaque fois que j’étais trop jeune, que je n’étais pas assez entrainée ou pas assez gradée pour y accéder. Je n’avais soit disant pas le droit d’y aller. Pas encore... C’était avant qu’il ne parte pour son voyage initiatique.

Je finis par m’arrêter plus par inquiétude que par obligation, mais mon corps robotique en avait visiblement décidé autrement. Les roues fixées à mes chevilles se placèrent machinalement sous mes pieds et les petits propulseurs dans mon dos démarrèrent en trombe. J’avais beau faire, je n’arrivais pas à freiner. Je misais donc sur la faible durée de fonctionnement de mes propulseurs dorsaux. Cela ne se passa pas ainsi… Pour la première fois de ma vie, mon équipement et mes circuits ne répondaient plus à mon processeur. Ils accéléraient même encore d’avantage. Le freinage n’en fut que plus désagréable. Même si cela fut douloureux, j’avais remercié intérieurement les paravents qui m’avaient stoppée dans ma course. Un gémissement de douleur s’échappa de mes lèvres.

 

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Tous les Bots qui regardaient le visionnage grimacèrent. Ils ressentaient tous indirectement la douleur qu’avait du ressentir Azuria. Gribza s’approcha de sa propriétaire, lui tenant le servo. Cela se voyait sur l’écran qui lui servait de visage, qu’elle ne savait pas quoi faire d’autre. Alpha Trion, lui, ne se concentrait pas sur les images. Il essayait d’enlever le plus délicatement possible les outils coincés dans le processeur de la Shinobot. Il avait réussi à enlever quatre des sept instruments, mais les trois derniers faisaient de la résistance. Ils étaient vraiment enfoncés dans le crâne de la femme Bot.

Voyant cela, Jazz s’approcha du vieux sage. Il sentait que si Azuria ne se calmait pas, le vieux robot n’arriverait pas à retirer les outils. Le Ninjabot s’assit alors en tailleur, avant de se concentrer. Le robot blanc arrêta les gestes d’Alpha Trion avant d’entourer délicatement le visage de la femme Bot de ses mains. Voyant cela, Gribza faillit péter les plombs. Elle modela son bras, s’apprêtant à activer son blaster, visant le Ninjabot quand le vieux sage l’arrêta. Jazz ne touchait même pas le visage de la Shinobot, mais ses servos étaient tout de même assez près de sa peau métallique pour lui transmettre sa chaleur énergétique et ses bonnes vibrations.

Red Arlet quitta finalement les images des optiques. Elle regardait ce que le Ninjabot, la Minicon et le vieux sage faisaient. Elle sentait que si elle s’en mêlait, cela ne ferait qu’aggraver la situation. Elle se contenta juste de scanner le corps de la Shinobot avant de montrer les résultats à Alpha Trion, à Gribza et à Jazz. Une mine inquiète s’afficha sur leur visage. Ce n’était pas bon… Le Spark de la Shinobot commençait à briller et à pulser anormalement. Il fallait vraiment qu’Azuria se calme, sinon ils ne pourraient pas faire grand-chose.

 

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Je finis par me relever difficilement. Je me frottais l’arrière du casque dans l’espoir que ces bourdonnements se calment un peu. Je clignais plusieurs fois des optiques. Je voyais flou et ma carte-mère avait du mal à se reconnecter.

Derrière moi, des bruits résonnèrent dans mes communicateurs. Des bruits de coups. Quelqu’un se battait. Quelque chose tomba au sol et roula jusqu’à moi. La vision de mes optiques retourna alors à la normale. Je pris l’objet dans mes servos. Ce casque, c’était celui de… Un hurlement traversa l’air. Je fis la première chose qui traversa mon disque-dur et me mis en boule, évitant de peu le robot qui passa au-dessus de moi. Je n’allais pas me relever tout de suite, restant dans cette position bien inconfortable. Je cachais dans mes bras et sous ma poitrine le casque que je tenais. Derrière moi, le robot blessé poussait des râles de douleur et de fatigue.

Je me mis à quatre pattes, maintenant le casque contre moi. Je me mis à avancer doucement vers le robot blessé. Je le secouai doucement. Son armure et son blindage étaient tellement abimés que je n’arrivais pas à reconnaitre qui il était. Quand je réussis à le retourner et enfin à voir son visage, j’eu du mal à retenir ma terreur. Je n’avais aucune idée de comment j’avais réussi à ne pas hurler, laissant simplement un glapissement de peur s’échapper de mes lèvres.

"Mai-maitre Yokétron…" je me mis à me bégayer.

Quelque chose saisit tout d’un coup ma chevelure de métal. On était en train de me soulever de terre. Je fermai une optique tout en grognant de douleur. J’amenai un de mes servos à attraper la chose qui me tenait par les cheveux. Je la cognai avec mon tout petit poing en me débattant, mes jambes fouettant l’air. C’est là que je vis son visage. Un visage blanc marqué de lignes noires, des yeux vicieux et rouges… Un Decepticon ?

"Mais qu’est-ce nous avons là ?" ricana mauvaisement le Decepticon en me regardant. "Ce que tu tiens m’a l’air bien intéressant …"

[fin P.O.V. Delta Azuria :]

 

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L’exclamation de Bulkhead et de Jazz suffit à faire comprendre leur surprise et leur colère. Bumblebee, qui revenait de sa sortie précipitée, partageait les mêmes sentiments. Le robot jaune avait une mine mélangeant inquiétude et colère collée au visage. Est-ce que c’était ? Non… Ce n’était pas possible ! Jazz comprenait maintenant ce qui se passait. Du moins, il s’en doutait. Le Ninjabot regarda Alpha Trion, il était à la recherche de réponses. Et la mine sombre du vieux sage lui apporta tout simplement ce qu’il cherchait.

"Ce n’est pas juste, c’est… C’est bien pire que ce tu crois savoir", soupira le vieux Bot en regardant Jazz dans les optiques.

Alpha Trion caressa la joue d’Azuria. Les optiques du vieux sage étaient vides. Mais une étincelle paternelle et triste y brillait. Jazz arrivait à voir l’attachement et l’inquiétude que le vieux Bot éprouvait pour la Shinobot. Le Ninjabot releva la tête vers le vieux sage, retenant très difficilement sa colère de transparaitre dans sa voix.

"Alpha Trion… Pouvez-vous vous levez et tenir fermement Azuria ?" grogna soudain Jazz.

"Qu’est-ce que vous voulez dire jeune robot ?" demanda le vieux sage.

"Juste… Faites-le s’il vous plait !"

Le vieux robot se releva, tenant du mieux qu’il put la Shinobot dans ses servomoteurs. Le Ninjabot s’approcha, prenant alors les outils coincés dans les circuits de la femme Bot en main pour les tirer, les retirant violemment un par un de la tête d’Azuria. Voyant cela, Alpha Trion, Red Arlet et Gribza essayèrent de l’arrêter. Rodimus, Blurr et Bumblebee s’élancèrent même vers Jazz, le retenant. Mais à peine le robot blanc eut sorti le dernier instrument de la tête de la Shinobot qu’elle se calma. Ses optiques se fermèrent, éteignant les images. Les spasmes et les ondes électriques s’arrêtèrent. La femme Bot arrêta de baver, son Spark retrouva ses couleurs habituelles et ses pulsations se calmèrent, revenant lentement à la normale. Son compartiment matriciel se referma, protégeant son étincelle. Un souffle calme et délicat passa les lèvres de la femme Bot.

Red Arlet s’approcha doucement du vieux sage, scannant une nouvelle fois la Shinobot. Elle soupira de soulagement en voyant les résultats. 

"Elle est revenue à son état normal", constata Red Arlet en soupirant. "Son Spark a repris une pulsation normale et son énergie matricielle est stable. Et j’ignore comment, mais enlever mes outils de cette manière a permis à son disque-dur de faire une mise à jour et de retrouver sa communication parasitée. Je devrais peut être oublier les médecines douces finalement…"

"Oh par Primus… Merci !" soupira Alpha Trion, soulagé.

"Mais vous êtes complètement fou ?!" hurla Gribza. "Pourquoi avez-vous fait ça ?! C’était très dangereux ! Vous avez pensé à ce qui aurait pu arriver ?! Son processeur aurait pu ne pas se reconnecter ou pire… Elle aurait pu être mise hors-circuit !"

"Si je n’avais pas fait cela, elle serait encore en train de revivre ce souvenir !" hurla Jazz. "Tu es sa meilleure amie non ?! S’il existe un robot dans cet univers qui refuserait qu’elle revive ça, ce serait bien toi non ?!"

"Je ne suis pas son amie ! Un Minicon n’a pas le droit de tisser des liens autres que celui de la servitude envers son Maitre si celui-ci est un Autobot", hurla la Minicon au travers des sanglots sans larmes. "Tu oublies les programmes que le Magnus nous a implantés ! Tu n’étais donc pas présent pendant que le conseil a voté cette loi ?! C’était peu après que Sentinel ne soit devenu ‘Magnus Temporaire’ non ?! Si tu es un Mech aussi réglo comme tu le dis, pourquoi t’as rien fait hein ?! Hein ?! Tu ne penses pas que moi aussi je n’aimerais avoir mes propres sentiments et pouvoir l’aimer ! Tu ne crois pas que moi aussi j’aurais aimé essayer de la protéger et d’arrêter cette projection ? Mais non ! Je n’ai pas le droit de le faire ou de toucher à ma propriétaire sauf si elle m’en donne l’ordre !"

"Arrête ton char ! Toutes vos câlineries, elles ne sont rien pour toi ?!" grogna le Ninjabot.

"J’obéis juste à ce programme qu’on m’a implanté ! Celui-ci a interprété son geste comme un ordre et j’y réponds machinalement !" cria Gribza. "Crois-moi, j’aimerais faire d’elle mon Amica, mais je ne peux pas ! Je… Vous êtes en train de refaire les mêmes erreurs du passé et vous ne vous en rendez même pas compte… Vous…"

"Ce n’est pas de sa faute Gribza", la coupa Alpha Trion. "Il n’avait pas son mot à dire. Sentinel lui interdisait de parler."

"On est en train de reproduire quoi ?" demanda Ironhide en chuchotant à Jazz.

"Je vous en supplie Alpha Trion, n’intervenez pas", soupira Minicon. "Dame Azuria a beaucoup de respect pour vous. Donc, par l’intermédiaire de mon programme, j’en ai aussi à votre égard. Même si je pense que sans ça, j’en aurai surement tout autant. Mais sachez que vous en êtes tout autant coupable…"

"Il n’est coupable de rien Gribza. Il est bien l’unique membre du Haut-conseil à avoir refusé cette proposition de loi."

C’était Azuria. La Shinobot se réveillait doucement, sa carte-mère se reconnectait à la réalité. Quand ses circuits sensitifs se réactivèrent, dont celui du touché, la femme Bot se mit à s’agiter dans les bras du vieux sage. Elle tomba avant de se réceptionner et de faire tomber Alpha Trion d’un coup de stabilisateur bien placé. La Shinobot attrapa la gorge du vieux robot avant de le soulever et de le plaquer contre un mur. La pointe d’un des kunaïs d’Azuria se trouvait sous le système olfactif du vieux sage. Ayant vu cela, les autres Bots présents dans la salle commune commencèrent à s’activer. Ils furent arrêtés par un laser de Gribza. Encore une arme que la Minicon cachait. La poupée de métal se mit alors devant le groupe de robot, leur barrant un tant soit peu le passage. Elle leur tourna alors le dos, les forçant ainsi à regarder ce qu’il se passait.

Alpha Trion ne bougeait pas. Il restait immobile, regardant tout simplement la femme Bot. Azuria, elle, avait le corps traversé par des tremblements. Les robots ne le voyaient pas, car la Shinobot était de dos, mais ils devinaient très bien que l’expression qui recouvrait son visage devait être celle de la peur. Le vieux sage bougea enfin. Il leva lentement ses bras, il posa l’une de ses mains sur celle qui lui serrait la gorge pendant que l’autre rejoignit le visage la femme Bot. Alpha Trion caressa la joue d’Azuria du bout du doigt. Ce geste ébranla encore plus la Shinobot qui le lâcha. Le vieux robot atterrit sur ses pieds, se frottant la gorge. Azuria quant à elle, s’écroula, s’agenouillant par terre tout en regardant ses servos. Voyant que l’un d’eux serrait un de ses Kunaïs, elle se remit à trembler, laissant tomber son arme au sol. Elle se mit en boule, prise d’une quinte de toux. Si les Transformers possédaient des fonctions ou une capacité qui leur permettais de vomir, aucun doute que la femme Bot serait en train de le faire.

Alpha Trion s’assit à ses côtés, lui caressant doucement sa chevelure de métal. Azuria sursauta sous le geste affectueux avant de se mettre sur le dos, se débattant contre un ennemi invisible en poussant d’étranges gémissements et petits éclats de voix. Le vieux sage réussit à attraper les servos d’Azuria avant de l’emprisonner dans ses bras. Elle se calma peu à peu, tremblant encore.

"Je suis désolée ! Je suis désolée ! Je suis désolée ! Je suis désolée !" sanglota Azuria.

"Azuria, calme-toi. Tout va bien, je vais bien. Je vais parfaitement bien", murmura calmement et doucement Alpha Trion. "Tu n’as rien fait. Tu ne m’as rien fait."

"Mais… J’ai… J’ai levé mon arme contre vous, j’ai…"

"Tout va bien. Tu… Ce n’est pas de ta faute, tu as refais une crise. Ta carte-mère s’est emballée et…", expliqua le vieux sage avant de soupiré. "Tu as projeté tes souvenirs…"

"Quoi ?! Non… Non, ce n’est pas vrai !" bégaya la Shinobot en tournant la tête vers les autres robots. "Est-ce qu’ils ? Ils ont tout vu…"

"Ils… Jazz a retiré les outils de ton processeur et…"

"Quelqu’un m’a touchée ?!" hurla la femme Bot.

"Non ! Non, non, non ! Rassurez-vous Maitresse !" intervient Gribza. "Il ne vous a absolument pas touchée. Il a juste retiré les instruments, rien d’autre. Les seules personnes à vous avoir touchée sont moi et Alpha Trion. Même Red Arlet n’a pas…"

"Red Arlet aussi…? Deux robots sont rentrés dans mon espace sans mon autorisation ?!"

"Personne ne t’a touchée !" répliqua le vieux robot. "Je ne te mentirais jamais ! Je ne t’ai jamais menti et c’est pareil aujourd’hui ! Certes, ils sont rentrés dans ton espace, mais…"

La Shinobot se mit à hurler. Ratchet, entendant les cris, sortit la tête de l’infirmerie. Il s’approcha quand il vit la pauvre Shinobot par terre en position fœtale. Le hurlement qui s’élevait de sa boite vocale était le messager évident de sa souffrance. Le médecin leva le servomoteur et sortit son rayon électromagnétique. Voyant cela, Gribza et Alpha Trion bousculèrent le vétéran, le forçant à dévier son rayon doré. Les robots présents esquivèrent le laser perdu comme ils le pouvaient et les robots qui furent malheureusement touchés par le rayon furent Ironhide et Slipstream.

"Et bien… Lui qui voulais recharger tranquille, le voilà servi…" balbutia Bumblebee. "Et elle, elle va crier quand elle verra l’état de ses ailes."

Un hurlement de terreur résonna dans tout le vaisseau. Azuria s’était assise après avoir déclenché un bouclier énergétique au-dessus d’elle. La pierre bleutée sur son front brillait d’une étrange lueur. Elle avait entouré ses jambes de ses bras et se berçait au rythme de ses murmures inaudibles. Elle s’était caché la tête sous la cape d’Alpha Trion. Ce n’était plus une fière femme Bot Autobot qui se trouvait à la vue de tout le monde, c’était à présent une jeune Sparklin apeurée et traumatisée. Chaque bot était désemparé et éprouvé face à cette vision. Arcee s’était même rapprochée du bouclier pour essayer de lui parler et de la rassurer. Mais, alors que la femme Bot rose avait à peine posé son servo sur le champ de force du bouclier énergétique qu’Azuria se remit à crier et à gémir de souffrance. Elle se cacha encore plus sous la cape en métal fluide argentée du vieux sage. Au fur et à mesure, la pauvre Shinobot ressemblait plus à un tas de vêtements sales qu’à une véritable guerrière Autobot. Gribza, s’était simplement assise à côté du bouclier, regardant sa propriétaire recluse à l’intérieur.

Ce fut Alpha Trion qui étonna le plus. Le vieux robot avait toujours été connu comme un sage calme qui ne se laisserait jamais submerger par ses émotions. Il était connu pour toujours privilégier la sagesse et la réflexion à l'action. Alors quand il saisit la poignée d’une rapière sans lame accrochée à sa taille, cela en étonna plus d’un. Il appuya alors sur le pommeau, faisant surgir du quillon de l’épée une fine lame d’Energon bleuté aux reflets délicatement argentés. L’expression calme, neutre et silencieuse qui jusque là s’affichait sur ses traits laissa place à un visage sombre et crispé. Tous les robots regardaient le plus âgé… Ils ne l’avaient jamais vu ainsi. Alpha Trion leva la lame de sa rapière juste devant son visage, dans un salut. La main qui tenait la fine lame tremblait. Le vieux sage se retenait…

Alpha Trion se calma quand Azuria posa sa main sur son épaule. Le vieux sage regarda la Shinobot par-dessus son épaule avant de désactiver la lame de sa rapière et de déposer sa poignée contre l’aimant à sa ceinture. Le vieux robot soupira et souffla lentement avant de se retourner vers la femme Bot. La légendaire neutralité était de retour sur le visage du vieux robot. Azuria déposa dans les mains du vieux sage la cape qu’elle avait sur ses épaules il y avait encore quelques nano-clics, le remerciant doucement du regard. Elle s’éloigna alors de tous les robots présents, s’enfonçant dans un des couloirs du vaisseau. Elle voulait être seule pour pouvoir avoir le processeur clair et respirer un peu. Ce qui était étrange vu que les Transformers n’avaient pas besoin de respirer pour vivre. La Shinobot s’adossa contre un mur avant de se laisser glisser au sol. Elle éteignit quelques instant ses optiques. Bien que l’éclairage de ce couloir soit tamisé, il lui donnait mal au disque-dur.

Azuria n’arriva pas à savoir combien de temps elle était restée comme ça dans le silence et cette semi-obscurité. Elle se serait même mise en recharge prolongée que cela ne l’aurait même pas étonnée. Des bruits de pas résonnèrent dans le couloir. Ils étaient trop lourds pour être ceux de Gribza et trop énergiques pour être ceux d’Alpha Trion. La Shinobot ralluma ses optiques et releva la tête. Elle vit alors Jazz debout, droit comme un i, juste devant elle. Le robot blanc lui tendit la main, surement voulait-il l’aider à se relever. La femme Bot se releva d’elle-même avant de s’entourer de ses bras. Elle baissa la tête avant de détourner le regard et de déglutir. Elle sursauta quand elle vit Jazz lui tendre un de ses nunchakus. L’un des bâtons qui constituait l’arme pendait dans le vide. Ne comprenant pas, Azuria releva la tête.

"Il faut que tu sortes du vaisseau quelques cycles. Alpha Trion est d’accord avec cette idée. Et ne t’en fais pas, Gribza ne viendra pas. Cela n’a pas été facile de la convaincre d’ailleurs", expliqua doucement Jazz en faisant des guillemets avec ses doigts. "Mais il est absolument hors de question que tu sortes seule, tu es encore fragile après ce qui vient de t’arriver. Je vais donc venir avec toi et te mener dans un endroit tranquille où tu pourras méditer un peu. Je pense que tu as vraiment besoin et cela te fera le plus grand bien."

"Ton nunchaku", murmura Azuria. "Pourquoi est-ce que tu me le tends ? Est-ce que tu veux que l’on s’entraine ou… ?"

"Non, nous n’allons pas nous entrainer à part si c’est ce que tu veux", murmura le Ninjabot. "Pour ce qui est de mon nunchaku, c’est parce que je sais que tu ne veux pas te faire toucher. Je vais donc m’en servir pour te guider. Je tiens un bâton et tu tiens l’autre d’accord ?"

"Je peux tout aussi bien te suivre…"

"Non", rit doucement le robot blanc. "Excuse-moi de te dire cela, mais je sens que si tu n’es pas accrochée à moi par un quelconque lien, tu finiras par t’enfuir au premier nano-clic. Sans parler que le chemin risque d’être un peu difficile… Il faudrait mieux y aller en roulant."

"Tsss ! Autant me menotter avec des chaines de rétention si ce n’est que ça !" répliqua la femme Bot. "Et puis… La chaine qui relie tes deux bâtons est trop courte. Si on doit y aller en mode véhicule, on risque l’accident…."

"Oh, ça ?"

Un petit sourire en coin s’afficha sur les lèvres de Jazz. Est-ce qu’Azuria essayait de le piéger pour pouvoir être seule ? Si la Shinobot croyait cela, elle pouvait s’enfoncer le bras dans l'optique jusqu’au pare-choc arrière. Le Ninjabot rit intérieurement à sa propre pensée avant de saisir son nunchaku à pleine main. Il cliqua alors sur un bouton qui se trouvait sur le Jokon-bu d’un des bâtons. La chaine s’agrandit alors et les bâtons de métal et d’Energon rétrécirent pour se transformer en poids. Jazz s’amusa alors à faire tournoyer sa chaine dans les airs. Il regarda la femme Bot un air fier collé au visage, souriant de toutes ses dents.

"Tu ne savais pas que je profitais de mes heures de promenade pour m’entrainer au kusari-fundo ?" demanda Jazz avec nonchalance et fierté. "Pour une Shinobot qui infiltrait la prison la mieux gardée de tout Cybertron pour transmettre des infos à Bulkhead, je me demande bien comment tu as bien pu passer à côté d’une telle information. J’avoue que je suis un peu déçu."

Face à cette remarque, Azuria regarda Jazz incrédule avant de gonfler ses joues d’air et d’éclater de rire. Un rire qui colora le haut des joues du robot blanc d’un délicat violet. Il tourna la tête se frottant la nuque, gêné, un petit sourire attendri collé aux lèvres. Il ne se le cachait pas, entendre le rire d’Azuria lui faisait quelque chose. La Shinobot arrêta alors de rire, offrant au Ninjabot un sourire doux et reconnaissant. Elle saisit alors au vol le poids qui tournoyait toujours au bout de sa chaine. Le sourire de la femme Bot se fana quelques secondes plus tard.

"Cela… Cela te dérangerait si je fais autre chose que méditer ?" demanda la Shinobot d’une toute petite voix.

"Tu peux faire ce que tu veux, je te l’ai dit", répliqua le Ninjabot d’une voix douce et compréhensive. "Mais je te le répète, je ne te laisserai pas seule."

"D’accord, mais est-ce que tu pourras au moins me tourner le dos et désactiver tes communicateurs audio", demanda Azuria d’une voix tremblante. "J’ai vraiment besoin de…"

"Non, je suis désolé", soupira Jazz. "J’ai promis à Alpha Trion et à ta Minicon de ne pas te lâcher des optiques. Si je ne leur avais pas promis ça, Gribza serait surement en train de t’enfermer dans une des chambres de stase du vaisseau pour te forcer à recharger. Et si tu me le demandes, oui, elle me l’a dit elle-même. Heureusement que Ratchet lui ait lancé un coup de son rayon électromagnétique d’ailleurs. Encore un peu et elle faisait une crise d’hystérie. J’ai même cru qu’elle allait m’arracher les pistons pour avoir proposé de t’emmener à l’extérieur du vaisseau."

"S’il te plait ?!" marmonna la femme Bot en retenant ses sanglots. "Je te suivrai comme un Canibot si c’est ce que tu veux ! Je ferai tous ce que tu que tu désires et tout ce que tu me diras, mais je t’en prie. Quand je te le demanderai, je veux que tu me tournes le dos et que tu désactives tes communicateurs. Juste quelques nano-clics pas plus, je ne risque pas de disparaitre en un laps de temps aussi court. Je t’en supplie ! Je ne veux pas que tu me voies parler à un mort…"

Les derniers mots dérangèrent le Ninjabot. Il regarda le visage d’Azuria… Elle s’était à nouveau entourée de ses bras, comme si elle cherchait à se protéger. Le visage de la Shinobot était crispé, elle avait fermé ses optiques et se mordillait la lèvre inférieure. C’est comme si ce qu’elle venait de dire lui avait arraché le Spark. Elle baissa finalement la tête, quelques mèches de sa chevelure de métal beige lui recouvraient à présent le haut du visage.

Jazz ne savait pas comment réagir face à cela. Il ouvrit plusieurs fois la bouche avant de la refermer. Il essayait de trouver les bons mots pour tenter de rassurer Azuria, mais rien ne lui venait. Quelque part, il espérait qu’ouvrir sa bouche ferait machinalement sortir les mots qu’il attendait, les forçant ainsi à sortir de son processeur. Mais rien, le Ninjabot approcha sa main de l’épaule de la Shinobot. La voyant trembler de tout son corps, le robot blanc retira immédiatement son servo. Elle détestait être touchée et après avoir vu ce qui se passait dans ses souvenirs, le Ninjabot pensait plus ou moins se douter pourquoi… Il avait forcément dû lui faire quelque chose, c’était obligé !

Cela le surprit d’autant plus quand Azuria lui attrapa alors la main avant de le tirer derrière elle. Si dans les souvenirs qu’elle avait projetés quelques cycles plus tôt, cela se voyait que la vitesse était l’un de ses atouts, là c’était pire. Elle avait grandi, elle s’était entrainée et pris en force. Et Jazz l’avait vu durant la fuite de Trypticon, en termes de rapidité… Déjà que Slipstream et Blackarachnia étaient les femmes Bot les plus rapides du groupe, alors là, Azuria était mille fois au-dessus. La Shinobot pourrait rentrer en compétition avec Bumblebee et Blurr. Que ce soit en mode véhicule ou en mode robotique. A côté d’eux le robot blanc faisait bien pâle figure. Il était rapide et agile certes, mais là, Jazz se faisait littéralement bringuebalé par Azuria. Si on devait le comparer à un objet, le Ninjabot serait un vulgaire ballon de baudruche rempli d’hélium qui suivrait toutes les courses et mouvements de son propriétaire, un petit enfant énergique sous amphétamine.

Les deux robots continuèrent de courir dans les couloirs du vaisseau jusqu’à finalement bifurquer rapidement. Azuria ouvrit alors une porte à la volée avant de balancer Jazz à l’intérieur. Une fois à l’intérieur, la Shinobot ferma la porte avant d’aider le Ninjabot à se relever.

"Ne prends pas tes rêves pour la réalité", grommela la femme Bot d’une voix froide et sarcastique. "Ce n’est pas parce que je t’ai tenu le servo pour venir ici et que je t’ai aidé à te relever que tu as gagné une permission éternelle de rentrer dans mon espace."

"Ouais… Ça je crois que je l’avais compris", soupira le robot blanc essoufflé. "Oh put… Par Primus, ne fais plus courir comme ça s’te plait ?!"

"Tu as essayé de dire une injure terrienne là ?" demanda Azuria de manière sarcastique. "Si Sentinel t’avait entendu, il t’aurait sans aucun doute arraché le Spark lui-même."

Jazz, essayait de reprendre son souffle – étrange pour un robot soit dit en passant – en posant ses mains sur ses genoux, regardant le sol. Azuria contourna le robot blanc, regardant autour d’elle, il n’y avait personne d’autre dans la salle et cela l’arrangeait bien. Alors que la Shinobot commençait à tapoter sur son communicateur, le Ninjabot se releva pour remarquer que la salle dans laquelle la femme Bot l’avait littéralement jeté était la salle d’entrainement, autrement dit, le gymnase. Pour améliorer un tant soit peu la vie commune dans le vaisseau, l’équipe avait aménagé quelques salles du vaisseau. C’est ainsi que la salle commune, la salle d’entrainement, le laboratoire d’Alpha Trion et une salle de maintenance réservée à la gente féminine – autrement dit une salle de bain – avait été crées. Les autres salles qui étaient l’infirmerie, la cuisine, la salle de maintenance d’origine maintenant réservée aux Mechs, le poste de commandement et de pilotage, la salle matricielle du vaisseau, la salle d’armement, la réserve d’Energon et les salles des couchettes et de stase étaient restées telles quelles.

 

0*0*0*0*0

 

"Eh… Est-ce que tu m’entends ?"

 

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Cette voix… Elle choqua Jazz… Le robot blanc releva la tête vers Azuria. Elle était droite comme un i et devant elle s’affichait une étrange vidéo. C’était comme quand elle avait projeté ses souvenirs de l’attaque de la forteresse. Est-ce que… c’était encore un de ses souvenirs ? Le Ninjabot tourna la tête vers sa consœur, il remarqua alors qu’elle avait retiré ses lunettes triangulaires qu’elle tenait à présent entre ses mains tremblantes contre sa poitrine. Son visage était crispé, abimé par la tristesse. Elle lutait pour ne pas éteindre ses optiques qui clignotaient presque sous la forte tristesse qui y brillait.

"Si… Si tu te demandes ce que c’est, sache que c’est une de mes capacités…" rit tristement la Shinobot à travers ses sanglots. "Je peux me servir de mes optiques pour projeter tout ce qui me passe dans le processeur. Habituellement, je m’en sers si je dois exposer des idées de tactiques, des plans ou autres, mais je peux également m’en servir pour montrer mes souvenirs ou alors…. Les communications et les transmissions qu’un autre Bot a pu m’envoyer."

"Est-ce… Est-ce que c’est ?" bégaya le Ninjabot choqué en montrant la projection du doigts. "Cette boite vocale… Cette voix c’est… ?"

"Tu ne veux pas me tourner le dos comme je te le demande, alors maintenant regarde !" cria Azuria en travers ses sanglots tremblants.

Jazz sursauta en entendant le cri de la femme Bot. Il était rempli de rancœur, de colère, de tristesse, de solitude… Le robot blanc déglutit, avalant avec grande difficulté sa salive. Il tourna la tête vers la projection. Ce qu’il voyait, c’était une ville terrienne… Quelqu’un survolait une ville humaine, la ville de Détroit. De profonds soupirs résonnaient en fond sonnore. Malgré le bruit des moteurs à propulsion, ils étaient parfaitement audibles.

 

0*0*0*0*0

 

"Tu ne me répondras pas c’est cela ? Pourquoi je le demande de toute manière… ?Je ne sais même pas si toutes mes précédentes communications ont pu atteindre Cybertron. Je ne sais même pas si elles ont pu t’atteindre toi. Où que tu puisses être. En même temps, j’y suis habituée et la planète Terre est si loin de la périphérie", soupira la voix. "Ecoute, je, je vais mourir. Je le sens au plus profond de mon Spark. Ne me demande pas comment je sais cela, je le sais c’est tout. Avant d’être mis hors-circuit, Yokétron m’avait bien dit que… Quand mon moment arrivera, je le saurai, je… Mon heure est venue, je le sais. C'en est presque risible !"

 

0*0*0*0*0

 

Jazz n’y croyait pas. Cette voix, c’était bien celle de… ? Le robot blanc n’arrivait plus à tenir debout. Ses stabilisateurs tremblants flanchèrent sous son poids. Il finit à quatre pattes. Il poussait des râles de souffrance, il était essoufflé. Le Ninjabot voyait sa salive goutter de ses lèvres, se répandant petit à petit sur le sol. Ses gémissements étranglés résonnèrent dans la pièce.

"T’as pas accepté ma demande alors maintenant regarde !" cria la Shinobot.

Le Ninjabot n’écoutait pas. Il continuait à regarder le sol. Azuria lui prit la nuque, le forçant à se relever. Jazz regarda la femme Bot du coin de l’optique. Elle souffrait… Elle se retenait d’hurler. Jazz n’arrivait pas à comprendre comment elle faisait pour ne pas cligner des optiques.

Jazz retourna son attention vers la projection. Il reconnut soudainement un bâtiment. La tour Sumdac… Celui qui volait atterrit à son sommet. Là, devant lui, un petit humain rondouillard aux cheveux noir en épis et vêtu d’une blouse de laboratoire verte citron tapotait sur le clavier d’un immense d’un ordinateur de contrôle. Isaac Sumdac ? La personne qui volait se tourna alors sur sa gauche. Jazz s’étrangla presque quand il se reconnut… Il se souvenait, c’était bien lui, il y a quinze cycles stellaires. Il n’y avait plus de doute possible… Cette transmission… C’était bien celle de… Prowl. Est-ce que… C’était… les derniers instants de vie du robot noir ?

 

0*0*0*0*0

 

"Avez-vous un abri antiatomique ?" demanda Prowl.

"Oui… Pourquoi ?" demanda l’humain en bégayant.

 

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La projection montra alors que Prowl s’était retourné. Au loin, deux immenses Lugnut Supreme s’approchaient dangereusement, détruisant la ville de Détroit sur leur passage. Devant eux, Jazz arrivait à reconnaitre Mégatron et Optimus qui se battaient l’un contre l’autre dans les airs. Il… Il allait vraiment revivre la mort de Prowl ? Et directement à partir d’un de ses souvenirs ? Le Ninjabot saisit alors les servos de la Shinobot. Il ne voulait pas regarder la suite. Le robot blanc se débattait, mais la poigne d’Azuria était beaucoup trop forte.

"Arrête ! S’il te plait ?!" gémit Jazz de douleur et de tristesse.

"C’est toi qui m’y a forcée alors regarde !" cracha Azuria.

"Je t’en prie ! J’ai… J’ai compris alors arrête…"

"Regarde !" cria la Shinobot.

Jazz ne put rien faire d’autre… Il continua donc à regarder la projection. Jazz ne pouvait même pas fermer ou éteindre ses optiques. La Shinobot avait placé ses doigts à des endroits stratégiques. Exerçant une pression si bien placée sur sa nuque, la femme Bot obligeait son confrère à garder ses optiques ouvertes. Il ne pouvait même plus tourner la tête. La poigne d’Azuria était trop forte, le moindre mouvement et le robot blanc aurait surement de sévères blessures au niveau du cou. Jazz remarqua alors que Prowl et lui s’étaient assis par terre en position du lotus. Ils méditaient et des fragments de l’All-spark se rassemblaient déjà au-dessus de leurs têtes. La voix de Prowl résonna à nouveau. Mais cette fois, c’était la pensée du robot noir que le Ninjabot blanc et sa consœur entendaient.

 

0*0*0*0*0

 

Dis, tu m’entends toujours ? Pourquoi je demande ça en même temps ? Putain de merde ! Tu ne m’as jamais répondu, durant ces deux derniers cycles stellaires. Excuse-moi pour cette injure. J’ai beau aimer cette planète et la plupart des éléments de la culture humaine, il y a des choses que je déteste. Comme leur langage grossier. Je suis sûr que tu es en train d’éclater de rire rien qu’en te rappelant le robot que j’étais en arrivant à la forteresse. Par Primus… Est-ce que je deviens trop nostalgique ou émotif ? Je suppose que c’est parce que je commence à avoir la mort en face. Oui je sais, c’est extrêmement bizarre de dire ça. Crois-moi quand je dis que je ne veux pas t’abandonner. A aucun moment je n’ai voulu te laisser derrière. C’est juste que tu mérites mieux que moi pour veiller sur toi. Bordel ! Qu’est-ce que je ne donnerais pas pour que tu sois à côté de moi. Je t’aurais montré toutes les beautés de cette planète. Les forêts, les animaux, les odeurs… Je t’aurais emmenée dans la forêt Amazonienne, la savane africaine, le désert du Sahara, les toundras enneigées… Ratchet et Optimus me tueraient s’ils savaient que les nuits où je devais faire mes rondes, j’allais prendre la navette de secours pour aller explorer les contrées cachées de cette belle planète. Je me demande comment le reste de l’équipe ne s’est jamais aperçu que souvent je rentrais les engrenages coincés et gelés par le froid de l’Arctique. Cela pourrait prêter à rire. Je me rappelle, j’y étais allé pour observé ce que les humains appellent une Aurore Boréale, une merveille de cette nature terrienne. Dès que j’en voyais une, je passais des cycles à la regarder.

"Il faudrait plus d’étincelles pour protéger la ville", réfléchit Jazz en regardant l’All-spark au-dessus de sa tête.

"Je… Je n’arrive pas à… à attirer plus de fragment de l’All-spark", bégaya Prowl de fatigue. "Je… Je ne vois qu’une seule solution."

 

0*0*0*0*0

 

"Prowl, ne fais pas ça, non !" hurla Jazz en même temps que son lui du passé. "On peut trouver un autre moyen !"

La projection se tourna vers le Ninjabot blanc. Jazz se revit debout, regardant Prowl. Il revit le Ninjabot à l’armure noire le regarder le visage triste avec un magnifique sourire. Prowl ne souriait jamais. D’aussi loin que remontaient les souvenirs du robot blanc, il n’existait aucun dossier dans son processeur interne qui montrait le robot noir avec un tel sourire. Jazz lâcha le servo d’Azuria, ses bras tombèrent au sol. Il ne sut pas comment, mais il réussit à fermer ses optiques derrière sa visière, se mordant la lèvre. Il n’arrivait plus à regarder cette projection. Il ne le supportait pas. Alors quand il entendit les derniers mots du Ninjabot noir, il eu beaucoup de mal à retenir son cri de douleur.

 

0*0*0*0*0

 

Si tu m’écoutes encore, est-ce que tu pourrais faire quelque chose pour moi ? Essaye de retrouver l’équipe P.R.I.M.E. et protège-les pour moi. Protège surtout Jazz, de tous les robots que je connaisse, il est celui qui mérite le plus d’être protégé. Il te ressemble beaucoup tu sais… Tu veux bien faire ça pour moi ? Hein ?

 

0*0*0*0*0

 

La voix et les pensées de Prowl s’éteignirent, la projection se troubla et se mit à glitcher. Il venait de mourir. Jazz n’était à présent plus que l’ombre de lui-même. Il était à genoux, les bras ballants et la tête baissée vers le sol. Si on n’entendait pas le fin vrombissement qui venait de l’intérieur de son exosquelette, on aurait put croire que le robot blanc était à présent hors-service.

Azuria éteignit la projection, la brillance de ses optiques revenaient peu à peu à la normale. Elle ramena un de ses servos à son avant-bras. Elle le serrait tellement fort que ses doigts traversèrent sa peau de métal dans un crissement métallique. Un grognement de hargne et de colère traversa les lèvres de la Shinobot. Azuria sortit un drôle d’appareil d’un des petits compartiments situé à sa ceinture. Elle appuya sur le symbole Autobot qui s’y trouvait avant de le déposer sur le sol, faisant ainsi apparaitre un hologramme d’un certain Cyberninja. L’image de cet ancien ami ramena l’esprit du robot blanc à la réalité. Jazz bégaya… Il essayait de dire quelque chose, mais ce qui sortit de sa bouche ressemblait d’avantage à un mélange de gargouillements et de gémissements qu’à un véritable assemblage de mots.

L’hologramme de Prowl était là, au milieu de la pièce, les bras croisés et droit comme un i, cette expression neutre et légèrement hautaine collée au visage. La Shinobot s’approcha de l’image, levant le servo pour la toucher. La main de la femme Bot traversa l’image translucide et illusoire du robot à l’armure noire. L’hologramme glitcha, déformant l’image et le visage du Ninjabot disparut. Un grognement couplé à un hurlement de colère s’échappa de la boite vocale de la femme Bot. Elle se mit à se battre contre l’hologramme.

Azuria luttait contre l’illusion. Même si elles passaient toutes au travers, la Shinobot utilisait toutes les techniques de combat qu’elle connaissait. Elle lui frappait la tête de ses pieds. Elle lui fonçait dans le torse, la tête et les bras en avant. Elle sautait par-dessus l’hologramme, essayant de lui saisir le cou entre ses jambes pour le renverser. Elle visait ses jambes, essayant en vain de le faire tomber. Elle utilisait toutes les prises qu’elle connaissait. A chacune de ses attaques, Azuria hurlait. Elle hurlait sa rage, elle hurlait sa haine, elle hurlait sa douleur, sa tristesse et sa solitude… Si la Shinobot se fatiguait déjà avec ses attaques, ses hurlements épuisaient les limites de sa batterie interne. Epuisée et n’arrivant plus à tenir sur ses stabilisateurs, la femme Bot se saisit de ses kunaïs qu’elle lança avec ses dernières forces. Si les trois premiers n’arrivèrent même pas à atteindre l’hologramme, tombant pratiquement de sa main. Azuria réussit à utiliser ses dernières forces pour propulser son dernier kunaï. L’arme fila dans l’air, passant directement dans le pare-choc du robot noir. La lame finit sa route en s’enfonçant profondément dans le mur en face. Un doux et discret petit cliquetis résonna dans la pièce, mais les deux robots ne l’entendirent pas.

Azuria s’écroula, ses jambes ne supportaient plus son poids. Elle tomba, s’écroulant à genoux par terre. Elle leva les optiques au ciel, poussant un soupir désespéré, avant d’éclater d’un rire fou mélangé à des sanglots d’épuisement. Cette femme Bot n’était plus que l’ombre d’elle-même. Elle était méconnaissable. Elle se mit à quatre pattes, frappant le sol de son poing avec ses dernières ondes d’énergie. Elle s’écroula alors au sol. Son corps s’était éteint sous la fatigue, se plongeant de lui-même dans une recharge prolongée bienvenue. Bien que presque plus aucune pulsation d’énergie ne se répandît dans l’exosquelette de la Shinobot, sa main continuait de tenir avec force la paire de lunettes triangulaires bleutées.

Jazz regarda Azuria, déglutissant. Ce qu’il venait de voir… L’état physique et mental de la Shinobot. Toujours à quatre pattes, le robot blanc s’approcha de la femme Bot, effleurant son visage argenté. Du bout des doigts, il écarta quelques mèches de cheveux métalliques de son visage.

"Prupru…" (note d'auteur : se dit prouprou) murmura Azuria dans son sommeil.

"Quoi ?" bégaya Jazz au travers d’un murmure.

"C’est comme cela qu’elle appelait Prowl quand elle était encore une Sparklin", surgit une voix.

Le Ninjabot se retourna dans un sursaut. A l’entrée de la salle d’entrainement se trouvait Alpha Trion. Le vieux robot se tenait dans l’encadrement de la porte. Sa légendaire expression neutre qui se peignait sur son visage ne cachait pas l’éclat triste qui habitait ses optiques. Le vieux sage s’approcha du Ninjabot qui s’était relevé, lui posant un servo réconfortant sur son épaule. Le vieux robot se baissa, récupérant Azuria dans ses bras où il réussit à l’installer confortablement. Pris d’un élan de tendresse et d’inquiétude, Alpha Trion embrassa délicatement le front d’Azuria. En réponse à ce geste, la Shinobot se réveilla quelques nano-clics, observant, épuisée, le vieux sage qui la regardait d’un air serain, un doux sourire réconfortant collé aux lèvres. La femme Bot se pelotonna un peu plus contre le vieux robot, posant sa tête au creux de son cou, retombant dans sa recharge prolongée.

Jazz sentit presque son Spark exploser face à cette scène. Il ressentait d’ici toute la tendresse qui s’en dégageait. Le Ninjabot se rapprocha du vieux sage. Il regardait Azuria. La femme Bot semblait tellement apaisée et protégée dans les bras du vieux sage. Elle avait l’air tellement fragile. Elle ne ressemblait même pas à un Sparklin, elle… Le robot blanc ne savait même pas ce qu’elle était à présent.

"Est-ce qu’elle est ?"

"Ce n’est rien, c’est juste la fatigue", murmura Alpha Trion en se retournant vers la porte. "Je vais l’installer dans une cabine de stase. Il faut impérativement qu’elle se recharge."

"Alpha Trion attendez !" intervint  Jazz. "Est-ce que vous savez ? Enfin, je veux dire ! Azuria et Prowl, cette vidéo… communication, ce, ce truc… ils avaient l’air d’être vraiment proches."

"Azuria et Prowl étaient… Autant reprendre depuis le début. Quand on voit où nous en sommes, cela ne changera pas grand chose", soupira le vieux sage. "Quand Yokétron a été mis hors-circuit, Cybertron n’a pas simplement perdu un grand robot. C’est un formidable ami qui s’en est allé. J’ai perdu un formidable ami. Nous n’avions pas de lien suffisamment fort pour être Amica, mais je connaissais tout de ce Mech. Et Azuria, non, Kilika. C’est son nom de fabrication. Elle est… Même si intérieurement, je pense savoir ce qu’ils ont fait, je me fiche de ce que faisaient Yuko et sa Conjux. Ne ris pas, je t’en prie. C’est ainsi que Yokétron souhaitait qu’on l’appelle quand nous étions jeunes. En retour, il m’appelait Fa. C’était une plaisanterie et une taquinerie qui venait de notre jeunesse. C’est de là que vient le nom de code que Kilika doit utiliser pour me désigner quand elle parle de moi. C’est un peu comme un hommage au bon vieux temps. Enfin bon, où est-ce que j’en étais ? Moi et ma vielle carte-mère, dès que je me replonge dans mes vieilles Datas, c’est toujours la même chose. Quand Azuria est sortie de l’All-spark et des chaines de montage, elle a tout de suite été envoyée au dojo où Yokétron l’a directement prise sous son aile. D’aussi loin que je me souvienne, elle était toujours perdue dans ses pensées, renfermée sur elle-même. Elle était d’un tel calme que c’en était parfois effrayant. Elle ne se libérait réellement que durant ses entrainements où elle vidait le surplus d’énergie qu’elle stockait dans son Spark. Elle a réussi à devenir celle qu’elle est aujourd’hui quand Prowl est arrivé, environ 250 cycles stellaires plus tard. Je me rappelle, dès que je me rendais au dojo pour rendre visite à ce cher Yuko, j’entendais les rires de Kilika et les cris de Prowl. Cela animait les couloirs de la forteresse d’une telle joie de vivre. C’est à cette époque que Kilika a commencé à le nommer Prupru. Si tu avais vu la tête que Prowl a faite la première fois qu’elle a prononcé ce nom. Si la tête de Prowl ressemblait à un cube d’Energon, je ne dit pas la tête qu’elle a faite quand il l’a appelée par le surnom qu’il lui avait trouvé. C’était affreusement hilarant."

"D’accord, mais pourquoi elle a cette communication ?" demanda le Ninjabot. "Si ils étaient si proche que ça, pourquoi elle ne garde que celle-ci …?"

"C’est parce qu’elle n’en a pas d’autre !" répliqua le vieux sage, interrompant le robot blanc.

"Comment ça ? Qu’est-ce que vous voulez dire ?"

"Il s’est passé quelque chose durant l’attaque de la forteresse. Malheureusement, j’ignore ce qu’il s’y est passé exactement. Mais quand Prowl me l’a ramené, nous avons découvert que son processeur était comme surchargé. J’ai contacté les meilleurs médecins et spécialistes de Cybertron, ils ont essayé toutes les méthodes connues jusqu’à présent, mais rien n’a jamais réellement marché. La seule chose qu’ils ont pu faire pour essayer de soulager un tant soit peu son disque-dur a été de créer une espèce de bibliothèque. Chaque robot, chaque chose, chaque idée correspond à un dossier et à des Datas spécifiques. Mais cela n’a pas fonctionné comme on aurait pu le vouloir. De ce fait, dès qu’elle reçoit une communication venant d’un robot, la précédente est directement effacée. Les dossiers de son processeur ne peuvent stocker qu’un seul message à la fois. Elle a beau avoir des milliers de fichiers avec tout un tas de connaissance et de Bots connus, ça ne change rien. Chaque Bot ne peut lui envoyer qu’un seul message à la fois, et Prowl en était, lui aussi, pleinement conscient. C’est pour ça qu’il lui a offert cet appareil de sauvegarde, elle l’a toujours avec elle", expliqua le vieux robot en regardant le petit appareil holographique qui se trouvait toujours par terre. "Mais, quand elle l’utilise, cela se sait et se remarque. Cela provoque des ondes d’énergies assez identifiables. Pourtant, malgré tout cela, elle répondait à toutes les communications. Surtout celles de Prowl. Malheureusement, quand l’équipe de Prime a atterri sur terre et pendant les deux cycles stellaires qu’ils ont vécus sur cette planète, Kilika était en mission pour moi sur un territoire Decepticon. Je l’avais envoyée elle et Gribza pour retrouver et ramener un objet. Et comme elle était en territoire ennemi, elle ne pouvait ni répondre, ni utiliser son appareil, au risque de se faire prendre. C’est comme cela qu’elle a appris la mort de Prowl. Dès qu’elle a reçu la communication, elle a pris l’énorme risque de me contacter pour que je puisse venir la chercher. Quand je l’ai retrouvée, elle était prostrée et n’avait presque plus d’Energon en elle. Elle était… Elle était dans un très mauvais état. Et Gribza était particulièrement endommagée. Quand je suis arrivé, j’ai eu la pire peur de ma vie. Et j’ai même cru qu’elle était hors-circuit. Je refuse d’encore perdre quelqu’un qui m’est cher. Si tu savais à quel point elle m’est précieuse. Elle a éclairci ma vie et permis à mon Spark de retrouver sa brillance d’entant. Comme quand ma Castradora était encore en vie. Elle lui ressemble tellement, c’est fou."

"Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Vous devez forcément avoir un minimum d’informations par rapport à l’attaque de la forteresse ?! On ne peut pas avoir le processeur surchargé comme ça !" demanda le robot blanc au travers d’un grognement sombre et inquiet.

"Je l’ignore", l’interrompit le vieux robot. "Prowl l’a trouvée après avoir assisté à la mort de Yokétron. Elle était ensevelie sous des gravas. Elle était dans une aile complètement à l’écart, cachée aux optiques de tous. Il l’a retrouvée alors qu’il errait au hasard dans les ruines d’un des dortoirs principaux. L’armure de cette pauvre Sparklin était affreusement fissurée et cabossée. Son étincelle était à l’air. Ultra Magnus et moi, nous faisions partie des premiers robots arrivés sur les lieux après l’attaque. Quand Prowl est arrivé avec Kilika dans les bras, j’ai tout de suite comprit qu’elle n’avait pas vécu que des bons moments. Et les pulsations de son Spark étaient… Je n’arrive même pas à le dire, tellement ça me dégoute rien que d’y penser."

"Est-ce qu’elle aurait subi…?!" demanda Jazz au travers d’un grognement de haine.

"Je le crains fort, mais étrangement, je ne pense pas que ce soit cela", soupira Alpha Trion d’une voix triste en resserrant son étreinte.

"Si je le tenais !" cria le Ninjabot. "Il a déjà tué Yokétron, volé, détruit la forteresse et failli ruiner la vie d’Optimus ! C’est lui qui a causé le traumatisme de Ratchet ! Et Prowl… Cela ne lui suffisait pas ?! C’est lui qu’il a fait le plus souffrir ! Vous pouvez être sûr que si je le retrouve… La vengeance ne me suffira même pas !"

"Ne pense pas de cette manière jeune Bot ! La vengeance ne fera que détruire ton Spark à petit feu ! Crois-moi, je connais parfaitement ce sentiment", répliqua doucement le vieux Sage. "Mais je ne pense pas que ce soit lui qui lui ait fait cela. Bien sûr, ce n’est qu’une hypothèse, mais comme Kilika ne se souvient pas de grand-chose de l’attaque..."

"Quoi, mais… ? Et les souvenirs qu’elle a projetés tout à l’heure !"

"Le moment où tu l’as aidée à éteindre sa projection correspond à la fin de ses souvenirs", expliqua calmement le vieux robot. "De toute manière, la projection se serait terminée d’elle-même."

"Je vois", soupira tristement Jazz.

"En tout cas, je pense que tu as compris pourquoi elle n’accepte pas de se faire toucher et qu’on n’entre pas facilement dans ce qu’elle appelle son espace personnel. Du moins, on peut le supposer. Ce n’est pas parce qu’elle vous touche qu’elle vous accepte en retour. Je suppose que tu as remarqué quand elle s’est battue durant la fuite ou pendant que Red Arlet a essayé de la réparer ?"

"Oui, je l’avais remarqué en effet", murmura le Ninjabot.

Jazz baissa la tête avant de prendre son visage dans ses mains, soupirant. Il était épuisé. Trop d’informations essayaient d’entrer de force dans son disque-dur. Il ne dirait pas non à une bonne stase réparatrice. Le Ninjabot retira les servos de son visage quand il entendit le vieux Sage passer devant lui. Il vit alors la paire de lunettes tomber du servo de la Shinobot. Jazz les récupéra avant Alpha Trion. Dans les servomoteurs du vieux robot, Azuria commençait à gesticuler et à gémir. Alpha Trion n’arrivait presque plus à la tenir.

"Ces lunettes…"

"Jazz", grommela le vieux Sage.

"Ce sont celles de…"

"Donne-les moi !" grogna le vieux robot.

"Ce sont celles de Prowl ?" marmonna le robot blanc. "Moi et l’équipe, durant nos sorties, on avait remarqué qu’il n’avait pas ses lunettes mais… Pourquoi est-ce qu’elle les a ? Pourquoi, est-ce qu’elle les porte ? Comment est-ce qu’elle a fait pour les avoir ?"

"Prowl…" pleura la Shinobot.

Alpha Trion arracha la paire de lunettes des mains de Jazz avant de les déposer délicatement entre celles d’Azuria. La femme Bot arrêta doucement de trembler, redevenant calme dans les bras du vieux sage. Alpha Trion soupira de soulagement. Essayant de rester le plus calme possible, le vieux robot releva les optiques vers le Ninjabot blanc. Un éclat sombre passa dans le bleu calme et profond des optiques du vieux robot. Jazz ne put s’empêcher de frémir de terreur quand il entendit la voix d’outre tombe s’élever de la boite vocale du vieux Sage.

"Je pensais qu’elle arriverait à guérir en se rapprochant d’un des membres de l’équipe P.R.I.ME.. J’espérais même que ce soit toi qui la changerai, mais je me suis affreusement trompé. Je savais qu’elle n’aurait pas dû venir avec nous, mais je ne pouvais pas faire autrement. Elle serait surement morte si elle était restée sur Cybertron", murmura Alpha Trion dans un rire fatigué, reprenant par la même occasion son ton vocal habituel. "Par Primus, c’était une grosse erreur de l’amener ici."

"Que voulez-vous dire ?" demanda Jazz.

"Tu te souviens quand je t’ai dit que malgré son calme apparent, son énergie était quand à elle gigantesque ? Seul Prowl était l’élément qui semblait apaiser cette énergie. Et quand il est parti, laissant Kilika derrière lui, les communications qu’il lui envoyaient étaient un faible substitut. Mais cela était suffisant pour qu’elle arrive à contrôler ce surplus. Alors quand Prowl est mort… La seule chose qu’elle a pu récupérer de lui avant qu’il ne soit déposé dans ce vulgaire entrepôt est sa paire de lunettes. C’est la seule chose qui lui permet de se contrôler un tant soit peu, je n’imagine pas ce qui se passerait si on les lui prenait de force", marmonna le vieux sage d’une voix sombre. "Crois moi, tu ne voudrais pas croiser celle qui se cache au plus profond de son Spark."

"Comment ça « celle qui se cache au plus profond de son Spark » ? Est-ce qu’elle a un disfonctionnement ?" demanda le Ninjabot.

"Non, elle n’a pas de disfonctionnements au niveau de sa carte-mère si c’est ce que tu te demandes. C’est juste que… Je ne sais pas expliquer correctement ce qu’elle a et ce qu’elle peut devenir", réfléchit le vieux robot. "La seule chose que je peux te dire est de faire attention et d’être extrêmement prudent quand tu es auprès d’elle. Ne crois pas qu’elle soit une menace ou autre, ce n’est pas cela. Quand elle est heureuse, elle est heureuse. Quand elle est triste, elle est triste. C’est quelqu’un de vrai ! Elle ne fait jamais semblant ! C’est juste qu’elle n’accorde pas facilement sa confiance, même à moi. Je sais ce que tu vas dire. Ce que je dis est étrange puisqu’elle me laisse la toucher, que je peux la prendre dans mes servomoteurs. Et que par conséquent elle m’accorde sa confiance, mais c’est complètement faux. C’est justement, parce qu’elle se méfie de moi qu’elle accepte nos interactions et nos étreintes. C’est pareil pour Gribza, même si elle la considère comme une amie. Elle ne touche pas et refuse de se faire toucher par ceux en qui elle n’a pas confiance, mais ceux qui sont autorisés à la toucher ou à rentrer dans son espace c’est encore pire. Les seuls robots en qui elle avait véritablement confiance étaient Yokétron et Prowl. Je ne sais pas comment m’expliquer exactement. C’est pour cela que je veille à son bien être et que… Non, cela ne sert à rien de s’étendre sur le sujet. Cela ne ferait qu’envenimer un peu plus les choses."

Jazz ne comprenait rien. De quoi parlait le vieux Sage ? Azuria possédait un côté sombre à son Spark ? Mais pourquoi et qu’est-ce que cela voulait dire ? Jazz croisa les bras et tourna le dos au vieux robot. Il se mordit le doigt, réfléchissant. Non, cela n’était pas normal, il devait y avoir autre chose derrière. Il ferma alors ses optiques derrière sa visière. Il fallait vraiment qu’il retourne méditer un peu. Avec tous ces influx d’information, son processeur n’allait plus tenir.

Il la ressentit alors, cette pulsation. Non, il n’y en avait pas qu’une ! Il y en avait plusieurs ! Le Ninjabot se concentra. Il percevait les faibles pulsations matricielles de la Shinobot. Mais ce n’est pas la faible énergie qui l’étonna. Jazz n’était pas fou, il se doutait que la fatigue qui avait frappé la femme bot les avait sans aucun doute ralentis, mais il sentait autre chose. Il avait l’impression d’être entouré d’autres robots. Il ressentait l’énergie de Prowl, de Yokétron et de quelqu’un d’autre ? Mais qui ? Par Primus, il était pourtant certain de la connaitre ! Pourquoi il y avait autant de présence matricielle atour de lui ?! Est-ce qu’il était entouré de fantômes ?! Et tout cela semblait venir d’Azuria elle-même et de son Spark. Mais c’était quoi cette histoire ?

Jazz se retourna, s’apprêtant à demander à Alpha Trion s’il ressentait la même chose. Le robot blanc remarqua alors qu’il était à présent seul dans la salle d’entrainement, la porte était grande ouverte. Le vieux robot était sans aucun doute sorti pour installer Azuria dans un caisson de stase comme il l’avait dit un peu plus tôt. Jazz enleva sa visière, se frottant les optiques du bout des doigts. Avec tous ces événements qui venaient de surgir en cascades, les uns après les autres, il était lui aussi arrivé à la limite de sa batterie, il était complètement crevé. Blague à part, les pneus qui lui servaient d’épaules avaient d’ailleurs besoin d’un bon passage à la pompe… Jazz papillonna de ses optiques bleues avant de remettre sa visière. Avec le peu de force qu'il lui restait, le Ninjabot se transforma avant de rouler vers la première salle de couchette ou le premier caisson de stase de libre. 

Le silence qui régnait à présent dans la salle d’entrainement ne dura pas. Des éclats de rires résonnèrent, brisant le calme. Ils semblaient venir de derrière un empilement précaire de poids et d’autres équipements d’entrainement. Le tas se mit à trembler avant de se renverser dans un raffut abominable, dévoilant ainsi un jeune robot jaune qui s’étranglait entre ses exclamations de douleur et ses rires tonitruant. Les portes d’une armoire à côté de lui explosèrent, montrant un gros robot vert qui se débattait en vain pour sortir de sa cachette. Des cliquetis légers se répandirent sur la surface des murs, dévoilant l'immense araignée noire et violette qui se cachait dans l'ombre.

"Bee, arrête tout de suite de rire et viens m’aider ! J’suis coincé !" grogna le robot vert. "Comment est-ce que j’ai pu me mettre dans une telle situation franchement ? J’ai le système olfactif juste au dessus du pare-choc arrière maintenant."

"Tu l’as entendu ? Non mais est-ce que tu l’as entendu ?" essaya d’articuler le robot jaune entre ses essoufflements et sa crise de rire.

"Non mais sérieux mon p’tit pote viens m’aider s’il te plait c’est vraiment urgent et, oh… oh…"

Un grand fracas coupa le gros robot vert. L’armoire dans laquelle il s’était caché précipitamment venait quasiment… d’exploser. Les portes, les parois et les étagères du meuble s’étaient éparpillées aux quatre coins de la pièce, faisant redoubler les éclats de rire de Bumblebee. Grognant plus de fatigue que de colère, Bulkhead se remit difficilement sur ses pieds. Il se dirigea alors vers le robot jaune, la mine fatiguée, avant de frapper le haut du crâne du plus jeune de sa grosse pince à trois doigts.

"Aie !" s’écria le robot jaune au travers de ses rires. "Pourquoi tu me frappes Bulk ?"

"Arrêtes de rir,e Débilobot", grogna le robot vert. "J’ai failli me faire mal ! J’ai cru que mes pistons remontaient jusqu’au module de ventilation !"

"Tu peux nous épargner ce genre de détail s’il te plait ?" soupira l’araignée géante d’une voix dégoutée alors qu’elle se retransformait en son mode robot. "J’aimerai ne pas avoir ce genre d’image dans les Datas de mon processeur."

"Oops, désolé Blackarachnia", rit nerveusement le robot vert en se grattant l’arrière du crâne, gêné. "Mais bon sang, pourquoi tu ris Bee ?"

"Azuria… Elle, elle appelait Prowl Prupru !" éclata de rire Bumblebee.

Le robot jaune fut pris d’une quinte de toux avant de recommencer à rire. Un rire moqueur et désagréable. Un rire qui troubla Bulkhead. De qui le plus jeune se moquait-il exactement ? Le robot vert était perdu. Le robot vert se rappela avec une triste nostalgie le lien qui unissait l’éclaireur et le Ninjabot noir. Il est vrai que cette relation avait – aussi loin que sa carte-mère arrivait à se souvenir – toujours été synonyme de vannes, de piques et moqueries en tout genre, mais l’amitié et la confiance qui unissaient les deux robots étaient vraiment sincères. Ils avaient appris l’un de l’autre et durant leurs rares moments de travail en équipe, ce duo atypique était le plus efficace de l’équipe P.R.I.M.E.. Il savait que Bumblebee était le plus facétieux et blagueur de l’équipe, il adorait fanfaronner et se mettre en avant, mais être railleur et moqueur à ce point ! Surtout envers Prowl…

"Cela se voit qu’il ne rit pas de bon Spark", intervient la voix de Blackarachnia.

"Qu’est-ce que tu veux dire par là ?"

"Regarde son visage et écoute-le", ajouta la femme Bot violette. "Son rire sonne tellement faux que l’on entend ses sanglots depuis les ruines du vieux Iacon sur Cybertron, j’en suis certaine."

Bulkhead regarda plus attentivement le robot jaune. La femme araignée avait raison. Même si le plus jeune riait encore et encore, ce n’était pas un sourire sincère qui s’affichait sur son visage. Il était faux et forcé à l’extrême. Dès qu’il arrêtait de rire, il reprenait une grande inspiration avant d’éclater à nouveau de rire.

Maintenant qu’il s’en rendait compte, le robot vert se rappela des nombreux cycles stellaires que lui et l’équipe P.R.I.M.E., avaient passés en prison. S’il se souvenait avoir partagé le même bâtiment pénitencier avec Optimus, de ce fait ils se retrouvaient aux mêmes heures de promenade. Ratchet et Jazz quant à eux avaient partagés la même cellule dans un autre bâtiment. Bumblebee avait été seul.  Même si Arcee s’était portée volontaire pour lui rendre visite et ainsi lui apporter une certaine force psychologique, le robot jaune avait profondément changé. Il était devenu plus bagarreur et un peu plus sombre. De la fenêtre de leur cellule, le gros robot vert et le reste des membres de l’équipe avaient une vue panoramique de la cour du bloc pénitencier. Ils pouvaient donc voir le jeune robot durant ses heures de promenade. En effet, durant ces heures le robot jaune passait la plupart de son temps à s’entrainer avec les machines d’entrainement, gagnant ainsi, au fil des cycles stellaires, plus de musculatures et abandonnant peu à peu son air de gamin. Et quand il ne s’entrainait pas, il se battait. Et les bagarres que commençait Bumblebee l’avaient plus d’une fois envoyé à l’isolement où on ne le voyait plus durant plusieurs déca-cycles. Le record du jeune bot était d’ailleurs d’avoir passé un cycle stellaire entier en isolement. Si du point de vue d’un Cybertronien classique un cycle stellaire pouvait être égal à une durée de quelques jours à quelques semaines, voire mois au maximum, du point de vue des membres l’équipe P.R.I.M.E. qui eux s’étaient habitués à la vie terrienne, l’absence du plus jeune avait fortement inquiété l’équipe.

Ce séjour en prison avait changé chacun des membres de l’équipe P.R.I.M.E., même s’ils s’étaient habitués à se faire moquer et rabaisser par les gardiens du bloc pénitencier. Surement que ceux-ci étaient des amis proches du Magnus. Chacun d’entre eux avait subi des tortures physiques et psychologiques. Ratchet avait, durant un long moment, replongé dans ses traumatismes dûs à la guerre, ce qui l'avait plus d’une fois poussé à refuser les visites et les appels d’Arcee et il n’arrivait plus à utiliser ses aimants. Jazz avait été critiqué sur sa manière de se battre et plus d’une fois traité de traitre par l’armée et les unités de la garde d’élite de Cybertron. Bulkhead avait plus d’une fois été extrait de la prison pour le faire combattre de force dans des combats de gladiateurs clandestins dont il ne revenait jamais entièrement sain et sauf. Bumblebee s’était fait arracher ses dards électriques et était devenu bagarreur pour réussir à survivre dans le milieu carcéral. Le seul qui restait secret par rapport à son incarcération était Optimus. De toute l’équipe, le leader de l’équipe P.R.I.M.E. était le seul à être dans une cellule individuelle. Même si chaque membre de l’équipe était sûr que le robot rouge était celui qui subissait le plus de moqueries, ce qu’il subissait physiquement leur était complètement inconnu.

Le robot vert soupira en s’asseyant, posant sa grosse pince dans le dos du robot jaune. Le plus jeune arrêta de rire avant de se reprendre en se cachant le visage dans ses servos. Avec leur incarcération, aucun d’eux n’avait réellement eu le temps de faire son deuil, même s’il leur était permis une fois tous les trois déca-cycles – sous très haute surveillance – d’aller voir le corps de leur ami disparu dans cet horrible entrepôt ; c'était leur seul moment de repos. Ils étaient tous certains que ces visites étaient en réalité encore une de ces formes de tortures imaginées par Sentinel et les gardiens de la prison. Vu tout ce qui venait de se passer durant les deux derniers déca-cycles, il était parfaitement normal pour chacun d’entre eux, chacun à sa manière, de récupérer et de faire son deuil.

Blackarachnia restait quand à elle à l’écart du duo. Elle ne se sentait pas apte à rentrer dans le petit club de dépressifs qu’était devenue l’équipe P.R.I.M.E.. En fait, si on lui avait demandé personnellement, la femme araignée aurait surement refusé de faire partie de l’équipe de sauvetage. La femme Bot avait simplement accepté cette mission parce qu’elle le lui avait demandé. Elle soupira en regardant les deux robots du coin de l’optique. Elle se dirigea alors vers les kunaïs de la Shinobot, qu’elle ramassa, elle alla arracher celui qui se trouvait dans le mur. Elle regarda alors le petit appareil de sauvegarde qui se trouvait par terre. l'hologramme du Ninjabot noir était encore allumé, glitchant encore de temps en temps.

A l'extérieur, le soleil s'était levé. Il faisait briller l'intérieur de la grotte d'une délicate lumière dorée. Les roches calcaires qui la composaient renvoyaient doucement la lumière vers les hublots et autres fenêtres du vaisseau, éclairant doucement l'intérieur du véhicule spacial. La lumière vient à frapper doucement le petit appareil, le faisant délicatement sintiller. La lumière ambiante envahit petit à petit la salle d'entrainement, faisant légèrement disparaitre l'hologramme. Prowl avait réellement l'air d'un fantôme à présent.

La femme Bot violette s'approcha de l'appareil, désactivant l'illusion avant de le serrer contre sa poitrine. Elle lâcha un triste soupire avant de murmurer d’une petite voix lasse en s’en allant de la salle d’entrainement.

"Ca m’énerve ! Cette femme Bot me ressemble beaucoup trop !"

 

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Arcee rentra dans l’infirmerie, un plateau où était déposées trois tasses d’huile chaude entre les mains. L’arrivée de l’ancienne agent des renseignements avait surpris Rodimus mais en même temps, il avait surpris Ratchet en train d’incruster une puce d’entrée dans le servo de la femme Bot rose peu de temps après leur arrivée sur Terre. « Les Conjux je vous jure… » pensa le second Prime un petit sourire au lèvre. Il vit Arcee déposer une tasse sur le bureau de Ratchet avant de poser doucement sa main sur l’épaule du médecin. Le vétéran posa la sienne sur celle de la femme Bot, tournant la tête vers elle, lui donnant un sourire en coin qui semblait beaucoup plus tendre qu’il en avait l’air. Rodimus accepta volontiers la tasse que lui tendit la femme Bot. Il commença à avaler le liquide, ne remarquant pas que Red Arlet lui faisait non de la tête, une expression dégoutée peinte sur ses lèvres. Il aurait peut-être du prendre en compte l’avertissement de la scientifique, car le deuxième Prime eu du mal à avaler sa gorgée, s’étranglant presque. Par l’All-spark, qu’est-ce cette huile était amère ! Il était au courant que les réserves d’Energon du vaisseau avaient considérablement diminué, mais est-ce que boire un liquide aussi écœurant valait un tel sacrifice ? Un crépitement parcourut les circuits de son communicateur et titilla son processeur. Cachant le fait qu’il communiquait, Rodimus posa sa tête dans son servo.

"Alors ? Tu apprécies ton huile ? J’espère qu’elle n’est pas trop amère ?" demanda la voix de Red Arlet dans un chuchotement malicieux et mélodieux.

"Ah, ah… Est-ce que tu vas me lancer un de tes « Je te l’avais bien dit » ?" répliqua Rodimus en chuchotant. "Ça va, ce n’est pas pire que ta cuisine, mais c’est mieux que rien."

"Eh ! Tu adores mes cristaux d’Energon frits ! Et ne me dis pas que c’est faux ! Je te connais comme mon Spark, je sais quand tu me mens."

"Est-ce que tu chantonnes ?" demanda le Prime d’une voix sérieuse.

"Non, je ne chantonne pas ! Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?"

Rodimus releva la tête vers Red Arlet. La femme Bot rouge était en train de regarder l’un des nombreux écrans de l’infirmerie, prenant note des données des nombreux diagrammes et graphiques qui s’y trouvaient. La scientifique était en train de se déhancher doucement sur une mélodie quelconque qu’elle fredonnait du bout des lèvres. Elle arrêta alors toutes activités et ses optiques bleues clignotèrent avant de s’éteindre. Rodimus se releva, attrapant la scientifique avant qu’elle ne s’écroule.

"Si, tu chantonnes. Tu sais bien que dès que tu es épuisée, tu te mets à chantonner. Ce que je trouve triste d’ailleurs, tu as une de ces voix…"

"Par la Matrice, tu ne voudrais pas te taire ?" répliqua la scientifique en se reconnectant, coupant le second Prime.

"Eh Rodimus, amène-là ici, qu’elle s’assoit un peu", grommela Ratchet. "Je vais en profiter pour l’ausculter. Mieux vaut prévenir que guérir."

"Mais je vais bien !" répliqua la femme Bot rouge. "Ce n’est qu’une baisse de batterie, ce n’est rien de bien méchant. J’ai connu bien pire."

"Mais oui c’est ça ! Comme si j’étais né de la dernière pluie de météorites", bougonna le vétéran. "Le premier Bot qui me convaincra qu’une baisse de batterie n’est pas aussi grave qu’un pneu crevé n’est pas encore sorti de l’All-spark, c’est moi qui vous le dis ! Alors viens vite poser ta carrosserie sur cette chaise que je te scanne. Arcee, apporte-moi la sonde qui se trouve sur mon bureau s’il te plait ? Je sens que celle-ci va être coriace et que je vais devoir faire un examen plus invasif."

"Tu sais ce qu’elle te dit la « celle-ci » Doc ?" répliqua Red Arlet en s’asseyant sur sa chaise, croisant les bras. "Et puis, il n’y a pas besoin de faire d’examen invasif, je vais bien !"

"Dis, tu n’aurais pas peur de la sonde par hasard ?" railla Ratchet. "Rodimus, essaye de la tenir par les épaules. Il va falloir qu’elle reste immobile."

"Je n’ai pas peur de la sonde ! Pour qui tu me prends ?! Je suis médecin, je sais comment ça marche," répliqua la scientifique.

La scientifique s’assit plus confortablement dans sa chaise, croisant les jambes. Rodimus se plaça derrière elle, mettant doucement ses mains sur ses épaules, lui caressant la nuque du bout du pouce. Red Arlet eut beaucoup de mal à cacher ses rougissements et sa petite moue surprise. Reprenant difficilement contenance, la femme Bot rouge eut envie d’étrangler la rose quand elle vint lui murmurer au communicateur d’une voix malicieuse.

"Je trouve ça absolument adorable. Vous avez exactement les mêmes goûts. Comme le disent les humains : « qui se ressemble, s’assemble ». Vous êtes vraiment faits pour être Conjux."

"Si tu ne veux pas retomber en stase, je te conseille de passer ton chemin et de désactiver ta boite vocale", répliqua Red Arlet. "Et Rodimus… Efface-moi tout de suite ce sourire de tes lèvres !"

"Je ne souris pas", rit nerveusement le robot rouge et orangé en se grattant la nuque, gêné.

"Je l’entends dans ta voix. Alors tu vas me faire le plaisir de l’effacer de tes lèvres. Ce n’est même pas une demande, je te l’ordonne !" grogna la femme Bot rouge en levant son index, intransigeante.

"Eh bien… On voit qui porte la carlingue dans votre couple", rit malicieusement Arcee en donnant la sonde à Ratchet.

"Tais-toi Arcee !" grommelèrent les deux médecins.

Les deux médecins se regardèrent alors avant d’éclater de rire. Un rire simple et complice de la part de la scientifique et un rire rauque, franc et presque paternel pour le vétéran. Arcee, aucunement offensée, s’assit sur le bureau du médecin de l’équipe P.R.I.M.E., les optiques remplies d’une lueur attendrie et maternelle. Rodimus, quant à lui, serra un peu plus fort les épaules de la femme Bot rouge. Ce qui conduit Red Arlet à doucement caresser, du bout des doigts, l’un des servos du second Prime. Le vétéran alluma la sonde.

L’instrument médical avait la forme d’un pic à glace, dont la base du pic en métal était entourée de trois fines plaques de métalliques semblables à des pétales de fleur. Le médecin mit l’instrument en face du visage de la scientifique. Une minuscule lumière brillait à la pointe de l’instrument, projetantun minuscule point blanc entres les optiques de la femme Bot rouge, juste sur l’arrête du système olfactif. Les fins pétales de métal se décrochèrent de la pointe pour se coller aux joues et au front de la scientifique. Un fin fil de fer chauffé à blanc sortit de la pointe de métal pour creuser doucement la peau de la scientifique, se connectant alors à son processeur.

"Voilà, c’est connecté. Bon, maintenant, Red Arlet, il faut que tu restes parfaitement immobile", expliqua Ratchet en programmant l’appareil avant de soupirer. "Pas la peine, elle s’est mise en recharge. Et une sonde de ce calibre ne marche que si le processeur interne du robot est pleinement en service. Bon ben, c’est parti pour la bonne vieille méthode...."

"J’espère que tu ne vas pas…" le coupa Rodimus d’une voix hargneuse.

"T’inquiète pas pour ta Conjux gamin, je ne vais pas ouvrir son compartiment matriciel. Je vais juste vérifier le niveau de son Energon, l’état de sa batterie et celui de ses servomoteurs. J’ai déjà ce qu’il faut avec l’étincelle que j’ai sous le servo, pourquoi j’irai voir ailleurs ?"

Une petite exclamation mêlée à un petit rire doux et gêné résonna dans la pièce. Si un sourire en coin apparut sur les lèvres de Ratchet, Rodimus regarda du coin de l’optique la femme Bot rose. Arcee avait le haut de ses joues recouvert d’un délicat violet et ses optiques scintillaient d’un éclat amoureux.

Le vétéran appuya sur la poitrine de la scientifique, qui s’ouvrit doucement, dévoilant ainsi son exosquelette et ses circuits vitaux. Trois petits câbles jaillirent du poignet du vétéran, ils allèrent se connecter à certaines puces, diodes et autres circuits de la femme Bot rouge. Malgré sa mise en recharge, Red Arlet trembla légèrement. Le vétéran prit note des Datas qu’il recevait avant de retirer ses câbles et de refermer le plus lentement possible les plaques de métal qui constituaient le pare-choc de la femme Bot rouge.

"Bon, il n’y a rien de vraiment grave. Sa batterie est complètement à plat, mais une stase d’un ou deux cycles solaires arrangera tout ça. Je suis plus inquiet pour son niveau d’huile, qui est assez bas. Et son Energon est plein d’impuretés. Je ne pense pas que consommer séparément ces deux éléments pourra la remettre rapidement en fonction. Rodimus, je te conseille de la surveiller pendant quelques temps", grommela le vétéran. "Arcee, est-ce que tu peux aller dans la réserve et préparer un cocktail de pétrole et d’Energon s’il te plait ? Et n’utilise pas les rations de survies que tu as cachées partout. Même si elles sont pures et ainsi donc plus puissantes que de l’Energon normal, ça n’améliorera pas sa condition. Dans cet état, cela pourrait même l’aggraver."

"L’aggraver ?!" cria presque Rodimus.

"Comment est-ce que tu sais que je…?"

"Je connais tout de toi Sweetspark. Tu n’as aucun secret pour moi", ricana le vétéran.

Arcee soupira avant d’avancer vers le médecin. La femme Bot rose posa ses servos sur les épaules du Mech, le forçant à se tourner vers elle pour la regarder. Elle posa alors durement ses lèvres contre celles du médecin. Bien qu’attendri, Rodimus tourna la tête, par respect envers le couple. Quand le robot rouge et orangé se retourna à nouveau, les deux robots se trouvaient encore l’un dans les bras de l’autre, se regardant amoureusement, un petit sourire entendu collé aux lèvres.

"Moi aussi je t’aime mon vieux bougon", ricana la femme Bot rose en papillonnant des optiques.

Ratchet déposa un nouveau petit baiser sur les bords des lèvres d’Arcee avant que celle-ci ne s’en aille de l’infirmerie en se dandinant, aguicheuse. Le vétéran la regarda partir avec un petit air rêveur caché derrière son visage ronchon et buté. Ratchet ricana un peu avant de se retourner. Rodimus le regardait d’un air entendu avec un petit sourire en coin, railleur. Voyant cela, le médecin toussa dans son poing et se racla la gorge, reprenant contenance. Il se dirigea vers Red Arlet, prit la femme Bot rouge dans ses servomoteurs avant de l’allonger doucement sur la table d’observation qui se trouvait au milieu de la salle. Il la recouvrit alors d’une couverture faite de fins fils de carbone.

"Voilà", soupira le médecin. "Au moins, elle pourra mieux recharger. Bon ce n’est pas aussi confortable qu’une couchette ou un caisson de stase, mais c’est mieux que d’être assis sur une chaise. Tu l’emmèneras dans une des salles de recharge dès qu’Arcee sera revenue."

"Hum hum, alooooorrrrrrs ? Toi et Arcee ?"

"Il n’y a rien !" répliqua le vétéran en devenant violet.

"Oh arrête ! Vous m’avez complètement oublié quand vous vous êtes embrassés", ricana le second Prime. "Mégatron aurait attaqué le vaisseau entièrement peint en rose tout en dansant les gigues traditionnelles des déserts de cuivre, tu ne l’aurais même pas remarqué."

"Est-ce que c’est la première fois que cela lui arrive, à Red Arlet ?" demanda Ratchet en grommelant et en mâchant ses mots. "Je veux dire, se mettre en recharge comme ça ?"

"On cherche à changer de sujet hein ?"

"Et vous alors ? Pourquoi vous vous cachez, Red Arlet et toi ?"

"Je… je ne vois pas de quoi tu parles ! J’ai montré aux autres l’objet humain. La revue, c’est ça ? Je leur ai fait part de ton hypothèse qu’on aurait d’une manière ou d’une autre remonté le temps."

"Qui c’est qui change de sujet maintenant ?" ricana Ratchet.

"Très drôle Doc !" répliqua Rodimus, le haut de ses joues devenant violettes.

 "Excusez-moi, docteur !" intervint une voix.

Les deux Mechs sursautèrent, tout en devenant encore plus violets. Quiconque passant dans la pièce aurait confondu le médecin et le second Prime avec des sculptures d’Energon à leur effigie. Le Bot qui venait de parler était Blurr. Le robot bleu avait ouvert la porte et passé la tête à travers l’ouverture.

"Comment va Optimus ? Je comprends tout à fait que vous vouliez que ce sujet reste secret et confidentiel, mais cela fait plusieurs cycles que l’on patiente et que l’on s’inquiète. On m’a donc envoyé aux nouvelles", expliqua Blurr. "Pourquoi vous êtes violets comme ça ?"

"Blurr tu…" commença à articuler Rodimus.

"J’ai mis Prime en stase pour le forcer à se reposer et j’ai réparé ses principaux circuits", grommela Ratchet. "Je vous l’ai déjà dit ! Je vous préviendrai s'il se passe quelque chose."

"Oui mais…"

"Dégage d’ici Blurr ! A moins que tu ne préfères que je t’y oblige moi-même à grand coup de pied dans le pare-choc arrière !" cria le vétéran d’une voix sombre.

"D’accord, d’accord ! C’est bon j’ai compris, je m’en vais !" hurla le robot bleu d’une voix effrayée en disparaissant. "Par Primus ! Quel grossier personnage !"

Ratchet ferma la porte derrière le robot bleu. Le médecin s’assit sur sa chaise en soupirant de soulagement. Le second Prime, quant à lui, s’adossa contre un mur, se laissant glisser avant de s’assoir au sol. Il souffla d’exaspération en passant sa main sur son visage. Il poussa alors un petit rire dépité.

"Bumblebee est insupportable, mais Blurr est mille fois pire", grommela Ratchet en posant sa tête sur son poing. "Les agents des services de renseignements, je vous jure ! Arcee n’était pas comme ça quand je l’ai rencontré."

"C’est pour cela que j’ai demandé à Optimus de faire un changement d’équipe pour quelques cycles solaires", rit Rodimus d’une voix fatiguée. "Déjà que ce Mech bleu est invivable avec tous ses principes et ses règles. Mets-le dans la même pièce qu’Ironhide, qui est son strict opposé, et tu peux être sûr que ce sera tout le temps la guerre. Me faire tirer dessus par Mégatron en personne serait plus agréable que de les séparer une fois de plus"

"Je vois ce que tu veux dire", soupira le médecin. "Bee et Bulk sont un peu dans le même genre, sauf qu’eux deux, ils sont sur la même longueur d’onde. Leur processeur aurait été fabriqué à partir des mêmes diodes et puces que cela ne m’étonnerait même pas."

Rodimus rit à la remarque de Ratchet. Elle était un peu cinglante, mais au fond, elle débordait d’affection pour les deux robots qui en étaient le sujet. Le médecin tourna la tête vers le second Prime, il appréciait beaucoup le robot rouge et orangé. Comme tout bon vétéran qu’il était, il représentait une certaine sagesse avec ce côté gros dur inébranlable qui cachait une incroyable bonté et un Spark vaillant. Pour Rodimus, Ratchet lui rappelait tellement Red Arlet. Un souvenir de la scientifique et du médecin discutant ensemble vient titiller la carte-mère du robot rouge et orangé. Rodimus serra le point. Est-ce que le vétéran savait ? Et Arcee ? Le robot rouge et orangé eut beaucoup de mal à se retenir de hurler. Pourquoi il avait promis à Perceptor de garder le secret ?! Rodimus se reconnecta à la réalité quand il sentit Ratchet le secouer doucement par les épaules. Il lui tendait une des tasses d’huile chaude qu’Arcee avait apportées quelques temps plus tôt. Rodimus l’attrapa, une expression de dégout collée sur son visage. Il eut du mal à avaler sa salive.

"Eh gamin, ça va ?"

"Oui ! Oui, tout va bien. Je suis juste épuisé", répondit Rodimus d’une petite voix. "On l’est tous."

"Oui je sais.", soupira Ratchet. "Tu as donc parlé de mon hypothèse au reste de l’équipe. Comment est-ce qu’ils ont réagi ?"

"Chacun à sa manière, Jazz est très spirituel, Arcee est plus suspicieuse et rationnelle. Les autres étaient surpris et Ironhide préfère recharger dans son coin", expliqua le second Prime en buvant difficilement son huile. "Par l’All-spark, cette huile est encore plus immonde une fois froide !"

"Bois-la d’un seul coup en désactivant tes systèmes gustatifs et olfactifs si c’est ça. T’es plus un Sparklin que je sache, alors tu avales sans faire de cirque ! Il faut que tu te remplisses un peu le réservoir", grogna le vétéran. "Est-ce que tu leur as parlé de l’autre partie du problème ?"

"On en a déjà beaucoup trop qui nous tombent sur le blindage. Et si on ajoute l’accident d’Optimus... Non, non ! On va laisser ce problème sous silence pendant encore quelques cycles. Nous allons juste réduire encore plus nos sorties. Nous ne sortirons dorénavant de cette grotte que si cela est réellement nécessaire et nous sortirons par équipe de deux, pas plus. Le seul problème, c’est que l’on devra vivre sur nos réserves, mais si nous nous y mettons tous ensemble, on pourra y arriver", répliqua Rodimus avant de boire d’un seul coup sa tasse d’huile.

"Je te trouve un peu trop optimiste sur ce coup là. Mais bon, comme tu es le second de Prime dans cette fuite et qu’il n’est pas opérationnel pour l’instant, on fera tout ce que tu nous diras."

Rodimus se mit à rire nerveusement avant de soupirer. Oui, c’était vrai. Il était le second d’Optimus… Un petit ‘bip’ sonnore résonna dans l’infirmerie. Ratchet se leva pour se diriger vers se qui semblait être une immense armoire faite de métal bleu dont les portes était recouverte de multiples boutons et de petits interrupteurs en tout genre. Le médecin appuya sur quelques boutons et baissa quelques interrupteurs, ouvrant ainsi l’armoire. Une étrange fumée semblable à de la vapeur d’eau en sortit, dévoilant petit à petit nul autre que l’armure vide d’Optimus Prime.

"C’est… C’est l’armure d’Optimus ?" bégaya Rodimus, choqué.

"Bravo gamin, c’est fou ce que tu peux avoir de l’optique !" répliqua Ratchet, sarcastique.

"Mais comment ?! Tu as bien dit à Blurr que tu avais mis Optimus dans un caisson de stase ! Alors pourquoi son armure…"

"Parce que j’ai sorti le protoform et l’exosquelette d’Optimus, bien entendu."

"Quoi ?! Mais, c’est… C’est impossible ! Comment as-tu réussi à faire cela sans le démembrer ?! Oh pitié ! Ne me dis pas que tu l’as démembré pour en arriver à ce résultat ?" paniqua le second Prime. "Est-ce que Alpha Trion est juste au courant de ce que tu as fait ?!"

"Eh, eh, eh, eh ! Calme-toi Rodimus ! Active ton système de refroidissement ou tu vas rentrer en surcharge", soupira le médecin d’une voix roque et fatigué. "Pour répondre à tes questions, non, je n’ai pas démembré Optimus. Si tu doutes de ce que je dis, efface la buée sur la vitre du caisson statique. Pour ce qui est d’Alpha Trion, il sait. Il m’a même aidé à sortir Optimus de son armure."

"Quoi ?! Mais… Comment ?! Comment est-ce que cela est possible ?! On ne peut pas… C’est juste… Comment as-tu réussi à faire cela sans mettre le Spark d’Optimus en danger ?! Je ne comprends tout simplement pas ! Cela dépasse toutes les limites de la logique Cybertronnienne !"

"Les limites sont faites pour être dépassées. Et je l’avoue, je ne suis pas mécontent d’être l’un des premiers. Peut-être même le seul robot de Cybertron à avoir découvert que l’on peut retirer un robot de son armure sans risque de démembrement", expliqua le vétéran d’une voix calme. "Bien entendu, cela ne va pas bien loin. J’en suis encore à l’étape que l’on pourrait appeler « théorie et prototype ». J’ai découvert qu’il était possible de faire ça quelques temps après que la gamine ait vidé toute l’énergie de la clef pour sa transformation. Quelques cycles solaires plus tard, l’un des membres de l’équipe est rentré en très mauvais état. Un si mauvais état que même avec mes compétences de médecin, je ne pouvais pas faire grand-chose. Si je réparais l’armure en premier, le métal utilisé aurait corrompu ses circuits et ses programmes internes. Si par contre, j’avais réparé l’exosquelette en premier, j’aurais encore plus cabossé et fragilisé la carlingue, ce qui m’aurait empêché de travailler correctement. J’ai donc…"

"Tu as donc séparé le robot de son armure pour pouvoir réparer les deux séparément sans que les réparations de l’un aggrave les autres éléments. Oui, je vois. Mais comment est-ce que tu as pu faire pour séparer un Bot de son armure sans faire aucun mal au protoform et à l’exosquelette ?" marmonna le second Prime en réfléchissant. "Et c’est quoi cette histoire de clef et de transformation ? Est-ce que vous auriez caché quelque chose au Haut conseil ?"

"Rien d’important !" grommela Ratchet. "Pour l’armure de Prime, regarde par toi-même. Tu vas vite comprendre. Moi, je vais observer son état. Le scan que j’ai lancé il y a quelque temps devrait être terminé. Et plus vite j’aurai les nouvelles Datas, plus vite je pourrai finir de le réparer."

Ratchet ce dirigea vers le caisson statique où était installé Optimus. Rodimus, pendant ce temps-là, regardait intentivement l’armure. Il y passa le bout des doigts, remarquant un minuscule sillon invisible à l’optique qui traversait le métal de l’armure.

"Tu as fendu l’armure d’Optimus avec de la limaille d’Energon chauffée à blanc. C’est tout simplement ingénieux ! Tu peux creuser le métal de l’armure sans endommager ce qu’il y a à l’intérieur, ensuite tu peux enlever le protoform sans risque",  bredouilla Rodimus sans voix. "Ensuite, pour refermer l’armure, tu n’as qu’à souder le tout. Ni vu, ni connu et cela n’aggrave aucunement l’état de la carlingue."

"Tu es plutôt callé en médecine, gamin, je suis étonné", dit Ratchet avec sincérité, mais avec une voix bougonne. "En même temps, quand on voit avec qui tu es lié…"

"Mais du simple Energon n’aurait pas supporté une telle chaleur", l’interrompit le second Prime en réfléchissant. "L’Energon orangé à la rigueur, mais je ne crois pas que…"

Rodimus arrêta de parler, il rattrapa de peu ce que venait de lui lancer Ratchet. Le second Prime tenait entre ses servos ce qui semblait être un morceau de métal. Semblable au premier abord à de l’acier, mais cela avait l’air beaucoup plus solide et surtout, extrêmement léger.

"C’est du Vibranium, enfin, c’est comme ça que les humains l’appellent. Quand on était à Détroit et que je devais réparer les membres de l’équipe, il arrivait parfois que je tombe à cours de métal. J’utilisais dans un premier temps ce que les humains appellent l’acier ou le plomb. Ca marchait assez bien et nos carlingues arrivaient à le supporer. Mais un jour, après un combat contre les Decepticons, j’ai remarqué un truc. Une espèce de moisissure se développaient autour des soudures. On ne le ressentait pas, mais à un moment ou un autre, on serait tombé en surchauffe. J’ai supposé que c’était parce que ce métal était beaucoup trop fragile et que cela créait une espèce d’émulation. C’est un miracle que l’on soit tombés sur cette bande d’humains super puissants menés par ce drôle de barbu à la hache. Lui et Optimus s’entendaient parfaitement bien ! Un soir, je les ai trouvés en train de se battre l’un contre de l’autre, un sourire aux lèvres ! C’était amical bien entendu, c’était un jeu. Ils se retrouvaient souvent pour s’amuser à leur manière", expliqua le vétéran dans un rire légèrement nostalgique. "On a fait un deal avec eux, on défendait Détroit, faisant de cette ville et de ses alentours notre territoire et on les aidait dès qu’on le pouvait. En échange, l’une des membres de leur équipe, une espèce de reine en costume noir, nous donnait le Vibranium. C’était donnant-donnant."

"Mais comment ce métal terrestre peut être accepté par notre carlingue ? Je veux dire, d’après ce que tu as dis, notre blindage a déjà eu beaucoup de mal à s’accommoder aux autres, pourquoi, il accepterait celui-ci ?"

"C’est ça qui est le plus marrant ! Tu sais… Oh et allez gamin, j’te pose une colle ! Le Vibranium n’est pas un métal terrestre normal de par sa fabrication. Ce simple morceau a été épuré de tous les composants qui le rendent si dangereux et corrosif au toucher humain. Ce qui est bizarre quand on sait que les descendants de ceux qui l’ont trouvé ont fini avec une infime particule dans leurs gènes. Mais bon, là n’est pas la question !" réfléchit le vétéran. "Ce que je te demande, c’est de me dire ce qui compose exactement ce métal."

"Ce qui compose ce métal ? Si tu me demande de quels composants ou particules est exactement constitué cet alliage, cela va bien au-delà de mes compétences."

"Croques-en un morceau."

"Je ne vais pas…" s’offusqua Rodimus.

"Bouffe-moi ce cailloux et ne me dérange plus", le coupa Ratchet d’une voix sévère mais calme. "J’ai un problème avec les Datas d’Optimus. Ce n’est surement qu’un bug dans les réglages du caisson statique, mais je dois me concentrer au maximum pour régler le problème."

 Rodimus regarda Ratchet en haussant des épaules.  Le vétéran avait l’air d’être sur les pistons. Enfin, plus que d’habitude. L’état général d’Optimus était-il aussi mauvais que ça ? Essayant d’apaiser un minimum l’inquiétude qui l’habitait, le second Prime reporta son attention sur ce qu’il tenait dans ça main. Le Vibranium… Drôle de nom pour un métal. La pierre difforme et argentée était presque aussi grosse que son servo. Il ria intérieurement en se disant que ce qu’il voyait comme un gros galet devait être comme un rocher pour un humain. Il le regarda dans tous les sens, l’exposant à la lumière. A première vue, ce vulgaire morceau de fer n’avait rien de bien exceptionnel. C’était juste un gros morceau de ferraille quelconque. Le robot rouge et orangé repensa alors à ce que lui avait dit le médecin quelques nano-clics plus tôt. Cette idée le dérangea autant qu’elle pouvait le dégouter Pourquoi un être de métal comme lui mangerait un morceau de ferraille ? Cela relevait presque du cannibalisme ! Enfin, dans ce cas là, ce serait surtout du cannibalisme au sens philosophique du terme, mais bon. Difficilement, Rodimus amena la pierre métallique à sa bouche et en croqua un morceau. Il mâcha avec beaucoup de mal. Ça craquait sous la dent et Rodimus détestait cette sensation. Il ne sut pas comment, mais après une bonne soixantaine de nano-clics de mâchage intempestif, Rodimus réussit à avaler ce qu’il avait dans la bouche. Et il ne s’attendait pas à ressentir cet effet. A peine avait-il avalé le morceau, que son exosquelette le traita pour l’intégrer à son protoform, provoquant une douce chaleur. Mais alors…

"Ce goût, c’est de l’Energon d’armement ! C’est de l’Energon bleu !" balbutia le second Prime de surprise. "Je comprends maintenant pourquoi notre armure supporte ce métal. Mais comment cet Energon est arrivé ici sur terre ?"

"Apparemment, il y a plusieurs milliers de cycles stellaires, une météorite gigantesque serait tombée sur terre. Va savoir comment elle est arrivée là, mais elle était entièrement composée d’Energon. Des humains se sont installés sur le lieu de l’impact et l’ont transformé en mine. Prime et moi, on a été invités à en visiter quelques galeries quand on était encore à Détroit", expliqua le vétéran d’une voix énervée. "Oh mais ce n’est pas vrai ! J’ai beau modifier les réglages ou changer le programme, je tombe toujours sur les mêmes résultats !"

"Tu a un problème avec le scan du caisson statique ?"

"Je ne sais pas du tout ce qui se passe ! Mais peu importe le programme que j’utilise, il y a toujours cette zone d’ombre qui apparait de nulle part", grogna le médecin en essayant de cacher l’inquiétude qui habitait sa voix.

"Une zone d’ombre ? Où ça ?" demanda le second Prime en se penchant au-dessus de l’épaule du vétéran, regardant lui aussi l’écran.

"Là, regarde", dit le vétéran en pointant l’écran du doigt.

Rodimus regarda attentivement l’écran avant d’être pris d’un sursaut. Il recula jusqu’à buter contre le bureau du médecin derrière lui. Surpris et inquiet, Ratchet se releva pour prendre Rodimus par les épaules, le secouant doucement. L’inquiétude du vétéran augmenta encore et encore, le second Prime ne semblait pas se reconnecter à la réalité. L’expression d’horreur et de colère ne quittait pas les traits du robot rouge et orangé. Il serrait les bords du bureau du médecin à s’en faire grincer et pratiquement désarticuler les mécanismes de ses mains. Ce fut son action suivante qui étonna et qui fit vraiment peur au vétéran.

Rodimus avait ouvert son torse et son compartiment à Spark avant d’enfoncer le servo de Ratchet à l’intérieur. La première réaction du médecin fut de devenir extrêmement violet et d’essayer de retirer sa main de l’étincelle du second Prime. Mais il ne réussit pas. Le robot rouge et orangé avait bloqué les articulations de son servomoteur, coinçant la main du vétéran dans son Spark. Ratchet savait qu’il ne devait pas faire cela de bonne joie. Un spark n’était pas quelque chose qui devait être touché et ce sous aucun prétexte. Cela qui apportait énormément de douleur à son porteur. Alors pourquoi Rodimus faisait-il cela ? Voyant l’immense souffrance qui était à présent collée aux traits de Rodimus, le médecin reprit doucement son calme, soufflant un grand coup pour reprendre contenance. Retrouvant sa sérénité, le vétéran ressentit alors quelque chose, là, juste sous ses doigts. Ratchet agita lentement sa main à l’intérieur de la boule de lumière. Là, au fond du compartiment, se trouvait quelque chose, une minuscule bosse. Ce n’était pas plus gros qu’une tête d’épingle, enfin... du point de vue d'un Transformer. Rodimus, ayant compris que Ratchet avait aperçu ce qu’il voulait lui montrer, retira la main du médecin de son Spark. Il essaya de calmer sa douleur en soufflant doucement. Il referma alors son compartiment matriciel et son torse.

"Qu’est-ce que c’était que ça ?" demanda Ratchet. "Ce qu’il y a dans ton compartiment à Spark, ce n’est absolument pas normal."

"Quand un robot atteint le rang de Prime", bégaya Rodimus en s’éloignant du caisson statique, "il ne gagne pas qu’un simple titre ou une arme forgée à partir de l’Energon qui coule dans son propre corps. Son étincelle gagne également beaucoup plus de puissance. Une puissance telle qu’un exosquelette de robot normal ne pourrait la supporter seul. Lors d’une opération à Spark ouvert, des médecins spécialisés nous implantent ceci dans le caisson de protection. J’ignore ce que c’est exactement, mais sans cela l’exosquelette d’un Prime imploserait sous l’afflux de puissance."

"Mais comment cela se fait-il que je ne me suis jamais aperçu de cet élément avant ?! J’ai fais des tas de scans sur Prime et je ne l’ai jamais remarqué ! En plus il a l’air d’aller pour le mieux de ce côté-là, il n’a pas de problème de puissance ou autre", répliqua Ratchet en grognant. "Enfin, à part son processeur. Il est vrai qu’il a l’air surchargé et pas loin de la surchauffe. Est-ce que cela est possible que cette ombre soit un inconvénient pouvant conduire à ce résultat ou c’est autre chose ?"

"Un scan normal ne peut pas percevoir cet élément mécanique quand celui-ci est en fonction et connecté à l’étincelle de son propriétaire. Seul un Prime peut savoir ce que peut être cet élément. De plus, il faut savoir exactement ce que c’est pour trouver précisément l’endroit où cet élément est implanté. Et j’ignore si cela peut provoquer quelque chose de particulier si on nous l’enlève sans aucune préparation au préalable", soupira Rodimus avant de serrer les dents, retenant difficilement son glapissement d’horreur.

 

0*0*0*0*0

 

"Allons, allons Optimus… Vieux frère. Veux-tu que je retire ce que tu sais à Rodimus ou que je promeuve tes chers amis sans qu’ils ne soient préparés, si tu vois ce que je veux dire ? Alors, à moins que tu me dises ce que je souhaite."

"Non… Je", balbutia le Prime dans un gémissement de douleur avant d’hurler. "Si tu pense que je vais te dire où il se trouve, tu peux te déprogrammer le processeur interne ! Et puis de toute manière, ce n’est qu’une légende ! Comment un Bot comme toi pourrait croire à un conte et aux comptines destinées aux Sparklins !"

"Mauvaise réponse !"

Le robot appuya sur une étrange télécommande. Optimus fut alors traversé par un étrange courant d’énergie qui semblait venir tout droit de son compartiment à Spark. Le robot rouge se mit à hurler de douleur. Les Optiques du Prime s’éteignirent. Il était paralysé.

 

0*0*0*0*0

 

Rodimus eut du mal à retenir le juron qui lui traversa la carte-mère. Il n’avait tout de même pas osé ?! Le second Prime courra jusqu’au caisson de Stase où était installé Optimus, bousculant le médecin au passage. Il essaya d’ouvrir de force la porte du caisson. La porte, renforcée par une serrure électronique, resta bloquée. Ratchet retira les mains du robot rouge et orangé du caisson.

"Ouvre le caisson ! Ouvre-le tout de suite !" ordonna Rodimus.

"Hors de question !" répliqua Ratchet. "Ce n’est pas un caisson statique normal ! Celui-ci est purement dédié aux soins et à la médecine ! L’ouvrir alors qu’il y a un robot en convalescence à l’intérieur peut être extrêmement dangereux !"

"Optimus peut l’encaisser !"

"Pas dans cet état !" expliqua le médecin. "Si tu ouvres le caisson, son exosquelette ne pourrais pas le supporter ! Si tu fais cela, cela pourrais le conduire à subir une opération à processeur ouvert ! Et je ne pense pas qu’il ait suffisamment de force pour encaisser une telle chirurgie ! Surtout quand on voit la surcharge qui agresse sa carte-mère !"

"C’est pour cela que je veux que tu ouvres le caisson ! Je dois absolument vérifier quelque chose !" grogna le second Prime. "Si c’est bien ce que je pense, ce que lui a fait Azuria est mille fois préférable que ce qu’il pourrait lui arriver ! Alors Ratchet, je t’ordonne en tant que ton actuel supérieur d’ouvrir ce caisson et de réveiller Optimus sur le champ !"

Le vétéran regarda le second Prime dans les optiques. Elles brillaient de colère, mais surtout, un éclat d’inquiétude y luisait encore plus fort. Ratchet soupira avant de pousser doucement le robot rouge et orangé. Il appuya sur plusieurs boutons, entrant un code informatique, déverrouillant alors le cadenas électronique. La porte du caisson statique s’ouvrit légèrement, laissant s’échapper un peu de buée aux volutes glacées. Rodimus allait soulever la porte quand Ratchet l’interrompit.

"Je ne te dis pas comment mon éthique de médecin en prend un coup", souffla le vétéran d’une voix lourde, très calme et fatiguée. "Normalement, je devrais te démonter le pare-choc pour t’empêcher de faire ça ! Mais bon, comme la santé de Prime n’a pas l’air de t’intéresser tant que ça. C’est à ce demander si on n’aurait pas emmené un clone du Magnus sans le savoir."

"Je te prierais de ranger cette insulte bien au fond de ta carte-mère et de l’effacer de tes données personnelles !" grogna le second Prime. "Je ne suis pas comme Sentinel !"

"Tu es sûr ? Car quand on voit comment tu agis", répliqua le vétéran.

"Repos, soldat !" grogna Rodimus.

"Tu te mets en mode Chef d’armée maintenant ? Comme par hasard ?!"

"Repos, soldat !" cracha le robot rouge et orangé.

"D’accord, d’accord ! Je m’en vais !" grogna Ratchet. "Je vais rester de l’autre côté de la porte juste au cas. Au fait, ne soit pas surpris, mais dans le caisson, j’ai dû plonger Prime dans un bain de Toxen. Je te le dis juste parce que, d’après Arlet, tu es phobique de cette Toxine."

"D’accord, déjà Primo, d’où connais-tu ma peur du Toxen ?! Secundo, pourquoi as-tu plongé Optimus dans cette saleté ?! Tu ne sais donc pas que c’est toxique ?!" hurla Rodimus. ''Et puis, j'ai peur de cet Energon, je ne le cache pas. Mais je n'en suis pas phobique !''

"Je sais déjà mieux que quiconque que c’est extrêmement toxique, pas besoin de pousser ton moteur à 250 kilomètres à l’heure dès le démarrage et de me crier dessus. J’ai fait la guerre, je te rappelle, et j’ai vu ce que cette crasse d’Energon corrompu peut faire. Les Decepticons me mitraillaient durant des cycles avec cette horreur quand j’étais sur le champ de bataille. Cela m’a causé énormément de cicatrices et la moitié des éléments mécaniques de mon stabilisateur gauche ont été gravement détériorés ! J’aurais beau faire tous les examens et les réparations que je souhaite, rien ne changera ça. Je me suis même fait remplacer la jambe, mais non. C’était toujours là, cela avait attaqué les jointures. Je ne peux rien faire d’autre. Sous risque que cela se propage dans toutes mes vieilles mécaniques et que cela attaque mon Spark, me désactivant définitivement sur le coup", soupira le vétéran dans un rire et un sourire triste. "A part observer et faire des contrôles réguliers, je peux rien faire d’autre. Les humains ont à peu près une maladie du même genre. Je crois qu’ils appellent ça « tumeur » ou « cancer », je ne sais plus."

"Je comprends, mais pourquoi l’avoir mis dedans alors ? Tu viens toi-même de dire que c’est extrêmement dangereux", demanda le second Prime après avoir retrouvé son calme.

"Tu ne  connais pas les nouvelles médecines alternatives ? Ta petite Arlet en est une des précurseurs pourtant", demanda le médecin. "C’est grâce à ses recherches que les scientifiques et les médecins de Cybertron ont remarqués qu’une fois que l’on enlève les molécules et les mauvaises toxines, le Toxen associé à l’inhalation de certains gaz peut servir à accélérer la guérison de blessures et de certains traumatismes physiques. A ton avis, comment tu as pu guérir aussi vite et te débarrasser de la rouille organique qui te recouvrait ?"

"Elle s’est servi de moi comme cobaye c’est ça ?"

"A entendre le ton dans ta voix, c’est à croire que ce n’est pas la première fois qu’elle se sert de toi pour ses expériences", répliqua Ratchet railleur.

"J’ai perdu le compte depuis longtemps", soupira Rodimus d’une voix épuisée. "J’aime Red Arlet, je l’adore, elle est celle qui fait briller mon Spark mille fois plus fort. Mais s’il existait un moyen de couper un lien Conjux, juste pour éviter de lui servir de cobaye, je le ferais sans hésiter."

"Oui ben désolé, quand on fait un lien Conjux, c’est pour la vie."

"Pas besoin de me le rappeler, merci."

Le vétéran rit doucement à la remarque du second Prime. Rodimus sourit doucement en réponse. Il ouvrit alors le caisson de soin. Contrairement aux autres qui permettaient à un robot de se recharger en position debout, ceux de soin étaient conçus comme d’énormes baignoires dont le font était tapissé par une matière douce, chaude et confortable. Optimus se trouvais là, allongé de tout son long, immergé dans une espèce de bouillie épaisse, vert clair et aux brillances rougeâtres. Seul son visage, dont la moitié était cachée par une espèce de masque à oxygène, apparaissait à la surface de l’étrange vase verdâtre.

Quand il vit l’étrange liquide vert, Rodimus recula de terreur. Il soufflait et hyper-ventilait de peur. Voyant cela, Ratchet s’approcha de lui, posant son servo sur son épaule, lui apportant ainsi un minimum de réconfort. Le vétéran ne savait pas ce qui avait provoqué cette phobie du Toxen chez le second Prime. Ratchet avait également remarqué que Red Arlet était souvent stressée et prise de tremblement quand elle manipulait cet agent toxique. Surtout quand cela venait de la femme Bot qui elle, devait être habituée à manipuler ce produit. Le médecin savait qu’il fallait être extrêmement prudent quand on le faisait, mais à ce point là ! Le médecin s’était plus d’une fois demandé pourquoi ce couple de robots en avait une telle peur, il n’était pas en droit d’en demander la raison. Il n’avait pas à les critiquer puisque lui aussi, il avait longtemps vécu dans la peur de cette saleté. Mais avec les avancées scientifiques et médicales, comment deux bots de leur calibre pouvaient encore être aussi effrayés ? Cela en était presque irrationnel, Ratchet essayait juste de comprendre. Enfin bon…

Ayant retrouvé son calme et maitrisé un tant soit peu sa peur, Rodimus s’approcha du caisson, regardant à l’intérieur. Il toucha la surface de ce drôle de liquide du bout des doigts avant de retirer précipitamment le servo. Il tremblait. Cette sensation… Son processeur lui tournait, cela faisait mal. Le robot rouge et orangé s’effondra, ses stabilisateurs ne supportaient plus le poids de son corps. Il fut rattrapé à temps par Ratchet, qui l’aida à s’assoir.

"Oulà ! Tout doux gamin, tout doux ! Fais attention et aide moi un peu, t’es plus lourd que tu en as l’air !" grogna Ratchet. "C’est du Toxen que l’on a épuré, mais ça reste quand même du Toxen !"

"Tu as pourtant dit que vous vous en serviez dans le domaine médical."

"Oui, mais il est n'efficace qu’AVEC l’inhalation de certains gaz ! Ou alors, il faut ne en utiliser que de très petites quantités. C’est toujours du poison après tout, et il ne faut jamais y toucher sans s’y être préalablement préparé", expliqua le médecin en regardant la main du second Prime avant de l’essuyer avec un étrange tissus. "Comment tu te sens ?"

"Je ne sais pas, je… Mon processeur, il tourne", gémit difficilement le robot rouge et orangé, la douleur se faisant entendre dans sa boite vocale.

Ratchet le secoua gentiment, obligeant Rodimus à se concentrer. Allumant le bout de son doigt, le médecin força le second Prime à ouvrir ses optiques. Le vétéran observa leur éclat. Il se dirigea alors vers une étrange machine qui avait la forme d’un entonnoir. Il appuya sur quelques boutons avant d’ouvrir une espèce de petite porte vitrée. Il en sortit alors un masque qui était relié à un tuyau d’acier transparent. Au travers, on commençait à voir qu’un drôle de gaz violet commençait à se répandre. Le vétéran approcha le masque du visage du second Prime. Equipé d’aimants, celui-ci se colla immédiatement à la peau métallique du robot rouge et orangé.

"Voilà, inhale-moi ça gamin, mais va doucement. J’ai programmé la machine pour qu’elle t’envoie assez de gaz pour quatre à cinq vrombissements de moteur, pas plus. C’est assez pour calmer la douleur et te redonner un bon coup de fouet", expliqua le médecin. "Pendant que tu retrouves tes forces, moi je vais vider le caisson de tout le Toxen qu’il contient, le remplir de liquide de lavage et stopper la machine à gaz. Avec ça, Prime ne sera pas totalement opérationnel, mais son processeur sera fonctionnel et il pourra répondre si on lui pose des questions."

Rodimus hocha la tête en réponse, inhalant le plus lentement possible le cocktail de gaz que lui avait préparés Ratchet. A chaque respiration, le Spark du robot rouge et orangé transformait le gaz en une énergie douce, faisant vrombir son moteur. Le second Prime redémarrait lentement et surement. Il regarda l’écran de la machine. Le cocktail était composé de 57% de Zyklon B, de 28% de Dichlore et de 15% de Cyanogène (1*). Un mélange explosif qui pouvait remettre l’organisme mécanique d’un cybertronien d’aplomb ou au contraire, complètement l’assommé et l’envoyer dans une lourde recharge qui s’accouplait à un gros bug matinal semblable à une grosse cuite causée par une consommation élevée d’Energon blanc (2*). Une pensée titilla le disque-dur du second Prime. Il se demanda comment ce qui pouvait être bon pour un robot comme lui pouvait être aussi toxique pour des organiques.

Ratchet, lui, était bien loin de cette pensée. Il débrancha la sortie de gaz qui alimentait le masque d’Optimus. Le médecin s’occupa finalement de vider le caisson de soin de tout le Toxen pour le remplacer par une solution liquide beige transparente et moussante. De la fumée s’envolait dans l’air, signe évident que le liquide devait être à une certaine température. Ayant retrouvé ses forces, Rodimus enleva le masque qui lui collait à la peau. Il secoua et remua toutes les parties de son corps mécanique. Il ne ressentait plus aucun des effets du Toxen. Il soupira bien heureux.

Un soupir que le second Prime regretta quand il vit le vétéran lui tendre un petit tube qui brillait d’un vert clair. Tremblant et suspicieux, Rodimus le saisit du bout des doigts. Ce n’était quand même pas ?!

"C’est une petite dose de Toxen. S’il arrive quelque chose à Prime, n’importe quoi, tu lui enfonces ça dans le Spark et tu m’appelles immédiatement. Cela stabilisera son état le temps que j’arrive et que je règle le problème", expliqua Ratchet avant de reprendre d’une voix extrêmement sombre. "Profites-en pour lui poser des questions sur son état et s’il sent un disfonctionnement quelconque au niveau du disque-dur. Avec les Datas que j’ai recueillies, le diagnostic que m’a livré le scan n’est pas bon du tout."

"Qu’est-ce que tu veux dire ?"

"Tel qu’il est maintenant, avec les signaux parasites que j’ai analysés, tout ce disfonctionnement interne. C’est à se demandé quand le disque-dur va précisément rentrer en surchauffe. Dans cet état, les premiers symptômes qui aurait déjà dus apparaitre… des hallucinations visuelles et auditives pouvant conduire à une espèce de dédoublement de la personnalité jusqu’à, non ! Je ne veux même pas y penser. Optimus ne pourrais même pas imaginer à une chose pareille. Un robot de sa trempe, lui qui est fait avec un tel blindage, ce serait impossible qu’il y pense juste un nano-clic !"

"Quoi ?! Qu’est-ce qui pourrait lui arriver ?!" demanda le second Prime en regardant Optimus qui ne s’était toujours pas réveillé.

"Rien, rien d’important t’inquiète", grogna le médecin, la mine sombre et serrant le point. "Au fait gamin, fait attention à ce tube de Toxen. Rappelle-toi que si tu dois l’utiliser, tu dois l’enfoncer dans son Spark rien d’autre ! Il faut en aucun cas qu’il le boive d’accord ?! Les conséquences en seraient absolument catastrophiques sinon !"

"Est-ce que tu me prends pour un idiot ?! Bien sûr que je ne le ferai pas…"

Rodimus tourna la tête vers Ratchet, le médecin avait disparu. Il avait quitté l’infirmerie et avait fermé la porte derrière lui. Pourquoi était-il partie comme ça et pourquoi lui avoir demandé de ne pas laisser Optimus boire le Toxen ? Est-ce qu’il le prenait pour un parfait incompétent ou un ignorant de première ? Certes, Rodimus ignorait que le Toxen servait maintenant dans le domaine médical Cybertronien, mais il savait que cette saleté avait été créée à l’origine pour être un poison extrêmement vorace et incontrôlable sans possibilité d’antidote. Une fois touché par cette horreur, un robot avait très peu de chance d’y survivre. Ceux qui avaient échappés à la mort se comptait sur les doigts d’une main et pourtant, ils ne s’en sortaient pas forcément indemnes. Et Ratchet faisait apparemment partit de cette poignée de survivant.

Rodimus ne laisserait jamais une chose pareille arriver. Surtout pas à Optimus. Même si il… Le second Prime serra le tube de Toxen entre ses servos, sentant le verre doucement se fissurer sous la pression.

"O-où est-ce que je suis ? Qu’est-ce qui s’est passé ?"

Le second Prime regarda à nouveau le caisson, Optimus essayait de se relever avec beaucoup de difficulté. Il avait posé ses mains et ses bras sur les bords du caisson statique, s’appuyant sur ses stabilisateurs. N’ayant pas suffisamment de force, le robot rouge glissa et s’écroula dans le liquide beige. Rodimus rattrapa le Prime juste à temps. Il l’aida doucement à se rassoir.

"Oh wow, wow, wow ! Doucement Ops, tu n’es pas encore totalement opérationnel !"

"Il s’est passé quoi ? Pourquoi je me sens aussi léger ?" demanda Optimus d’une voix fatiguée.

"Azuria t’as attaqué par erreur et tu étais tellement endommagé que Ratchet a été obligé de t’extraire de ton armure et d’utiliser un traitement de choc pour te soigner", expliqua Rodimus.

"Putain de bordel de merde ! Je l’avais complètement oublié", soupira le robot rouge.

"Putain de bordel de quoi ?!" demanda le robot rouge et orangé.

"C’est une insulte terrienne, laisse tomber."

"Une insulte… Optimus, tu sais parfaitement ce qu’il pense de cela."

"Arrête de suivre le totalitarisme de Sentinel. C’est bien pour ça que tu nous as suivis, non ?"

"C’est vrai, mais tu dois bien avouer qu’il a tout de même raison pour certaines choses et idées, non ? Il cherche à protéger Cybertron après tout."

"Au point de rejeté les autres peuples et d’isoler pratiquement la planète de tout le reste de l’univers ?" demanda Optimus en s’immergeant entièrement dans le liquide beige. "Est-ce que tu irais jusqu’à ces extrémités pour contenter ton égo comme il le fait ? Toi aussi tu méprise les humains et toutes les autres espèces qui sont différentes de la nôtre ?"

"Ben… Il doit bien y avoir un juste milieu. On doit bien pouvoir protéger notre planète tout en communiquant pacifiquement avec les organiques et les autres peuples. La meilleure chose à faire serait de préserver Cybertron tout en l’ouvrant aux autres cultures", réfléchit Rodimus. "Enfin ce j’en pense moi, chacun a ses propres idées."

Rodimus regarda Optimus. Le robot rouge regardait son corps, déplaçant chaque membre avec une extrême lenteur. Le liquide beige refroidissait et la mousse disparut doucement. Le liquide se transformait petit à petit en une espèce de gelée ambre, ralentissant considérablement chacun des mouvements du Prime. Rodimus s’adossa à sa chaise lassant sa tête tombée en arrière. Il monta à la hauteur du regard le petit tube de Toxen. Il le faisait tourner entre ses doigts, regardant son étrange brillance verte. Le robot rouge et orangé ferma ses optiques. Il détestait cette couleur.

Rodimus entendit alors un petit grognement. Machinalement, il se tourna vers Optimus. Le Prime était tendu, ses mains tremblaient. Une étrange lumière illuminait ses optiques et sa mâchoire était crispée et serrée. Il regardait le tube de Toxen. Le robot rouge poussa un autre grognement avant de tourner la tête en fermant ses optiques. Il avait l’air épuisé.

"Tu dois me prendre pour un minable n’est-ce pas ?"

"De quoi est-ce que tu parles ?"

"Va s’y, toi aussi tu peux rire de moi", murmura Optimus, l’eau assourdissant sa voix déjà bien faible. "Cela ne me fais plus rien maintenant."

"Attends, quoi ?"

"Rien, rien du tout."

Rodimus essaya de comprendre ce que voulait dire Optimus. Il n’était pas minable, pas du tout, au contraire ! Un silence gênant se répandit dans l’infirmerie.

"Orion…"

"Je ne porte plus ce nom Rod !" grogna Optimus.

"Ton dispositif, il faut qu’on en parle."

 

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Slipstream cligna des optiques, sa carte-mère redémarrant doucement. Ses senseurs auditifs se reconnectèrent plus vite que sa vision. La Seecker se frotta la tête essayant de faire passer la douleur. Ratchet utilisait seulement son rayon électromagnétique à des buts thérapeutiques c’est ça ? Et bien, l’ancienne Decepticon ne voyait pas ce qu’il y avait de thérapeutique là-dedans. Son disque-dur était parasité, elle sentait qu’une migraine allait venir la frapper en pleine tête avec une frappe militaire bien placée. Slipstream soupira et tourna la tête vers ses ailes. Elles étaient rayées. La femme Bot bleue et violette souffla d’agacement. Génial, elle venait tout juste de les vernir en plus.

Une voix et des rires gras de mech résonnaient dans la salle des couchettes où elle se trouvait. Une voix chantée et une voix bien grave et roque, génial, cela allait grandement arrangés ses maux de tête se dit-elle sarcastique. La Seecker se releva difficilement, s’asseyant sur sa couchette tout en frottant ses optiques du bout des doigts. Quand Slipstream vit les trois olibrius avec lesquels elle partageait la salle de couchette, elle se demanda clairement si les circuits de son processeur étaient parfaitement connectés entre eux.

Gribza était à moitié allongée sur une autre couchette, la partie supérieure de son corps tombant lamentablement vers le pas. Elle tapait des pieds sur le matelas, s’approchant inévitablement du bord. La Seecker la rattrapa juste à temps en la prenant dans son servo. Elle n’avait jamais réellement regardé la Minicon auparavant. Pas qu’elle ne s’intéressait pas à ce genre de détail, mais là, la Seecker essayait au maximum de cacher son rougissement et d’empêcher son étincelle de fondre. La petite poupée de métal était tout simplement trop… MIGNONNE ! Surtout que l’écran qui lui servait de visage avait entièrement tourné au violet aux nuances rosées et blanches. Ses yeux bleus s’étaient transformés en spirales qui tournaient sur elle-même. De sa bouche, s’élevait une petite voix aigüe.

"Hayate ! Ru-rune, ru-rune !" rit et bégaya Gribza complètement ailleurs. "Ru-rune pika, pika !"

« Ru-rune », « pika », « Hayate » ? Slipstream ne comprenait absolument rien à ce que la Minicon disait, mais elle luttait comme un diable pour ne pas craquer. L’excès de mignonnitude, sa seule et unique faiblesse secrète… La Seecker ne devait en aucun cas se mettre à serrer la poupée métallique dans ses bras et de se mettre à parler de sa voix de Sparklin gaga et niaise qui pourrait effrayer plus d’un robot ! Certes, elle ne faisait plus partie des Decepticons, mais elle avait quand même une image et une réputation à tenir.

Slipstream allait délicatement déposer Gribza sur une couchette quand elle fut poussée par quelque chose. Le choc lui fit lâcher la Minicon qui rencontra le sol la tête la première. Poussant l’injure Cybertronnienne la plus sale qu’elle connaissait, la Seecker se retourna pour saisir celui qui venait de la pousser par les épaules. Blurr ?! Le robot bleu avait un drôle de sourire, plus semblable à une grimace, collée au visage. Sa figure irradiait d’une étrange lumière blanche. Ce qui était bizarre, vu que la peau métallique du robot bleu était blanche. L’agent des renseignements se mit alors à rire de façon idiote avant de souffler un souffle chaud complètement nauséabond. Choquer par l’odeur, la Seecker lâcha le robot bleu, le laissant tomber par terre.

Slipstream retient difficilement son exclamation de dégout quand elle fut coupée par des rires gras. La Seecker se tourna vers la source des rires, découvrant par la même qui en était la source. Ironhide… Le robot orangé était assis contre une couchette, tenant une étrange bouteille à la main. L’odeur bien spécifique du liquide qu’elle contenait emplissait l’air. C’est alors que la femme Bot bleue et violette reconnu le design de la bouteille.

"C’est la flasque d’Energon blanc de Ratchet ça…" marmonna Slipstream suspicieuse. "Tu lui as volé n’est-ce pas ?"

Ironhide arrêta de rire. Le robot orangé tourna la tête vers la Seecker, lui faisant signe et lui disant de se taire à travers ses hoquets. Il essaya en vain de se justifier, mais ses mots se mélangeaient, formant des phrases complètement incompréhensibles. 

"Non, pas Ratchet, *hic* à moi !" babilla et hoqueta Ironhide, complètement ailleurs. "Suis tombé *hic* étoiles partout, partout *hic* vaisseau blanc, pluie dorée puis plus rien *hic* ! Voilà !"

"Hide, t’es complètement buggé !"

"Non *hic*, j’suis pas buggé !" répliqua le robot orangé. "Toi, complètement zarbi *hic* ! Explosion partout, partout *hic* ! J’trouvé ça dans secret ! Mais pas dire au Doc *hic* secret, secret, secret ! Sinon, vieux taper très fort ! Pourquoi t’as des communicateurs grands comme Trypticon là *hic* ?"

"Tu sais que l’on ne comprend rien à de ce que tu dis ?"

"Non ! Toi pas comprendre *hic* ! Toi pas parler Autobot *hic* !"

"On parle la même langue Débilobot. Même si je suis né sur Terre, je sais parler le Cybertronien tout aussi bien que toi", soupira la Seecker en arrachant la flasque des mains du fantassin. "Et donne-moi ça, tu en as déjà bien assez bu comme ça."

"Eh eeeeeeeehhhhhhh ! Non ! Non *hic* ! A moi, c’est à moi !"

"Cette flasque n’est pas à toi, mais à Ratchet. Il l’a caché sous le matelas de la couchette contre laquelle tu es assis. Ce vieux en boit une minuscule gorgé tous les soirs, je l’ai déjà vu faire", expliqua la femme Bot bleue et violette en prenant une grande gorgée du liquide contenu dans la bouteille. "De l’Energon Blanc cent pourcent renforcé et enrichit par des éclats de météorites cristallin ? Intéressant, notre cher vétéran a des goûts de luxe. Cela a dut lui couter cher."

"Eh, laisse ça *hic*! J’en veux encore *hic*!" babilla le robot orangé.

"Oups ! Excuse-moi, j’ai entièrement fini la bouteille", rit la femme Bot bleue et violette en jetant la flasque aux pieds de l’orangé.

"A plus Energon blanc *hic*", pleurnicha le fantassin.

"Il n’y a pas à dire, je suis vraiment une clone de Starscream. Sinon, je n’aurais surement pas supporté le taux d’énergie aussi élevée de cet Energon Blanc. Comme quoi les souvenirs que j’ai en permanence dans le processeur ne sont pas si faux que ça. Il avait vraiment l’habitude de se rendre à ces soirées guindées et de consommer ces plats et boissons aussi chics que chers avant qu’il ne devienne un Decepticon", marmonna tristement et mauvaisement la Seecker. "Les seules choses qui me différencient de ce con sont mon caractère, mes propres sentiments et les pouvoirs que j’ai développés par moi-même."

"Clone *hic* ? Pouvoirs *hic* ? Racontes quoi là *hic* ?"

Slipstream soupira. Quand Ironhide buvait, il n’avait clairement plus les optiques en face des trous et il ne faisait plus face à la réalité. Alors d’accord, dans ce cas, elle allait bien rire. Un mauvais petit sourire naquit sur les lèvres de la Seecker. La femme Bot regarda le fantassin avec un mauvais regard avant de disparaitre. Surprenant le robot orangé, Ironhide regarda autour de lui avant d’étouffer un cri de frayeur. Un bras robot venait de lui traverser le visage ! Louchant, le fantassin tourna finalement le regard sur sa droite. La Seecker se trouvait à ses côtés, assise sur la couchette. L’ancienne Decepticon retira son servomoteur en riant de la réaction du robot orangé. Le fantassin se mit à ramper, effrayé, se cachant sous une autre couchette, avant de toucher tous les bords de son armure. Vérifiant si elle n’avait pas été endommagée. La Seecker étouffa un nouveau rire. 

"T’inquiète pas, tu n’as rien. J’ai la capacité de me rendre invisible et intangible", expliqua Slipstream avec une once de fierté dans la voix. "Je peux aussi attribuer ces pouvoirs à tout objet, robot ou être vivant que je touche, mais c’est temporaire. La durée varie selon la forme, le poids et la grandeur de ce que je touche. Ce qui est pas mal pour ce qui touche à l’espionnage et autre."

"Encore un robot pour les renseignements, génial", soupira Ironhide.

"Tiens ? T’effrayer t’aurait aidé à débugger ?"

"La ferme !" bougonna le fantassin. "Et tu ne peux pas les faire taire, ils me brouillent le processeur."

"Oui, c’est ça. Et l’état de Blurr et de Gribza, tu l’expliques comment ?"

"La ferme ! Ferme un peu ta boite vocale et laisses-moi tranquille !" grogna Ironhide.

"Est-ce que tu leur as donné un peu de l’Energon blanc de Ratchet ?" demanda Slipstream.

"Bon ok, j’ai versé quelques gouttes d’Energon dans la tasse d’huile du bleu. Quant à la Minicon, juste sentir l’odeur de l’Energon l'a plongée dans cet état !" marmonna le fantassin. "Quand je me suis réveillé, j’ai vu qu’Arcee demandait au bleu de nous apporter de l’huile pour notre réveil. Je m’ennuyais alors quand il est arrivé, j’ai versé quelque goûtes dans on verre et je l’ai convaincu de boire avec moi. Je voulais juste rire, ok ? C’est bon, t’es contente ?"

A cet instant, Blurr tomba juste devant la couchette. Le robot bleu se tourna alors vers l’orangé, avant de lui caresser sensuellement le visage, l’appelant encore et encore "sexy-bot" tout en essayant en vain de l’embrasser goulument. Dégouté, le fantassin le repoussa autant que possible avant de sortir de sous la couchette qui lui servait de cachette. Voyant ça, Slipstream ne put s’empêcher d’éclater de rire.

"Tu ris à ça, sérieux ?" demanda le fantassin.

"Quoi ? C’est marrant de te voir complètement paniqué face à un robot qui essaye de t’embrasser."

"Ce n’est pas marrant ! C’est tout simplement dégueulasse !"

"Quoi ? T’aimes pas que je rie de ton malheur ?" demanda la Seecker d’une voix faussement triste. "Oh, pauvre chou, tu vas me faire pleurnicher."

"Ce n’est pas ça qui me dégoute. Ce qui me dégoute, c’est ce qu’il vient de faire", répliqua Ironhide en poussant Blurr du pied. "Sérieux, un mech qui est intéressé par l’autre côté de l’enjoliveur, ça ne devrait pas exister."

"Attends, je ne comprends plus rien là. De quoi est-ce que tu parles ?"

"Ben des Mechs qui tombent amoureux d’autres Mechs ! T’es d’accords avec moi, hein ? Ceux qui font ça ont vraiment un pet au processeur", expliqua le robot orangé le plus naturellement possible.

"Oh j’y crois pas. Par Primus, t’es Homoromaticophobe (3*)", soupira la femme Bot bleue et violette, chaque mot lui brulant la bouche comme un puissant acide.

"Oui et alors ? C’est quoi le problème ?! Non ! Attends, ne me dit pas que tu es une femme Bot qui aime les femmes Bot ! En même temps, à quoi pouvais-je m’attendre venant d’une ancienne Decepticon hein ?"

"Mais je ne te permets pas ! Et puis en quoi cela te dérangerait de savoir si je suis Homoromatic ou non ? J’ai bien le droit d’aimer qui je veux !"

"Ben désolé ma vieille ! Mais pour moi, ce genre de relation me dégoute profondément !" grogna Ironhide. "Une femme Bot doit finir avec un Mech et c’est tout !"

"Génial, on a un Exactomatic en puissance dans l’équipe", grogna Slipstream. "En plus, je suis sûr que tu es un macho de première ! Je plains celui ou celle qui se mettra en Conjux avec toi."

"Elle ! Et puis, en quoi ce que je te dis te gène hein ?!"

"Ce qui me gêne, c’est ta façon de programmer et d’organiser les Datas qui se trouvent dans ton processeur !" cracha Slipstream, dégoutée.

Une alarme résonna dans tout le vaisseau, coupant ainsi la dispute entre le fantassin et la Seecker. Accompagnant le son strident, une lumière rouge clignotait dans les couloirs et la grosse voix d’Oméga Supreme rebondissait de mur en mur.

"Alerte ! Alerte ! Le vaisseau est attaqué ! Alerte !"

"Le vaisseau est attaqué ? Mais par quoi ?" demanda Ironhide.

"Est-ce que des humains nous auraient trouvés ?" demanda Slipstream à son tour. "Eh Oméga ! Tu peux nous dire ce qu’il se passe ?!"

"Agent Blurr *hic* au rapport !" hurla le robot bleu en faisant le salut militaire avant de retomber par terre, un sourire idiot et bienheureux collé aux lèvres.

"Dame Azuria ?! Où se trouve-t-elle ?! Quelqu’un peut me dire où elle est ?!" hurla Gribza en se réveillant en sursaut avant de retomber dans une espèce d’inconscience.

Slipstream et Ironhide soupirèrent face à la bêtise du robot bleu et de la Minicon. Après un regard échangé, mettant ainsi une trêve à leur discussion, la Seecker attrapa la poupée métallique dans sa main, très vite suivit par le fantassin qui avait jeté nonchalamment l’agent des renseignements sur son épaule. Les robots quittèrent alors la salle de couchettes, suivant les indications qu’Oméga hurlait dans les haut-parleurs du vaisseau. 

 

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Tous les robots de l’équipe de fuyards se trouvaient dans la salle commune. Ils regardaient tous Optimus Prime. Le robot rouge hurlait et se tordait de douleur. Debout, au milieu de la salle, il était pratiquement plié en deux, les mains posées sur ses communicateurs. Son armure et son compartiment matriciel étaient ouvert. Le Spark du robot rouge pulsait étrangement, chacune de ses vibrations modifiaient la gravité autour du Prime. Les néons et les lumières clignotaient puis explosaient. L’électricité qui circulait dans le vaisseau sortait du sol, entourant le robot rouge comme un champ de force. Emporté par la gravité, Optimus flottait à présent au-dessus du sol, tournoyant dans les airs.

Les pinces de défense du vaisseau avaient été décrochées des murs et déformées à cause de la pression. Les caisses et les objets volaient dans tous les sens. Blackarachnia essayait d’attraper les plus dangereux dans ses toiles, les collants contre les murs. La femme Bot violette essayait aussi de s’accrocher, espérant ne pas être envoyée valdinguer aux quatre coins du vaisseau. Bulckhead protégeait Arcee et Red Arlet, leur servant de bouclier. Slipstream volait dans les airs, Bumblebee dans ses bras, remerciant son pouvoir de lui éviter de gros dommage. Le robot jaune, lui, remerciait la Seecker de le protéger entre chaque hurlement. Jazz et Ironhide utilisaient le couvercle d'une immense caisse de chargement pour protéger Blurr et Gribza. Ratchet, Alpha Trion et Rodimus, utilisant les aimants sous leurs pieds, essayaient en vain d’atteindre Optimus. Ils se servaient de leur bras comme unique moyen de protection.

 "Je suis heureux qu’Azuria soit encore en stase. Elle n’aurait pas supporté de telles radiations avec un niveau de batterie aussi bas", hurla Alpha Trion, d’une voix effroyablement calme, malgré la situation.

"Mais bordel ! Qu’est-ce que tu lui as fait pour qu’il se mette à faire ça ?!" hurla Ratchet à l’intention du second Prime. "Tu as essayé d’enfoncer le tube sans que rien ne se passe ou quoi ?!"

"J’en sais rien ! Je n’ai rien fais ! J’étais en train de lui parler de ton diagnostic ! Je lui ai aussi demandé ce qu’il lui était arrivé en prison ! Il a juste… commencé à agir comme ça", hurla Rodimus à son tour. "Je ne savais même pas qu'Ops pouvait dégager autant d’énergie, c’est dingue !"

"Je n’ai jamais vu un robot réagir de cette manière durant un interrogatoire", hurla le vieux sage. "Il a dût arriver quelque chose de vraiment particulier pour qu’il réagisse ainsi !"

"Ce n'était pas un interrogatoire ! Je lui ai parlé du dispositif !" avoua le second Prime en hurlant. "Je crois… Je pense qu'on lui a retiré de force !"

Un hurlement coupa les trois robots. Delta Azuria était brimbalée dans les airs. L’alarme ayant désactivé sa cellule de stase, la Shinobot s’était réveillée pour aller voir ce qu’il se passait. Arrivant dans la salle, elle avait été emportée dans les courants de gravité. Elle avait essayé de se servir de ses propulseurs, mais son niveau de batterie était tellement bas, qu’elle n’arrivait pas à les activés. Alpha Trion désactiva ses aimants avant de sauter dans les airs. Se servant des courants, il réussit à se propulser et à attraper la Shinobot dans ses servomoteurs. Tenant toujours Azuria contre lui, le vieux sage profita de son bras libre pour planter la lame de son fleuret dans un mur, le vieux sage essayait de ne pas se faire emporter.

"Il faut qu’on aide Prime !" hurla Azuria.

"On va essayer de faire quelque chose pour lui ! Mais pour l’instant, essaye de ne pas me lâcher", hurla Alpha Trion.

"Dans le champ de force, il…" hurla la Shinobot en montrant le Prime du doigt. "Optimus n’est pas seul ! Il y a quelqu’un avec lui !"

Alpha Trion tourna la tête vers la tempête d’énergie. Optimus voletait au-dessus du sol. Une étrange énergie semblait sortir de son Spark. S’allongeant presque lascivement sur le Prime, l’énergie prenait la forme d’une sublime femme Bot à l’armure blanche lunaire et aux optiques intégralement grises. Ses lèvres s’agitaient dans un langage silencieux. C’est à ce moment-là que tous les robots commencèrent à entendre cette étrange mélodie qui circulait dans l’air.

[Voir musique n°1 d’ambiance dans la description]

 

Here we are
Riding the sky
Painting the night with sun
You and I, mirrors of light
Twin flames of fire
Lit in another time and place

 

I knew your name
I knew your face
Your love and grace
Past and present now embrace
Worlds collide in inner space
Unstoppable, the songs we play

 

Les robots de l’équipe de fuyards essayaient de comprendre ce que disait cette chose. Mais le moindre mot prononcé leur parasitait le processeur. Même désactiver leurs communicateurs ne leur permettaient aucun répit. C’est comme si les mots apparaissaient d’eux-mêmes à l’intérieur de leur disque-dur. Ils luttaient tous comme ils pouvaient contre la douleur.

 

Burn that page for me
I cannot erase the time of sleep
I cannot be loved, so set me free
I cannot deliver your love
Or caress your soul so

 

Est-ce que c’était une déclaration d’amour ?! Toutes les femmes Bots de l’équipe de fuyard essayaient de comprendre le message, le violet aux joues. Les Mechs, quant à eux, essayaient soit de se protéger, soit de s’approcher du Prime pour arrêter le champ de force et d’énergie qui l’emprisonnait.

 

Turn that page for me
I cannot embrace the touch that you give
I cannot find solace in your words
I cannot deliver you your love
Or caress your soul

 

Age to age
I feel the call
Memory of future dreams
You and I, riding the sky
Keeping the fire bright
From another time and place

 

I know your name
I know your face
Your touch and grace
All of time cannot erase
What our hearts remember stays
Forever on a song we play

 

Ce message, ce n’était pas qu’une simple déclaration d’amour. C’était un appel à l’aide. Est-ce que c’était un message enregistré, se demandèrent les robots présents. Comment pouvait-il provenir de l’étincelle du Prime ? Et qui était cette femme Bot ? Bien qu’ayant l’air jeune, son empreinte énergétique semblait vielle de bien des milliers d’années avant la création de Cybertron.

 

Burn that page for me
I cannot erase the time of sleep
I cannot be loved, so set me free
I cannot deliver your love
Or caress your soul so

 

Turn that page for me
I cannot embrace the touch that you give
I cannot find solace in your words
I cannot deliver you your love
Or caress your soul

[Fin de musique d'ambiance]

 

La musique s’arrêta, ramenant lentement la gravité à la normale. Les robots retombèrent lentement et surement sur leurs pieds, les objets se stabilisèrent dans les airs avant de tomber dans un grand fracas. Slipstream, quant à elle, lâcha le plus naturellement du monde le pauvre Bumblebee qui s’écrasa au sol dans un gros « bong » sonore et complètement ridicule. La Seecker se contentait tout simplement de voler au-dessus du sol.

Ils regardèrent tous Optimus Prime. Le robot rouge avait arrêté de hurler. Gardant son calme, il observait cette forme d’énergie. La chaleur qu’elle dégageait était insupportable mais également agréable. Il avait l’impression que ses optiques grises le sondaient intégralement, le jugeant avec la plus grande gentillesse. Mais, curieusement, il n’y éprouvait aucune gêne. Cela rassurait même le Prime. Un flash traversa ses circuits sensoriels. Pourquoi cette chose lui semblait-elle tellement familière ? Quelque chose circula dans son Energon. Quelque chose d’extrêmement puissant et dévastateur, mais étrangement, c’était également apaisant. Il se sentait protégé.

La forme entoura le cou du Prime de ses bras, le serrant tendrement avec une force douce. En réponse, Optimus passa un servomoteur dans son dos et l’autre sous ses jambes. Il remit ses pieds à terre, la portant délicatement. Le champ de force électrique commençait doucement à disparaitre autour de lui. La forme d’énergie effleura la joue du robot rouge du bout de ses doigts, approchant son visage. Le Prime répondit à ce geste en opposant ses lèvres à celle de la forme, l’embrassant. Les robots autour du Prime, le regardèrent, surpris, violets à l’extrême. Est-ce qu’Optimus était vraiment en train d'embrasser ce truc ?! Dans un moment pareil ?! Les femmes Bot de l’équipe, tout comme les Mechs, ne savaient absolument pas quoi faire face à cette situation. Est-ce qu’ils devaient détourner le regard ou faire quelque chose pour séparer le robot de cette forme d’énergie inconnue ?

Le champ de force disparut complètement. La forme d’énergie s’évapora alors dans une nuée de petites lumières blanches. Optimus laissa ses bras retomber en regardant les étincelles lentement disparaitre. Il s’écroula alors au sol la tête la première après avoir refermé son torse et son compartiment matriciel. Les robots autour de lui ne pouvaient que le regarder en clignant des optiques, choqués et incrédules.

"Eh ben, il n’a pas mis longtemps à y aller", s’exclama une voix hautaine et haut perchée. "C’est parfait, je vais pouvoir retourner à White-Astral plus vite que je ne le pensais. Moins je resterai dans cet endroit mal famé, mieux je me porterai."

Tous les robots se mirent sur leurs gardes, sortant leurs armes. Chacun tournait sur lui-même, regardant partout à la recherche de la voix. Ce fut Blurr, entre deux hoquets et rires d’imbécile heureux, qui montra la source de la voix du bout du doigt. Assise lascivement sur le linteau d’une des portes du vaisseau, une étrange forme ailée les regardait. Elle buvait on ne sait quel liquide dans un gobelet argenté serti de dorures et de joyaux en tout genre. La remarquant enfin, tous les robots la visèrent de leurs armes. C’était une créature avec d’étranges ailes dans le dos. Sa peau était un élégant dégradé de couleur, allant du plus sombre au plus clair. Sa chevelure était d’un brun chocolat pimpant, méchée de délicat auburn sable. Elle était vêtue d’une étrange robe moulante qui épousait ses formes alléchantes.

"Vraiment ? Est-ce réellement ce que vous voulez ?" soupira la créature dépitée en voyant les robots se mettre en garde. "Je n’arrive pas à croire. Vous souhaitez que je m’abime les griffes, décidément ?"

La créature se mit debout, dévoilant ses jambes longues et musclées qui se terminaient par des pieds munis de griffes fines, mais néanmoins tranchantes. Une queue apparut derrière son dos. Elle se balançait au rythme de ses déhanchés sexy. La créature lécha ses lèvres rouges et pulpeuses du bout de la langue, provocante. Bien qu'elle eut l’air d’être organique, tous les Mechs présents dans la salle ne semblaient pas insensibles à son charme ravageur, ce qui déclencha une aura noire et meurtrière chez certaines femmes Bots. Les deux Mechs qui en étaient responsables déglutirent et tremblèrent de peur. Même les autres femmes Bots la regardaient d’une optique mauvaise et méfiante. Pourtant, bien que cela soit dur à avouer, chacune d'entre elle était subjuguée par une telle prestance. Cette créature était dotée d’une beauté qui aurait fait taire n’importe quel être vivant. Même les cicatrices qui parcouraient son corps et son visage n’arrivaient pas à assombrir une telle splendeur. Cela ne la rendait qu’encore plus attirante et inaccessible.

La créature lança alors son gobelet dans les airs. Un liquide rougeâtre s’en échappa, colorant momentanément le vide d’une peinture volatile et éphémère. Machinalement, les Autobots suivirent l’objet du regard. Le temps qu’ils se rendent compte de leur erreur, des grincements stridents de répandirent dans la salle et des objets tombèrent au sol. Les robots regardèrent leurs armes, effrayés. Soit elles avaient été coupées en tranches, soit elles avaient cessées de fonctionner.

"Ah génial ! Comme si je n’avais déjà pas assez de trucs à réparer !" rugit Ratchet, plus de désespoir et d’inquiétude que de colère.

Tous les robots tournèrent la tête vers la créature. Elle était debout sur la tête du pauvre Optimus, ses ailes posées sur ses épaules comme une cape. Elle regardait les griffes de sa main droite avec une petite moue déçue et agacée.

''Mes pauvres chéries'', pleurnicha la créature avec une petite moue. ''Je venais tout juste de terminer de vous aiguiser que je vous fais déjà du mal.''

''Elle est en train de consoler ses griffes ou je rêve ?!'' hurla le vétéran.

''Au fait, si vous souhaitez savoir comment je me nomme, le Maitre m'a donné le nom de Lùa'', répliqua la créature en se déhanchant, aguicheuse.

''On s'en fiche de ton nom ! Mais par Primus, boucle-là ! Il faut que je la fasse taire !''

"Oh la la, est-ce que sa voix ressemble en permanence à celle d’un porc qui râle durant l'accouplement ou c’est momentané ?"

Ratchet explosa complètement de rage face à la remarque de la créature, hurlant les pires insultes et injures Cybertronniennes qu’il connaissait. Rodimus, Alpha Trion, et Jazz essayaient en vain de le retenir pendant qu’Arcee essayait de le calmer. Bumblebee et Bulkhead avaient éclaté de rire, Slipstream essayait difficilement de retenir le sien. Les autres robots regardaient la scène, interloqués et hébétés. Et Blackarachnia regardait la drôle de créature, intéressée, un sourire railleur collé aux lèvres.

"Lâchez-moi ! Je vous ordonne de me lâcher !" rugit le médecin. "Je m’en fiche que la mission première des Autobots soit de défendre la vie, je vais faire une exception pour celle-ci !"

"Ratchet, Sweetspark, calme-toi", bégaya Arcee, gênée tout en essayant d'arborer un sourire calme.

"Sweetspark ? Est-ce que c’est un petit nom que vous vous échangez entres amants ? Pas étonnant, tout porc a sa truie", réfléchit la créature. "Ou devrais-je dire tout vieillard a sa Jézabel (4*) attitrée."

"D’où vous traitez ma compagne de Buymech (5*) ?" hurla Ratchet.

''Moi, une Buymech ?!''

Ce fut Arcee qui explosa cette fois, étonnant les autres robots. Elle qui était connue pour sa personnalité douce et compréhensive ainsi que son vocabulaire posé, venait carrément de se transformée en furie. Elle se débattait comme un beau diable en hurlant les pires insultes et injures Cybretroniennes connues. Face à de tels mots, les visages de Rodimus et Alpha Trion irradièrent d'un fort violet. La femme Bot rose fut retenue par Slipstream et Red Arlet.

''Quoi ?!'' hurlèrent Bumblebee et Bulkhead. ''Conjux ?! Ratchet et Arcee sont en Conjux ?!''

''Sérieusement ?! C'est maintenant que vous vous en rendez compte ?'' soupirèrent Jazz, Ironhide et Slipstream de concert.

Ratchet et Arcee ensemble ? C'est vrai qu'ils étaient à la fois contraires et complémentaires. Et là, le couple de robot se comportait exactement de la même façon. Et oui, comme le dit si bien le proverbe humain « qui se ressemble s’assemble ».

"Bulk… Tu crois que l’on devrait faire quelque chose ?" chuchota Bumblebee.

"Franchement j'en sais absolument rien ?" répliqua Bulkhead. "Tu as vu comment Ratchet et Arcee ont explosés. Moi je ne veux rien avoir à faire avec ça ?! Je veux pas me faire frapper ! C’est leur problème, pas le nôtre."

"Moi, je dis que l’on devrait les laissés continuer de s’énerver encore un peu", répliqua Blackarachnia dans un petit rire mauvais. "J’aime le style de cette petite créature. J’aimerai bien voir comment cela va finir."

"Pas étonnant que vous ne vouliez pas bouger vous deux. Jeune homme, c'est normal que vous soyez aussi gros ou vous êtes victime d'un maléfice pour ressembler à ça ?" marmonna la créature avec une voix de petite garce en regardant le robot vert avant de se tournée vers la violette. ''Et vous chère dame, vous vous êtes fait engrossée combien de fois pour avoir de telle formes ou alors, elles sont naturelles ?"

Ce fut au tour de Bulkhead et de Blackarachnia d'exploser. Le pauvre Bumblebee essayait de les retenir, appelant à l’aide. Cette créature passa ses griffes dans sa coiffure, faisant voler sa chevelure, fière d'elle. Elle créait le chaos dans le vaisseau, un petit sourire vicieux collé aux lèvres. Il fallait absolument mettre fin à cela d’une manière ou d’une autre. Tant pis, si son fleuret n’avait plus de lame, ce qu’il en restait serait bien suffisant pour l’effrayer et la forer à arrêter son petit manège.

Prenant bien en main le pommeau de son arme, Alpha Trion lâcha le médecin pour se jeter sur l’étrange créature. Aucunement impressionnée et n’éprouvant aucune frayeur, la créature ailée esquiva le vieux sage. Elle sauta haut dans les airs, évitant l’arme du vieux robot avec une extrême facilité. Elle atterrit finalement sur son épaule, s’accrochant à la corne qui se trouvait du côté gauche de son casque. Le vieux sage, tourna légèrement la tête vers la créature, l’observant prudemment du coin de l’optique. Un flash parcourra son processeur, l’image d’anciens vitraux et de gravures oubliées lui revenant en mémoire. Il balança la créature d’un coup de main, s’éloignant d’elle. Il tremblait et il avait peur. Ce qui surprit les autres Bots.

"Par Primus ! Dans quel monde avons-nous atterri ?! " grogna le vieux sage d’une voix tremblante et mal assurée. "Tu es… Tu es un disciple du démon !"

"Un quoi ?" demanda Bumblebee.

"Vous vous êtes regardé vous aussi ! Sachez que c’est cause de l’une des vôtres que j’ai été envoyée à White-Astral ! Même si je remercie le grand Maitre de m’avoir recueillie, je…" hurla la créature avant de se stopper, louchant sur chacun des robots qui l'entourait, réfléchissant. "Maintenant que j’y réfléchis, bien que le Maitre fasse partie des miens, il vous ressemble et partage beaucoup de vos caractéristiques."

Les robots regardaient la créature, étonnés et suspicieux. L’un des siens leur ressemblait et partageait leurs caractéristiques ? Dans quels sens exactement ? Des bruits de pas résonnèrent dans tout le vaisseau. Mais comment ? Tous les membres de l’équipe étaient présents dans la pièce, est-ce que des humains avaient envahi le vaisseau et qu’Oméga ne s’en était pas aperçu ? La créature réagit elle aussi au bruit de pas. Une mine choquée et prudente s’afficha sur ses traits, remplaçant son expression hautaine. Elle regarda le corps d’Optimus avant de tourner le regard vers le couloir d’où provenaient les pas. Elle attira l’attention d’Alpha Trion, l’obligeant à tourner la tête vers elle.

"Ecoutez-moi bien Vieillard, je n’ai plus le temps et le Maitre m’a envoyée ici pour vous transmettre ce message. Sachez juste que votre chef a été envoyé dans un endroit appelé Inertie. Il va y retrouver les autres. Vous, vous le reverrez dans peu de temps", chuchota rapidement la créature à l’intention du vieux sage. "Mais faites extrêmement attention ! Tant que le corps de votre chef ne débordera pas de magie, vous devrez veiller à ce qu’il ne lui arrive rien. Vous devez le protéger contre tout ! Méfiez-vous de celle qui arrive ! Ne l’écoutez pas et refusez ses offres ! Mais surtout, ne concluez aucun marché avec elle ! Essayez au maximum de l’empêcher de parler ! Laissez-la juste vous ouvrir le passage vers l’Onirisme, rien de plus. Vous devez également vous vous méfier de la larme noire ! Vous avez compris ?!"

"Qu-quoi ?! Mais de quoi parle-tu ?" bégaya Alpha Trion

"Avez-vous compris ce que j’ai dit ?!"

"Oui !"

La créature acquiesça. Prenant son élan, la créature ailée s’élança, plongeant à travers le sol. Elle le traversa sans efforts, ni problèmes comme si celui-ci était constitué de fumée ou de liquide. Les robots regardèrent le sol, complètement ahuris. Chacun se demandait ce qui venait exactement de se passer. Le premier à se reconnecté à la réalité fut Ratchet. Le Médecin se sépara de ceux qui le retenaient, se précipitant vers Optimus Prime, le scannant et l’analysant.

Les bruits de pas se rapprochèrent, dévoilant qui les produisait. Une femme Bot inconnue surgit dans la salle commune. Elle ne portait aucun signe d’appartenance. Elle n’était ni une Autobot, ni une Decepticon. Les robots la mirent en joue, avec ce qu’il restait de leurs armes, ils la surveillaient de très près. Ne s’inquiétant aucunement de ce qui se passait, elle se mit à regarder le sol d’un air incrédule et apeurée. Elle regarda alors le robot rouge qui était toujours à terre.

"Est-ce que je suis… ?" demanda-t-elle.

"Les gars…"

"Qui êtes-vous ?" demanda Jazz.

"Les gars !"

"Qui êtes-vous ? Et que venez-vous faire ici ?!" redemanda à son tour Rodimus.

"Les gars, on a un problème !" hurla Ratchet.

Le vétéran retourna lentement et avec précaution le Prime sur le dos. Les autres robots haussèrent un sourcil. Ils ne comprenaient pas. Est-ce qu’il y avait un problème avec Optimus ? Il avait l’air d’être fonctionnel. Il réagissait même aux stimulations que Ratchet provoquait et envoyait dans le processeur du robot rouge. Ils entendaient même son moteur vrombir. Alors qu’est-ce qui était en train de se passer ?!

Comprenant indirectement leurs interrogations, le médecin tapota doucement le torse métallique du robot rouge. Le pare-chocs et le compartiment à Spark du Prime s’ouvrirent lentement. Le compartiment était vide, l’étincelle avait disparu.

"Je ne comprends absolument rien ! Cela va bien au-delà de tout ce que je connais et de toutes mes compétences", bégaya Ratchet d’une voix tremblante et mal assurée. "Optimus n’a plus de Spark, mais pourtant tout son corps et son processeur sont parfaitement opérationnels !"

"J’en étais sûr…"

Les robots se retournèrent à nouveau vers la femme Bot inconnue, interloqués. Le seul robot qui la regardait avec méfiance était Alpha Trion.

"Savez-vous quelque chose à propos de l’état du commandant de notre équipe ?" demanda le vieux sage d’une voix sombre et suspicieuse.

"Oui", murmura la femme Bot d’une petite voix. "Et je suis arrivée trop tard. La créature qui vient de s’échapper, je la poursuis en vain depuis tellement longtemps pour tenter de l'arrêter. Je l’ai déjà vue faire. Elle a déjà fait de même avec l’esprit de mes compagnons et bon nombre d'autre d'êtres vivants. Et maintenant, elle vient de s'en prendre à celui de votre chef. Elle vient de l’emmener sous terre."

"Quoi ?!" hurlèrent les plus jeunes de l’équipe.

"Qu’est-ce que vous voulez dire ?!" demanda Azuria. "Que voulez-vous dire par « sous terre » ?"

"Elle l'a envoyé sous terre'', répliqua la femme Bot comme une évidence. ''C’est là que cette créature et les membres de son peuple retiennent les esprits de mes compagnons et de votre chef. J’ai trouvé le moyen d’accéder à leur monde et j’ai plusieurs fois réussi à ouvrir le portail qui y mène, mais je n’ai jamais pu y entrer."

Les robots se regardèrent, interrogatifs. Est-ce qu’ils devaient y croire ? Cela paraissait beaucoup trop gros pour être vrai. Voyant qu’ils ne la croyaient pas, la femme Bot fit briller ses servos d’une étrange lumière. Elle traça alors dans les airs une ligne lumineuse. Elle y engouffra ses mains avant de déchirer l’air. Une espèce de fenêtre montrant une sombre et menaçante forêt se dévoila devant les membres de l’équipe de fuyard. L’air semblait y être aspiré, comme pour être envoyé de l’autre côté. Les robots luttaient pour ne pas se faire emporter, remerciant les aimants qui se trouvaient sous leurs pieds.

"Je ne pouvais pas y aller car une fois que vous passez ce portail, il se referme derrière vous. Il ne s’ouvre que dans un sens, pas dans l’autre. A quoi bon vouloir aller chercher et aider mes amis si au final, on reste coincé en territoire ennemi ? Ils ne sont peut-être pas puissants individuellement. Leur apparence est même ridicule, mais leur dangerosité se voit multipliée de par leur nombre et leur travail d’équipe. Une fois qu’ils vous entourent et vous piègent, vous êtes finis. Vous n’avez aucune chance de vous en sortir", expliqua la femme Bot.

Tout cela n’était pas rassurant. Le vieux robot sentait qu’il n’était pas le seul à s’inquiéter. Les autres robots se regardaient les uns les autres, murmurant et discutant lentement en chuchotant. Chacun cherchait une solution. Alpha Trion, la mine sombre, se sépara du groupe, s’approchant de la femme Bot. Il voulait la confronter, cherchant un moyen de la piéger.

"Nous ne ferons rien, nous ne vous connaissons même pas", dit le vieux Sage d’une voix sombre.

"Je suis parfaitement consciente de cela. Mais je vous en supplie, vous êtes sa dernière chance'', pleura la femme Bot. "Est-ce vous laisseriez aussi la vie de votre chef aux mains de ces monstres ? J’ai des dons de guérisseuse, est-ce que vous avez des malades, des blessés ? En échange, je pourrais tout-à-fait…"

"Nous n’avons besoin de rien ! De plus, nous avons déjà deux formidables médecins dans l’équipage", grogna le vieux robot.

Le vieux sage déglutit. Ils ne connaissaient pas cette femme Bot et elle venait leur demander de l’aide. Qu’elle ne fasse partie d’aucun camp, cela était une chose. Mais elle se livrait, elle leur faisait confiance juste comme ça. Sans même se méfier un nano-clic. Elle ne s’inquiétait de rien. Est-ce qu’elle réfléchissait ? Ils pourraient être des Decepticons.

"Alors faisons un marché ! Durant mes recherches et les poursuites que j’ai menées après cette créature, j’ai récupéré un nombre gigantesque d’objets et d’outils. Je dois bien avoir quelque chose qui vous intéressera, j’en suis certaine. En échange, je vous demande juste de m’aider."

"Je vous l’ai dit ! Nous ne voulons…"

"Assez, Alpha Trion !" le coupa Rodimus.

[début de la Musique d’ambiance n°2, voir en description]

Alpha Trion regarda Rodimus, choqué. Il n’allait tout de même pas accepter quelque chose d’aussi idiot ! Le vieux Sage regarda le second Prime s’approcher de cette étrange femme Bot. Il était suivi par les autres membres de l’équipes de fuyard. Ils étaient tous rangés dans une ligne parfaite, presque militaire. Même Blurr et Gribza qui était encore buggée et dans l’inconscience s’étaient relevés pour rejoindre la ligne. Blukhead portait le corps d’Optimus Prime sur son épaule. Chacun d’entre eux avaient les optiques blanches. Ils étaient comme hypnotisés. Alpha Trion se prit soudainement la tête entre ses servos. Quelque chose cherchait à rentrer de force dans sa carte-mère. Cela lui faisait atrocement mal. Le vieux Sage tourna la tête vers la femme Bot. Un petit sourire mauvais était collé sur ses lèvres. Les optiques du vieux robot se brouillèrent. L’apparence de cette femme Bot glitchait.

C’était elle. Alpha Trion ne savait pas comment, mais elle brisait peu à peu ses barrières et pare-feu, s’insinuant peu à peu dans son processeur. Il essaya de lutter contre cette invasion. Il était comme plié en deux. Il hurla encore et encore. Il fallait qu'il trouve un moyen de la stopper. Ce n’était qu’une question de mental rien d’autre. Le vieux Sage tourna la tête vers ses compagnons. Chacun tremblait, serrait les dents et les points. Leurs optiques clignotaient. Ils luttaient pour reprendre le contrôle d’eux-mêmes et d’échapper à l’emprise qu’elle exerçait sur eux. Il éteignit un instant ses optiques, cherchant à se concentrer. Quelque chose changea alors autour de lui, il ne savait pas quoi mais cela le poussa à rallumer ses optiques. C'est là qu'il la vit.

Une organique s’approcha du vieux sage. Elle décolla du sol, volant à la hauteur de son visage. Alpha Trion l’analysa. Cette organique avait une peau verte, tournant légèrement vers le turquoise. Elle était vêtue d’une longue robe noire sans manches, sirène, moulante asymétrique et au décolleté extrêmement provoquant. Celui-ci démarrait aux épaules pour finir juste au-dessus de l’entre jambe. Elle portait une ceinture faite d’anneaux de couleur argentée. Sa poitrine était cachée par un fin body de couleur argentée, rappelant la ceinture. Sa longue chevelure rousse et bouclée descendait en cascade le long de son dos et sur ses épaules. Deux oreilles pointues passaient au-travers des bouclettes sauvages. Un diadème doré et extravagant terminait élégamment la tenue.

"Vous m’impressionnez, vous savez. Je connais très peu de créatures pouvant résister aussi longtemps à mes charmes et à mon hypnose. Du moins, sans que celle-ci ne perde tout simplement de la raison", rit l’organique d’une voix charmeuse.

"Vous… Vous n’arriverez à rien. Nous lutterons aussi longtemps que nous le pourrons. Nous ne vous obéirons jamais", grogna Alpha Trion.

"Vous le pensez vraiment. Vous savez, nous n’avons pas réellement besoin de vous en réalité. Nous voulons juste vos capacités et vos pouvoirs. Vous pouvez bien mourir cela ne nous dérangerait pas. Tant que vos cadavres restent fonctionnels, cela sera largement suffisant", expliqua l’organique en agitant la main, faisant apparaitre une silhouette lumineuse et un portrait au creux de sa main. "D’après ce que je peux observer de votre physique et du sien, vous êtes exactement de la même race. Mon époux souhaiterait que vous nous aidiez à nous débarrasser de cette créature."

"Nous, les Autobots, nous défendons la vie ! Nous sommes des protecteurs !" hurla le vieux robot. "Nous ne détruisons pas ! Nous ne sommes pas programmés pour cela !"

"Oh mais nous ne voulons pas que vous la tuiez. L’effacer de la réalité sera amplement suffisant", expliqua l’organique comme si c’était une évidence tout en caressant la joue du vieux Sage de sa main. "Si vous pouviez également effacer son peuple et mourir dans le processus cela nous arrangerait. Ne vous en faites pas pour vos corps. Une fois que l’on aura récupéré nos terres, nous jetterons vos cadavres à la mer. Ce n’est pas très écologique, mais…"

"Vous êtes complètement folle !" hurla Alpha Trion.

"C’est ce qu’ils disent tous", rit l’organique en appuyant sa main sur le front du vieux sage.

Alpha Trion hurla de douleur. Plus cette organique appuyait, plus les barrières de son programme informatique et son processeur se brisait. Il… Il allait perdre la raison. Avec les dernières forces qu’il lui restait, le vieux Sage réussit à attraper l’organique dans sa main, la serrant. Il ne voulait pas la tuer, il voulait juste resserrer suffisamment sa poigne pour lui faire perdre connaissance. Le vieux robot remarqua alors que qu’une fumée noire s’envolait de la peau de l’organique. Des croutes rouges se répandaient d’ailleurs sur tout son corps. Est-ce que son toucher la brulait ? Parfait ! Avec un peu de chance, il n’aurait même pas à la faire sombrer dans l’inconscience. Elle s’échapperait de sa main juste avant. Les traits de l’organique étaient déformés par la souffrance, mais ils resplendissaient néanmoins de courage.

Alpha Trion siffla intérieurement, impressionné. Il devait avouer que cette organique faisait preuve d’énormément de vaillance et d’audace. Bien que le vieux Sage soit un fin épéiste, il reconnaissait lui-même qu’il appréciait d’avantage les combats intellectuels, mentaux et moraux. Malgré sa souffrance, il ne put s’empêcher de sourire. Cela faisait des centaines de milliers de cycles stellaires qu’il n’avait pas trouvé d’adversaire à sa hauteur. Si la situation n’était pas aussi grave, cela aurait quelque chose… d’excitant et amusant. S’amusant également, l’organique répondit au sourire du vieux robot. Elle appuya une dernière fois, faisant passer les dernières énergies magiques qu’elle possédait dans son corps à travers sa main.

Un éclair traversa la salle, séparant les deux adversaires. Chacun s’écroula au sol, épuisé. L’organique fut la première à se réveiller, s’asseyant sur le sol. Tout son corps tremblait. Il lui faisait atrocement mal. Elle regarda sa peau rougeâtre, certaines parties étaient recouvertes de cloques purulentes. Elle avait été brûlée sévèrement et elle ne reprenait pas son apparence normale. Le fer dont étaient composées ces créatures n’était pas normal. Elle sourit, dépitée. Son mari lui avait demandé de rester en sécurité et de faire attention à elle, il n’allait pas être content quand il verrait le résultat.

L’organique vit du coin de l’œil le vieux robot se mettre à quatre pattes et se relever lentement. Elle sourit de toutes ses dents, fière d’elle. Elle avait gagné. Alpha Trion rejoignit la ligne avec les autres robots qui se trouvaient derrière le second Prime. Rodimus s’avança alors vers l’organique, s’agenouillant devant elle. Prenant sur elle et ignorant sa douleur, l’organique se mit debout face à ce géant de ferraille.

"Où se trouve cet endroit ? Comment s’appelle-t-il ?" demanda Rodimus.

"Cette terre se trouve, si on peut dire, au centre de cette planète. Environ une dizaine de kilomètres sous la croute terrestre. Je sais qu’il existe plusieurs moyens d’y accéder, mais ce passage est le seul que je connaisse et que je peux manipuler à ma guise", expliqua l’organique en montrant le portail de la main. "Et ses habitants lui donnent pour nom, Equestria."

[Fin musique d’ambiance]

Note de l'auteur

Musiques d'ambiance:

musique n°1 :

https://www.youtube.com/watch?v=vsi1ivi03sE&ab_channel=PizzaCat

musique n° 2 :

https://www.youtube.com/watch?v=QmCbR35gpx4&ab_channel=Cin%C3%A9MusicClub

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Lexique :

(1*) Le Zyclon B, le Dichlore et le Cyanogène sont des gaz extrêmement toxiques et mortels. J'ai fait quelques recherches sur des noms de gaz connus pour faire plus vrai, plus réaliste. J'avoue, j'ai pris ces trois gaz, car j'aimais bien leur nom et que je les trouvais facile à écrire. 

(2*) Dans l'univers que j'instaure, l'Energon est connu sous plusieurs couleurs, chacune ayant sa propre utilité. Même si j'en reparlerai plus tard dans l'histoire, autant vous dire toutes les couleurs signifient dès aujourd'hui. Oui, je sais, je suis une flemmarde de première T^T

- Rose/Violet : sert de principale source de nourriture (si on oublie que dans l'Univers instauré par Animated, les transformers peuvent se nourrir d'huile et de pétrole) aux transformers et de carburant pour les vaisseaux spatiaux et les portes stellaires. C'est aussi lui qui sert de sang et de salive aux Transformers.

- Bleu : celui-ci sert à tout ce qui touche à l'armement (épée, hache ou autre). Peut occasionnellement servir à réparer l'armure d'un Transformers en très mauvais état. Il peut être consommé comme nourriture, mais ce n'est pas conseillé.

- Orange : sert pour tout ce qui est munition pour arme de tir (arc, fusil, canon, pistolet...). Généralement, c'est l'arme elle-même qui produit ses projectiles. Pour une meilleure efficacité, un Transformers peut se servir de son propre energon pour créer de meilleurs projectiles, mais cela est très épuisant.

- Jaune/beige : Energon dédié au domaine médical.

- Rouge/marron : Aphrodisiaque (plus l'energon est foncé, plus l'effet est direct et puissant.) Je ne sais pas si je vais véritablement l'utiliser dans mon histoire. Peut-être si vous êtes sages. J'ai déjà en tête trois ou quatre petits couples TF/MLP avec lequel ce serait marrant d'utiliser ça 8) ;) ! Bon, allez, je vous aide. J'en ai déjà parlé d'un. Le second est TELLEMENT évident que si vous ne le trouvez pas maintenant, quand il sera officiellement montré, vous vous cognerez la tête contre les murs de votre chambre. Le Troisième : "qui se ressemble, s'assemble !" Surtout quand on est jeune XD ! (Les deux pervers du fond... -A-, il n'y a rien de pervers là-dedans, n'allez pas dans des délires ou je ne sais quoi !). Quant au quatrième... Oh... Moi-même, je galère encore à savoir comment je vais les mettre ensemble ! Mais, ils sont tellement MIGNONS que je suis juste obligée de les mettre ensemble ! Saurez-vous lesquels ?

- Toxen (vert foncé à clair) : c'est un Energon dit ''corrompu''. Les Decepticon s'en servaient comme poison et arme chimique durant la guerre. Seuls eux savent comment en fabriquer. Il n'existe aucun remède et très peu y survivent. Néanmoins, quand on enlève les principales toxines et mauvaises molécules, le Toxen (ayant pris une couleur plus claire) associé à certains gaz peut servir comme médicament. Plus le Toxen est foncé, plus l'effet de mort est immédiat.

- Noir (oui, je vais aussi en parler) : je ne vais pas dire ce que c'est, mais j'en ai déjà parlé dans mes précédents chapitres (pas celui-là, oui je suis gentille), saurez-vous le retrouver ? Les paris sont lancés !

- Blanc : clairement, c'est de l'alcool. Plus la blancheur est flashante et brillante, plus l'alcool est fort. On peut aussi l'agrémenter de petits éléments pour lui donner meilleur goût et en faire des grands crus. Bien sûr, il coute beaucoup plus cher. Avoir de l'Energon comme celui de Ratchet par exemple, préparer-vous à économiser pour environ les sept cent mille prochaines années juste pour avoir une bouteille de 500ml. En sachant que 500ml pour nous, cela équivaut à peine à une goute pour un Transformers... Mieux vaut le savourer à petites gorgées. Oops T^T Ironhide et Slipstream vont se faire tuer.... Ah non, juste Ironhide, Slip est trop maligne XD!

(3*) Bon alors... J'ai fait quelques recherches sur internet et j'ai trouvé comment, au sein de la communauté de fan Transformers, on nomme les types de relations amoureuses (bon par contre ce sont les termes anglais/américains. Si quelqu'un peu en donner une tradition vf, ça m'aiderait bien. Sinon, je garderai ces termes jusqu'à la fin.

- Biromantic = pansexuel/bisexuel

- Homoromatic = homosexuel

- Pour les relations hétéros, je n'ai pas trouvé réellement. Cela changeait d'un blog à l'autre. J'ai donc fait une espèce de mixe des deux termes que je retrouvais le plus souvent et ça a donné = Exactomatic

=> Pour tout ce qui homophobe... j'ai juste rajouté le terme "phobe" à la fin.

(4*) Je cherchais un terme ancien pour dire prostituée (en sachant que je trouvais le mot "prostituée" encore trop moderne). Je me suis alors souvenue de cet épisode de "La petite maison dans la prairie" (nostalgie bonjour). Dans un épisode où le personnage de Laura Ingalls (à moins que ce ne soit Marie, je ne sais plus) emménage dans un nouveau village et commence sa nouvelle vie en tant qu'institutrice d'école, elle est accueillie à bras ouverts par les autres habitants du village. Seule une petite vieille désapprouve son arrivée et commence à faire courir des rumeurs à son propos la faisant passer pour une Jézabel (en fait, une p*** en terme biblique). 

(5*) Si vous avez compris ce qu'est une Jézabel, vous comprendrez ce qu'est une Buymech.

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Bonjour ou bonsoir tout le monde, comment allez-vous :D?

Purée, je ne vous dis pas comment ce chapitre a été long et compliqué à écrire. J'ai dû le réécrire au moins trois ou quatre fois. J'avais même prévu qu'il soit cinq fois plus long à l'origine, mais je l'ai grandement réduit. Déjà, pour qu'il soit plus digeste et surtout parce que je révélais beaucoup trop de chose sur certains personnages que je souhaitais encore garder secrètes.

Ou alors, c'est que peut être j'aime bien vous faire mariner en fait.  Oui, c'est exactement ça ! Je suis méchante gniark gniark gniark XD!

Vous aurez aussi surement remarqué quelque chose au niveau du titre de ma fic et des chapitres. J'ai en effet ajouté le terme "ARC 1". Et c'est tout simple, c'est simplement parce que la fic que je prévois de faire va être suuuuuuuuuuuuuuuuuppppppppppppppppeeeeeeeeerrrrrrrrrrrrrrrrrrr loooooooooooooooonnnnnnnnnnngggggggggggggguuuuuuuuuueeeeeeeeeee ! Avec plusieurs millions de milliards de chapitre. Donc, pour que ce soit plus digeste pour vous et plus simple pour moi, j'ai décidé que chaque fic sera considéré comme une saison/ARC de ma fic en globalité. Un peu comme si chaque chapitre était un épisode d'une série télévisée.

Surtout que parfois, je ferais des one/two/three-shot qui pourront être considérés comme des hors-série ou des chapitres qui raconteront des événements que j'aurai plus ou moins mis sous silence dans ma fic en générale, alors... En plus, je trouvais que ce serait pas mal et marrant de faire ça. Vous pourrez même me lancer des petits défis qui mettrait en place les personnages de l'univers de ma fic pourquoi pas. Si les défis sont bons et drôles, je les ferai. Attendez au moins la fin du premier ARC, vous aurez au moins une grande partie des personnages de ma fic. Cela vous sera aussi beaucoup plus agréable.

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Bon, sinon, il est temps de passer à ma partie préférez de cette description : vos théories :D!

Qui écoute Azuria quand elle chante ? Pourquoi semble-t-elle avoir peur du laser électromagnétique de Ratchet ? Qu'est-il réellement arrivé à notre équipe de fuyards quand ils ont traversé la porte stellaire ? Qu'est-ce qu'ils y ont vu et entendu ? Quel est le second problème dont Rodimus ne leur a pas parlé ? Pourquoi Gribza dit que les Autobots reproduisent les mêmes erreurs du passé et qu'elles sont-elles ?

Qu'est-ce qui se passe exactement dans les souvenirs d'Azuria ? Pourquoi a-t-elle aussi peur d'être touchée ? Pourquoi son processeur est-il aussi chargé et pourquoi ne peut-elle y garder qu'un seul message à la fois pour chaque robot ? Qu'est-ce qui lie exactement la Shinobot à Prowl ? Qu'elle est leur relation exacte ? Pourquoi l'appelait-elle "Prupru" ? Pourquoi Jazz a-t-il ressenti les pulsations de Prowl et de Yokéton auprès d'Azuria ? Quelle est la troisième pulsation que Jazz a ressentie ? Qu'est-ce que Jazz ressent pour la Shinobot ? Qu'est-ce que Yokétron et sa Conjux ont pu faire à la Ninjabot alors qu'elle était encore qu'une Sparklin ?  Qui est donc la Conjux de Yokéton et où se trouve-t-elle ? Comment Azuria a-t-elle put récupérer les lunettes de Prowl ?

Quel est le lien qui unit exactement Alpha Trion à Azuria ? Pourquoi Alpha Trion a envoyé Azuria et Gribza en territoire Decepticon ? Qu'est-ce qu'elles devaient chercher et rapporter au vieux sage ? Pourquoi Yokétron voulait que le vieux Sage l'appelle Yuko ? D'où lui vient le surnom Fa ? Qui est donc ce nous dont parle Alpha Trion ? Qui est Castradora et en quoi Azuria lui ressemble autant ? Que veut dire le sage par "celle qui se cache au plus profond de son Spark" ? Pourquoi la laisser sur Cybertron l'aurait tuée ? En quoi Blackarachnia trouve qu'Azuria lui ressemble ?

Quel secret lie Ratchet, Arcee et Red Arlet ? Qu'est-ce que sait Rodimus et qu'est-ce que lui a fait promettre Perceptor ? D'où vient la phobie du Toxen du second Prime ? Quel est donc ce mystérieux dispositif que les Prime ont dans leur Spark ? Qu'est-il exactement arrivé à Optimus quand il était en prison ? Qui est le robot à la télécommande dans les souvenir de Rodimus et que cherche-t-il ? Pourquoi seul Optimus saurait où cela se trouve ?

Qu'est-il exactement arrivé à Optimus à la fin du chapitre ? Quelle est cette forme blanche qui lui est apparue ? Pourquoi est-ce que Prime l'a embrassée ? A-t-elle quelque chose à voir avec certains autres personnages ? Quels sont les messages de leur chanson ?

Qui est la créature qui est apparue au reste de l'équipe et qu'est-ce qu'elle est ? Qu'est-ce que White-Astral ? Pourquoi Alpha Trion l'a-t-il appelée "le disciple du démon" ? En quoi le Maitre de la créature peut ressembler et avoir la même capacité que les transformers alors qu'il semble être de la même espèce qu'elle ? Que vient-il faire dans cette histoire ? Qui est la larme noire ?

Qui est cette étrange femme Bot qui est apparue ? Qu'a-t-elle fait aux Autobots ? Est-ce qu'Alpha Trion est véritablement sous son contrôle ?

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Sinon, à part tout ça. Avez-vous repéré des clins d'œil ou des forshadowings possibles ?

Des indices ? Qui sont ces étranges personnages qui livraient du Vibranium aux Autobots quand ils étaient encore à Détroit ? Avec qui Optimus semblait-il s'entendre si bien ? De quoi parle Gribza ? N'hésitez pas à faire vos propres recherches ;) !

Mesdames et messieurs, chers lecteurs, à vos claviers, sortez-moi vos plus belles théories !

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Et sinon, la question à un million d'euros !

Quelqu'un veut des petits cristaux d'Energon frits de Red Arlet ? J'en ai plein dans le frigo et j'aimerai bien m'en déba... Les partager avec quelqu'un ! *kof* *kof*

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