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Chapitre 8 : Les défis

Shadow souffla, soulagé que tous ces cours qu’il trouvait si ennuyeux soient enfin terminés. Il s’était alors immédiatement dirigé en direction de la bibliothèque du lycée afin d’y faire des recherches. En quelques minutes, il avait rassemblé une quantité incroyable de divers ouvrages portant sur de nombreux sujets, cherchant à en savoir le plus possible sur ce monde qui lui était encore totalement inconnu. Au bout de quatre heures de recherches intensives, tout ce qu’il avait appris, c’était qu’aucune princesse ne régnait sur ce royaume et que la technologie était bien plus présente que dans le sien. Shadow en profita donc pour approfondir ses connaissances sur le sujet et en chercha plus sur leur histoire passée. Tout ça pour découvrir que les humains n’étaient que des barbares bons seulement à s’entretuer par simple cupidité, incapables de conserver leurs territoires plus de quelques années, ne pouvant rien faire sans outils, possédant une constitution des plus faibles et dont le passe-temps favori était de détruire tout ce qui leur passait entre les doigts.

« La bibliothèque fermera ses portes dans cinq minutes », fit une voix depuis un des interphones.

Shadow referma le livre qu’il était en train de consulter, puis entreprit de ranger la dizaine d’ouvrages qu’il avait entassés sur la table, soupirant pour la énième fois de cette pénible journée et continuant à penser que les humains étaient vraiment détestables. Lui-même avait l’intention de faire régner la souffrance, la désolation et la mort sur Equestria, mais ce ne serait que pour une douce vengeance sans la moindre cupidité. Puis au fond, ils allaient tous bien s’amuser ensemble, il avait minutieusement organisé les préparatifs de ce superbe spectacle depuis plus de mille ans après tout. Equestria deviendrait son plus beau chef d’œuvre, un tableau sur la toile qu’est son monde, peint avec le sang de ses ennemis. Les gens voyaient la vengeance comme brutale, mais Shadow préférait la considérer comme une sorte de jeu complexe, capable de se révéler extrêmement amusant à qui savait être suffisamment intelligent pour manipuler chaque pion du plateau de la vie. Après que le dernier avertisseur sonore de la bibliothèque eut résonné à travers la salle, Shadow termina enfin son rangement et quitta le lycée.

Dehors, le ciel assombri par nuit et à peine éclairé par une pleine lune indépendante offrait un spectacle que le jeune homme contempla quelques instants avant de finalement se lasser, trouvant que cet astre céleste était bien plus fade que celui que la princesse Luna faisait lever. Il recouvrit son visage à l’aide de sa capuche puis décida de visiter la ville, espérant trouver un endroit convenable où passer la nuit. L’air était froid et Shadow marchait d’un pas rapide à travers cette Ponyville, ignorant la plupart des passants qu’il croisait, mais parmi eux, il en repéra un en particulier dont l’une des poches était particulièrement gonflée. Le jeune homme, sournois, baissa la tête et regarda ses pieds tout en se rapprochant inexorablement de sa cible. Dix mètres… cinq mètres… deux mètres… un mètre… puis le choc frontal se produisit. Sous la violence du coup, Shadow se retrouva assis sur le trottoir. Il secoua vivement la tête et s’excusa platement.

« Pardonnez-moi, monsieur ! Je ne vous avais pas vu. »

L’homme ne lui répondit pas et se contenta de lui lancer un regard plein de dédain, le même que ceux qui avaient accompagné son enfance dans le royaume de cristal. Shadow ne supportait plus de voir les gens le détester avant d’avoir la moindre raison, même si bientôt ils en auraient une excellente. Ce ne serait toutefois plus jamais ce mépris, mais plutôt une délicieuse peur. Ce fut l’unique raison qui lui permit de conserver son calme et de ne pas tuer ce misérable insecte qui se croyait supérieur à lui. L’homme le contourna et disparut dans l’angle d’un carrefour, ce qui laissa à Shadow le loisir de se relever tranquillement, de dépoussiérer son manteau et d’apprécier sa prise. Entre ses mains se trouvait un bon gros portefeuille bien garni de nombreux billets et d’environ cinq cartes de crédit.

« J’ai de la chance apparemment. Heureusement que j’ai étudié l’économie en cours, je n’aurais jamais pu deviner que ces morceaux de papier pouvaient servir d’argent. Remplacer de l’or par des bouts de papier, ce monde est vraiment ridicule. »

Il fourra le portefeuille dans une des poches de son manteau et poursuivit son chemin à travers les sombres ruelles de la ville, mais la fatigue de ses longues heures d’efforts prit finalement le dessus et rendit ses jambes lourdes. Il venait de passer la plus longue journée de toute sa vie. À lui seul, il avait participé à un pique-nique avec les Éléments de l’Harmonie, à une négociation délicate avec la reine des changelings, à un cambriolage au château de la princesse Twilight, à un voyage dans une autre dimension, à une inscription dans un lycée, à une après-midi de cours, à quatre heures de recherches intensives sur un monde totalement étranger et pour couronner le tout, il ne savait toujours pas où il allait dormir. Cette journée avait vraiment été épuisante.

Une vive lumière, qui provenait d’une petite boutique à l’ambiance chaleureuse, attira son regard. De l’extérieur, on pouvait entendre les rires et les joyeuses discussions des étudiants profitants de la fin de leurs cours. Sur une petite pancarte, le jeune homme put lire le nom de la boutique : « Sugar Cube Corner ». Les gargouillis incessants de son ventre lui ordonnèrent d’entrer et de profiter de son nouvel argent. À l’instant où il franchit le pas de la porte, un air chaud lui caressa délicatement le visage et les délicieuses odeurs des sucreries pénétrèrent à l’intérieur de ses narines, l’accueillant avec plaisir dans la confiserie des Cakes, qui était toujours animée jusqu’à sa fermeture. Shadow ferma ses paupières, profitant pleinement de ce moment unique. Ce fut comme s'il revivait le souvenir d’une enfance imaginaire qu’il n’avait jamais pu espérer connaitre. Après trente bonnes secondes sans bouger, il se ressaisit finalement et se dirigea directement au comptoir où le sosie quasi-parfait de madame Cake attendait patiemment un nouveau client, le sourire aux lèvres.

« Que puis-je pour vous, jeune homme ? » lui demanda-t-elle gentiment.

Shadow observa attentivement chacune des nombreuses sucreries présentées derrière les impeccables vitrines de verres. Il n’avait eu que très rarement le plaisir de goûter à de succulentes confiseries et il en avait déjà l’eau à la bouche. Il opta finalement pour une quinzaine de macarons, dix fondants aux chocolats, sept petits framboisiers, cinq éclairs à la vanille et trois de ces grandes sucettes en spirale. Madame Cake, les yeux exorbités par un choix aussi impressionnant, le servit, posant sur le comptoir quatre boites de tailles et de couleurs différentes, ajoutant les sucettes par-dessus. Shadow paya ce qu’il devait et prit ses achats. Mais alors qu’il s’apprêtait à quitter la boutique, une insupportable voix suraiguë, qu’il serait capable de reconnaitre parmi des milliers, l’interpella.

« Eh, Shadi ! C’est génial que tu sois là. Viens nous rejoindre », proposa Pinkie Pie, surexcitée.

Celui-ci se retourna en direction de la voix et vit les nouveaux Éléments de l’Équilibre confortablement installées sur un canapé, leurs collations soigneusement entreposées sur une table face à elles. Pinkie, un gigantesque sourire qui partait d’une oreille pour finir à l’autre, lui faisait de grands signes de la main pour l’inviter à les rejoindre. D’un simple haussement d’épaules, il accepta l’invitation, après tout il devait s’en faire des amies. Il prit place à l’extrémité du fauteuil, juste aux côtés de Sunset Shimmer et de Rarity, assise sur le repose-dos. Pinkie salivait, les yeux pétillants et fixés sur les boites que Shadow venait de déposer sur la table. Celui-ci repéra une main rose qui ondulait discrètement sur la table, tel un serpent, se rapprochant dangereusement de ses gâteaux. Il la claqua d’un coup sec. Poussant un petit grognement, Pinkie la retira vivement, fit la moue, avant de lui adresser presque immédiatement un de ses plus éclatants sourires et de sortir un délicieux cookie de sa masse chevelue rose.

« Alors sucre d’orgue ? Comment as-tu trouvé ta première journée dans notre monde ? » demanda chaleureusement Applejack.

Shadow apprécia malgré lui la gentillesse de la fermière, mais décela une pointe de gêne dans sa voix, qu’elle avait cherché sans succès à lui dissimuler.

« Instructif », révéla-t-il simplement, ignorant le petit nom qu’elle lui avait donné.

« Rarity nous a raconté ton enfance », poursuivit Sunset Shimmer. « On voulait te dire que l’on était désolées de t’avoir jugé si vite. »

Shadow eut un petit sourire à cette annonce, enjoué de savoir qu’il n’était plus considéré comme une menace. Il lui adressa un regard ravi, alors que jusqu’à présent il s’était surtout concentré à ouvrir l’emballage complexe d’une de ses sucettes.

« Je suis désolé », avoua la diva. « J’espère que je n’ai pas commis d’indiscrétion. »

Shadow lui adressa son sourire le plus charmeur, secouant la tête pour la rassurer. Il finit par vaincre l’emballage et dégusta enfin sa friandise.

« Tu as un endroit où loger ? » s’inquiéta Fluttershy.

« Ça ira, je saurai me débrouiller, ne t’inquiète pas », lui assura Shadow.

Fluttershy baissa la tête, se cachant derrière un rideau de cheveux roses.

« Ça t’dit de passer la journée avec nous ? » demanda Applejack.

« Demain ? »

« Bah oui, idiot », rigola Pinkie, la bouche pleine de cookies. « Demain c’est samedi, on sera en week-end, alors avec les filles on va faire du shopping. Alors ? Tu viendras ? »

« Ce sera une bonne opportunité de mieux nous connaître », affirma Rarity. « Alors très cher, qu’est-ce que tu en penses ? »

Shadow réfléchit quelques instants à la question. Il avait prévu des tas de choses plus importantes que de faire semblant de devenir leur nouvel ami, pour cinq d’entre elles tout du moins. Ce fut donc pour cette dernière qu’il choisit d’accepter de les accompagner à leur sortie, à la grande joie de Pinkie qui bondit pour lui faire l’une de ses insupportables étreintes. Pressentant le danger, Shadow se releva en un éclair et esquiva les bras de la jeune fille qui ratèrent leur cible. Elle perdit son équilibre et se retrouva à plat ventre sur le carrelage de la boutique.

« T’excites pas trop ma grande. Je te rappelle que la dernière fois que tu as voulu me faire un de tes câlins, tu m’as presque tué. Alors je viens avec vous, si tu me promets de faire preuve d’un peu de retenue. »

« C’est super que tu aies choisi de venir, Shadi. On se retrouve ici demain, 10h00. »

Pinkie Pie reprit place sur le fauteuil, riant aux éclats, suivie de Shadow qui attendait que le danger soit écarté. Ils continuèrent à discuter de tout et de rien, ce qui donna au jeune homme l’envie de vomir, ne pouvant supporter la joie innocente chez les autres, et écourta le plus poliment possible sa présence à leur petite réunion d’amies superficielle. Il prit la main de Sunset et la baisa respectueusement, alors qu’il se contenta d’un simple mouvement de la main pour les autres, récupéra ses achats et quitta la confiserie sous les pouffements des cinq filles qui s’amusaient de la gêne de Sunset.

À l’extérieur, l’air était devenu encore plus froid que lorsqu’il était entré dans la boutique des Cake. Il ferma son manteau afin de conserver sa chaleur corporelle, regrettant sa fourrure si chaude, et accéléra le pas, cherchant activement un abri pour la nuit. Il avait beau avoir dit à Fluttershy qu’il saurait se débrouiller, la vérité était qu’il commençait sérieusement à en douter. Il s’apprêtait à retourner sur ses pas et lui demander si son offre tenait toujours, lorsqu’un hurlement de terreur retentit dans la nuit pour arriver jusqu'à lui. Ce simple cri réchauffa son sombre cœur et il accourut en direction de la provenance des hurlements, pour finir par arriver dans une sinistre ruelle. Devant lui, trois humains bien plus costauds et plus grands que Shadow lui tournaient le dos et le jeune homme pouvait les entendre ricaner cruellement. Le licorne pencha la tête sur le côté pour voir qui avait crié et apprécia sa découverte : trois filles qui paraissaient avoir environ le même âge que lui et qui possédaient chacune une beauté vraiment exceptionnelle. Un large sourire diabolique se forma progressivement sur son visage. Les sirènes ! Il les avait finalement trouvées, et cela, dès son premier jour dans ce monde. En plus il y avait du divertissement en perspective. L’excitation monta en lui, son sang se mit à bouillir, si bien que ses crocs remplacèrent ses dents et la véritable couleur de ses yeux réapparut.

« On ne vous a jamais dit que vous êtes bien trop repoussants pour approcher des demoiselles telles que ces splendides créatures ? » signala-t-il, d’une voix calme, presque amusée.

Les agresseurs se retournèrent, rendus furieux par l’insulte. Des chaînes et des couteaux en mains, ils lancèrent un regard assassin à Shadow.

« Dégage de là, gamin ! On va s’amuser avec elles et on ne veut pas de spectateur. »

« Alors voilà où ils voulaient en venir », se dit Shadow alors qu’il comprenait leurs écœurantes intentions, mais après tout ça ne l’étonnait pas vraiment vu ce qu’il avait appris des humains. Un éclair de fureur traversa son regard. Soigneusement, il déposa délicatement ses paquets à terre et balança son poing contre le mur de briques à sa droite. Le choc fut si violent que le mur s’ébranla et se lézarda.

« Vous voulez vous amuser, vous dites ? Ça tombe bien, bande de vers de terre méprisables. Moi aussi. »

Le sadisme dans sa voix remplit de terreur les trois humains et sans doute sa petite démonstration de force n’y était pas pour rien. Terrifiés, ils lâchèrent chacun à son tour leurs armes et firent un pas en arrière. Shadow passa sa langue sur ses lèvres, appréciant la délicieuse peur de ses futures victimes et s’approcha lentement d’eux.

« On va bien s’amuser, vous allez voir. »

Effrayés par sa nouvelle voix, ils firent volte-face et prirent leurs jambes à leurs cous, fuyant à toute vitesse. Mais sans comprendre comment, ils se sentirent tirés en arrière et se retrouvèrent sur le dos. Un lien noir reliait leurs poitrines à celle de Shadow.

« Vous voulez partir ? Et moi qui croyais que vous vouliez jouer ? Aller, debout ! »

À ces mots, les trois agresseurs se relevèrent tels des pantins désarticulés et se retrouvèrent juste devant le monstre.

« Nous allons vous expliquer les règles du jeu, tas de larves. Même des dégénérés de votre espèce pourront les comprendre. C’est simple : nous vous proposerons trois épreuves, chacun de vous pourra n’en relever qu’une seule. Si par le plus grand des hasards vous parvenez à gagner la moindre d’entre elles, nous mourrons et vous vivrez. Mais dans le cas contraire, vous ne serez plus qu’un souvenir. Compris ? »

Aucun d’eux ne répondit, paralysés par la peur qui agrippait leurs entrailles, ce qui décupla le plaisir de Shadow. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas pu jouer à l’un de ses jeux mortels, poussé à la cruauté à cause de celle des autres, durant son enfance par la faute de son nom.

« Bien, commençons. Le premier défi sera une énigme. Alors qui commence ? »

Une des proies ravala difficilement sa salive et s’avança d’un pas mal assuré.

« Voilà le cerveau de la bande ? Difficile à croire vu ta tête. Tu n’as pas l’air bien fini ! Mais bon vous n’êtes que des êtres inférieurs pour moi. Voici l’énigme : c’est un objet que l’on enfouit depuis des milliers d’années, pourtant lorsque l’on s’en sert personnellement, on ne s’en rend jamais compte. Tu as une minute pour trouver la réponse et une seule chance. »

Un air hagard remplaça la terreur et Shadow crut voir de la vapeur sortir de ses oreilles sous l’effort de la réflexion. Le jeune garçon surveillait soigneusement le temps s’écouler seconde après seconde sur sa précieuse montre à gousset et annonça les dix dernières secondes à voix haute.

« Dix, neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un… »

« Un lit, répondit précipitamment le garçon, désespéré par le manque de temps.

« Perdu. Quel dommage... Pour toi. »

L’humain se crispa, avant de s’effondrer comme une vulgaire poupée de chiffon.

« La bonne réponse, c’était un cercueil et tu vas en avoir besoin d’ici peu », dit-il en émettant un petit ricanement d’outre-tombe.

« Que lui as-tu fait, sale monstre ? Tu avais juré que si nous gagnions un seul de tes défis, nous serions tous saufs », dénonça le plus gras d’entre eux.

« Il paye seulement le prix de sa stupidité, mais comme promis, il s’en remettra si vous gagnez le jeu. D’ailleurs, après la réflexion, la force »

Il claqua des doigts, un cercle de flammes noires se dessina sur le sol et une table en bois tout aussi sombre en sortit. Sur deux de ses extrémités, des piques brûlantes s’y dressaient. Shadow posa son coude au centre de la table.

« Un bon vieux bras de fer. Tu tentes ta chance, le gros ? »

L’humain posa à son tour son coude sur la table, bien déterminé à le vaincre, agrippa la main de son adversaire et poussa de toutes ses forces dessus. De grosses gouttes de sueur perlaient sur son visage gras et immonde, alors que le bras de Shadow ne bougeait pas d’un seul millimètre. Celui-ci patienta quelques minutes avant de se lasser de le voir se débattre et plaqua la main de l’agresseur sur les piques. Le perdant poussa un horrible cri de souffrance, son sang gicla de sa blessure et son bras se retrouva déboité. Puis, comme son ami, il s’effondra.

« Et de deux ! Plus qu’un et la partie sera terminée pour vous. Voyons voir si tu auras plus de chance que les deux insectes qui te servaient d’amis. »

Il claqua des doigts une fois de plus et la table disparut comme elle était venue, puis il joignit ses mains l’une contre l’autre et lorsqu’il les écarta, un dé noir se trouvait dans l’une d’elles.

« Explication : Nous allons lancer ce dé chacun notre tour. Pour gagner tu dois obtenir un score égal, ou inférieur au mien. Maintenant, jouons. »

Le dé sauta de tous les côtés, faisant sursauter le cœur de l’humain à chaque rebond, pour finalement tourner comme une toupie. L’agresseur se pencha pour mieux voir le petit cube tournoyer sur lui-même avant de s’arrêter.

« Ah, ah, six, j’ai gagné », rit l’humain, soulagé d’échapper à une triste fin. « Tu vas mourir et moi et mes amis allons-nous venger sur ces filles. »

Il désigna les trois sirènes qui étaient restées silencieuses, observant le spectacle.

« Possible, mais les règles sont claires, tu dois lancer le dé. »

Furieux, il prit le dé que Shadow lui tendait et le lança sur son adversaire qui ne chercha même pas à l’esquiver. Il resta impassible lorsqu’il le reçut au milieu du front et le laissa tomber à terre.

« Voilà, j’ai gagné, alors meurt. »

Shadow baissa la tête pour voir le résultat et son sourire sanguinaire s’élargit plus encore.

« Ooooh, tu n’as vraiment pas de chance, vermine. Nous avons gagné. »

« Quoi ? C’est impossible ! »

À son tour, il baissa la tête et se pétrifia devant ce qu’il vit. Le dé s’était fendu en deux en plein milieu et deux faces étaient à présent visibles.

« Six et un ? Mais ça fait sept ? Ça veut dire que j’ai… », Il ne put terminer sa phrase.

« Ravi de constater que tu sais compter. Et ça veut bien dire que c’est fini pour toi et tes amis. Votre laideur ne viendra plus nous déranger »

L’agresseur s’effondra. Les liens qui s’étaient plantés dans leurs poitrines en sortirent, emportant avec eux des masses vaporeuses verdâtres qui s’engouffrèrent dans la bouche hérissée de crocs de Shadow. Il mâcha un peu avant d’avaler et tira une grimace de dégoût.

« Beurk. Ces âmes sont vraiment écœurantes. En même temps je ne m’attendais pas à grand-chose de leur part, mais là c’est vraiment immonde », déclara-t-il de sa véritable voix.

Il s’intéressa alors aux trois demoiselles en détresse qu’il venait de sauver. Ignorant les corps inertes qui gisaient sur le sol, les yeux vitreux, sans vie, il posa sa main droite sur son cœur, et s’inclina devant elles.

« Shadow Sombra, pour vous servir et vous sauver, mes demoiselles.

« Nous aurions pu nous débrouiller toute seules. Nous n’avions pas besoin de ton aide », affirma Adagio, en lui tournant le dos et partant accompagnée d’Aria et Sonata.

« Mais je ne parlais pas de ces trois misérables pouilleux », révéla-t-il d’une voix mielleuse en fouillant dans son sac. « Je voulais dire : vous sauver de ce monde pathétique. »

Les trois sirènes réagirent au quart de tour, elles se retournèrent, sur le point de lui demander des explications, mais restèrent muettes face aux trois bijoux écarlates qu’il leur tendait.

« Je crois savoir que ceci vous appartient. Je les ai repris à la princesse Twilight qui vous les avait volés. Ils étaient en miettes, mais un peu de magie noire et ce fut réglé en un tour de sabot. »

Elles les récupérèrent, encore sous le choc de l’émotion, et avec une immense gratitude, les rattachèrent autour de leurs délicats cous. Elles sentirent toute leur puissance et leurs pouvoirs se déverser en elles tels des flots déchaînés.

« Alors ? Que diriez-vous de régner à mes côtés sur Equestria ? »

Les trois sirènes s’agenouillèrent devant lui.

« Nous somme à votre service, maitre. Pour vous remercier de nous les avoir rendus, nous exécuterons chacun de vos ordres, déclarèrent-elles en chœur.

« Parfait. En voilà une délicieuse nouvelle. »

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