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Chapitre XII Les portes de la Lune

Col de la Lune, entrée des la vallée de Syyanastaclan

 

La citadelle des portes de la Lune se dressait au travers du col, gardant la route vers la capitale de l’empire des quatres quartiers telle une sentinelle minérale. Chacun des moellons de pierre qui constituaient ces murs étaient uniques et parfaitement ajustés avec ses voisins. La paroie de mur présentée à la face du monde était lisse et régulière ; chaque jointure était parfaite, sans aucun jeu ni trace de mortier entre les arêtes irrégulières. La muraille dépassait les douze à quinze mètres de haut. Ses premiers éléments, ceux au niveau du sol, avaient la taille d’un gros percheron, puis, plus on montait, plus leur volume diminuait, finalement les derniers jaugeait le calibre d’un melon d’eau. Il se dégageait de l’ensemble une impression à la fois de chaos organisé et de magnificence orgueilleuse. La bâtisse était immense, elle se présentait sous la forme d’une muraille qui barrait en ligne droite l'entièreté du col, s'appuyant sur les éléments du relief. Des tours et bastions la renforçaient à interval régulier. Il y avait au centre de ce dispositif une forteresse rectangulaire, succession de mâchicoulis et de terrasses en encorbellement, rehaussée d’un impressionnant donjon qui complétaient l’ouvrage défensif. 

Ces fortifications étaient dignes des plus magnifiques kark du temps des chevaliers, mais complètement obselettes face aux canons : la poudre noir avait rendu ces protections inutiles, quelques jours de bombardements suffiraient à les abattre, enfin normalement. Dans ce pays de sorcellerie rien n’était normal. Le tonnerre de l’artillerie roulait sans discontinuer depuis plusieurs heures, les six pièces de bronze importées d’Europe à grand frais donnaient de toutes leur voix. Hélas sans grand succès. Chaque boulet venait s'écraser sur de l’aura aux reflets violacés entourant l’enceintes. La magie des prêtres licornes empêchait les canons de faire leur office. La barrière restait parfaite : sans fêlure ni brisure, s’est tout juste si elle pâlissait légèrement en vibrant tel un carillon à chaque impact. Les artilleurs faisaient mouche à chaque fois : manquer un bâtiment de cette taille il fallait le vouloir. Déjà trois jours de bombardement continu et toujours rien. Les munitions, mais surtout la poudre, allaient finir par manquer.

Le Capitán Albatriso se devait de garder sa patience devant la troupe, pourtant cette vertue cardinale était mise à rude épreuve. Ces foutus animaux avaient de la ressource, en principe leur immonde sorcellerie aurait dû être épuisée depuis longtemps, la simple présence de l’armée de conquistador sous leur murs aurait dû annuler cette foutue magie de l’amitié. Les plus insensibles et sanguinaires de ses hommes étaient positionnés en première ligne, le Capitán y avait veillé. En temps normal autant d’hommes déterminés, des tueurs sans pitié ni considérations pour ces bêtes, dissiperaient ce bouclier.

Hélas, la permanence de cette barrière confirmait les retours des espions de l’espagnol. La magie du sang était à présent au point. De ce qu’en disaient ces rapports, cette sorcellerie restait encore une science nouvelle pour ses adversaires : elle était considérée comme peu fiable et capricieuse. Les prêtres devaient alimenter leurs rituels impis de façon régulière. 

C’était ce qu’Albatriso observait actuellement à la lunette, les licornes ne lésinaient pas sur la quantité des sacrifices. Ânes, zèbres, griffons et même poney mais que des terrestres. Une grande pierre d’autel avait été dressée au sommet du donjon de la forteresse sur une terrasse de bois surplombant la cour. Chaque sacrifié était proprement éventré avec une de leur lame de cristal avant que le cœur encore palpitant du malheureux ne lui soit arraché. Le sang vermillon dégoulinait de la massive tour centrale, refusant de coaguler. Même d’ici l’odeur âcre et ferreuse de toute cette hémoglobine était incommodante pour le Capitán. Les derniers spasmes du sacrifié agitaient encore son cadavre qu’il était poussé par-dessus le parapet alors que son cœur toujours battant était jeté dans un immense brasero de bronze finement ciselé afin d’y raviver des flammes indigos dégageant d’épaisses fumées âcres et carmins. Tous les quatre à cinq impacts de boulet les sorciers renouvellaient leur sinistre besogne. Aussitôt l’aura de cette barrière redevenait plus brillante et éclatante. En trois jours de bombardements, ces zélotes avaient déjà plus de deux-cent-vingt victimes à leur actif, plus de trois par heure. 

Non pas que la vie de quelques animaux de plus ou de moins importe beaucoup aux yeux du commandant, ce qui le préoccupait était sa précieuse artillerie. Déjà deux sur les six pièces de bronze allaient devoir être refondues parce que fendues à force d’un usage intensif, ce qui ralentissait d’autant la cadence de tir de toute la batterie. Il fallait trouver une sortie à cette impasse.

Pour Albatriso, observer avec précision les détails du sinistre ballet des sacrifices à travers un outil de verre était un luxe très instructif mais imprévu. Au départ cette lunette était un cadeau de la part d’un ami italien du temps ou il était encore étudiant, lui aussi étudiant et passionné d’astronomie. C’était un des rares souvenir que le fier hidalgo conservait de cette période de sa vie. L’instrument était destiné à l’observation des astres mais les cieux nocturnes de ce pays n’avait ni queue ni tête, même les phases de la Lune ou les heures de lever et de coucher du Soleil étaient complètement erratiques. L’artefact était pourtant à la pointe des dernières technologies, alors autant en faire usage. Même si c’était moins prestigieux que d’observer les mers lunaires, détailler le champ de bataille avait amplement démontré son utilité.

Examinant en détail pour une énième fois la forteresse adverse, le Capitán détecta un mouvement sur l’une des tours secondaires. Une deuxième licorne procédait à un autre sacrifice. Grâce à la lunette il put voir que c'était un pégase que l’on éventrait. Cette fois-ci le sang ne fut pas répandu sur une de leur pierre noire sacrificielle mais plutôt sur une demi-douzaine de pégases en contrebas, tous en tenue de guerrier-aigle, des soldats d’élites. Des volutes de fumées indigos entourèrent les combattants avant de rapidement se dissiper. Les voir tous ensuite décoller n’avait rien de bien rassurant. Cela faisait des années que les pégases ne volaient plus. D’apres les retour de la troupe, ces équidés pouvaient planner voir faire grands sauts mais le vol leur était interdit. 

Albatriso n’avait vu les guerriers-aigle en formation de vol qu’à deux reprises au cours de sa vie. 

 

La première fois que le cantabrique avait vu ces pégases voler en formation, c'était plus de sept ans plus tôt, au cours du gala de bienvenue célébrant son arrivée à la capitale, c’était l’époque où il était l’invité des poneys. Cela avait eu lieu juste avant qu’il ne prenne en otage l'empereur. Une vingtaine de ces emplumés de malheur avaient exécuté un vol de démonstration : dans un ciel bleu et pur, ils avaient fait apparaître de lourds nuages de pluie et commandé à la foudre avant de dissiper tous ces nuages en un clin d’oeil et de faire apparaître un arc en ciel, le tout au milieu de cabrioles et autres pitreries inutiles. 

Durant toute la période où Albatriso avait gardé l'empereur en otage, ces fiers guerriers n’avaient rien tenté de plus que du tonnerre et de la pluie, parfois des grêlons contre le palais où lui et ses hommes s’étaient retranchés. Une tentative bien vaine de l'effrayer.

 

La deuxième fois que le Capitán avait vu en vol des guerriers aigles, c'était il y a environ quatre ans, au cours de cette fameuse bataille durant sa deuxième tentative devant les murs de S. Ses troupes avaient été face à l’armée des poneys. Les pégases n’avaient été alors qu’une demi-douzaine. Comme leur habitude, ils avaient tournoyé en cercle, provoquant rapidement l’apparition de lourds nuages, du tonnerre puis des éclairs étaient tombés directement sur la troupe hispanique, la foudre avait tué plusieurs hommes. La panique s‘était répandue dans l’armée humaine. Ce fut à ce moment-là que le Capitán eut son épiphanie. Il avança seul face à l’armée adverse et hurla son défi au milieu de ses hommes paniqués.

« EST-CE A CA QU’ELLE SERT, LA PRÉTENDUE MAGIE DE L'AMITIÉ ?!? TUER !?! »

La foudre avait continué à zébrer le ciel, chaque fois qu’elle était tombée et que des hommes étaient morts les pégases avaient volé avec de plus en plus de difficultés. Pourtant ce n’était pas le vent qu’ils avaient eux même invoqué qui les avait mis à la peine. A l’époque du deuxième siège Albatriso en ignorait les raisons. Ce ne fut que bien plus tard, bien longtemps après la bataille et une fois la sorcellerie de ces monstres étudiée et comprise que le conquistador put deviner les raisons derrière ces prodiges. C’est à cause de la magie de l'amitié que les équidés peuvent voler et c’est cette même raison qui avait fait qu’ils avaient à présent du mal à rester en l’air : cette sorcellerie est destinée à s’aider soi et les autres, pas à provoquer du tort à autrui. Sa pire négation est de s’en servir pour tuer. Le fait que les poney l’utilisent dans ce but est la meilleure façon de briser le lien que les équestres ont avec ces immondes envoûtements. Qu’à ce moment-là de la guerre les poneys aient encore été capables de réunir une demi escadrille en état de vol tenait de l'exploit. Qu’en plus elle ait été capable de maîtriser des tours aussi avancés que l’appel de la foudre, cela avait été une très désagréable surprise pour le chef des conquistadors. 

Abatriso avait avançé comme un fou au milieu des intempéries, traversant les rangs de sa troupe paniquée. Un flash de lumière l’avait soudain aveuglé et un cri d’agonie s’était élevé à trois pas de lui. Alors que tous ses poils s’étaient hérissés à cause du trop plein d'électricité statique, une immonde odeur de cochon grillé avait empli l’air. Ses hommes mouraient et rien ne semblait pouvoir les sauver. Quand les éclairs avaient claqué pour la quatrième fois consécutive sur la masse des envahisseurs, le premier pégase était tombé comme une pierre à quelques pas du Capitán. C’était comme si les ailes de l’équidé n'avaient plus eu aucun pouvoir de portance. Albatriso était resté interdit devant le cadavre désarticulé du pégase écrasé à quelques pas de lui, empêtré avec le corps carbonisé d’un de ses soldats qui finissait de se consumer. Les carcasses entremêlées avaient eu quelque chose d’esthétique. Les murmures qui emplissaient son esprit à la limite de sa compréhension depuis sa conversion étaient revenues avec plus de force encore. Le cantabrique défiguré s’était attrapé le visage en hurlant. Les voix, voix… LES VOIX !!  Il les avait comprises ! Enfin ! 

Elles lui avaient promis victoires et conquêtes s’il les écoutait et se pliait à leur volonté. Ces voix avaient forcément été celles des envoyés de Dieu. A n’en point douter cela avait été Gabriel lui-même qui devait s’être adressé à lui ! Nul autre que Dieu n’avait pu le guider face à cette sorcellerie impie. A la lisières de sa raison, sa logique avait protesté mais qu’avait-elle été, elle et ses doutes face à la divine providence ? S’il avait tant enduré et tant subi ce n’était pas pour échouer maintenant. 

Le ciel s’était déchiré encore trois fois avant que le dernier de ces volatiles ne soit tombé, puis les nuages avaient éclaté en une averse torrentielle qui noya le champ de bataille.

Pour la troupe humaine s’en avait été de trop et elle avait débandé. 

Les minutes qui avaient suivi furent pour le Capitán les plus près de son anéantissement total de toute son épopée. Il avait de nouveau pêché par orgueil : il avait fait confiance à ces sales bêtes. Les contingents des citées soumises encadraient sa petite armée d’élite constituée d’espagnol. Ces poneys enrôlés de force sous le glorieux étendard de l'Espagne s’étaient retournés contre lui et avaient attaqué leur anciens maîtres et alliés. Mais heureusement pour l’hispanique le reste de l'ost impérial était resté l’arme au pied, indécis, ne participant pas à la poussée des traîtres. L'empereur venait de mourir à la tête de ses troupes, dévoré par l’une de leurs premières utilisations de la magie du sang. Cela avait terrorisé le reste des officiers et bloqué l’armée. A l'époque l’espagnol l'ignorait.

 

C’est la pluie qui avait sauvé l’espagnol de l’anéantissement complet. Le sol transformé en fange avait ralenti les poursuivants, transformant la déroute en retraite. Albatriso, n’avait pu s’extraire de la mêlée que grâce à sa propre ténacité et l’aide de dieu. Il avait pris ensuite lui-même la tête de ses troupes pour une violente contre-attaque. La bataille avait tourné à la boucherie et s'était étalé sur trois jours. Cela avait été une grande victoire mais à quel prix ? De son armée il en n’était resté plus d’un homme sur dix. Pour la deuxième fois, le fier conquistador avait été contraint à la retraite devant la capitale impériale.

 

S’arrachant à ces souvenirs déplaisants et revenant au présent, le Capitán replia sa longue vue. Le commandant ne fut pas le seul à voir ces volatiles, nombreux parmi ses hommes les aperçurent aussi. Il y eut un moment de flottement dans la troupe. Les vétérans des sièges précédents encore au front étaient rares mais leurs récits s'étaient répandus dans la troupe. Beaucoups se signèrent et l'on put entendre de multiples prières alors que les oiseaux de mauvais augures commencèrent à tournoyer. Albatriso se tourna vers une de ses estafettes et fit donner les ordres. Cette fois-ci il était préparé. Sur ses instructions de grands mâts de métal furent dressés entre les carrées d’infanterie, les soldats avaient ordre de se tenir à une distance raisonnable de ces tiges. Ces poteaux couverts de cuivre s’ornaient d'une croix d’argent, symbole du Christ. La vraie foi protégera les croyants. 

 Les cieux s'obscurcirent et bientôt la tempête souffla. Quand le premier éclair tomba il épargna les hommes  et atteignit un des mâts, provoquant une pluie d'étincelles. Le poteau de métal vibra mais resta là où il était, bien droit, toujours tendu vers le ciel. Les conseils soufflés par l'archange Gabriel s’étaient révélés juste, comme toujours. 

Les pégases redoublèrent d'ardeur et accélérèrent leur ballet, sans doute enragés par cet échec. La foudre se déchaîna mais ce fut sans plus de succès : tout finissait au même endroit. Dans ce tourbillon infernal de vent et d’électricité, plusieurs pégases tentèrent un rase-motte pour arracher les mâts. Des volets de plombs et de carreaux les acceuillir, des troupes de tir avaient été postées tout autour.

Brusquement des drapeaux s’agitèrent aux sommets des tours de la forteresse, des tambours se mirent à jouer et des cors à sonner. Les pégases interrompirent leur ballet frénétique. Ils entamèrent alors une danse bien plus lente. Presque aussitôt le vent tomba et rapidement un épais brouillard commença à recouvrir la plaine. 

 

L’attaque avec de la magie ayant échoué et il allait leur falloir s’y déplacer en personne, c'était sûr, l’ennemi allait tenter une sortie. Il avait beau masqué ses mouvements avec sa sorcellerie mais il ne fallait pas être grand clerc pour deviner son prochain acte. 

Question tactique les équestres avaient encore beaucoup à apprendre, leurs mouvements étaient plus prévisibles que ceux d’un enfant jeune tentant de cacher un mensonge à sa mère. Des tirailleurs ennemis se découvrirent en nombre, harcelant la troupe de divers projectils : billes de fronde, flèches et javelots, tout y passait. Ils profitaient du brouillard pour sortir de leur cachette et des nombreux tunnels qui constellent la montagne alentour pour se mettre à portée des espagnols. Quelques hommes tombèrent. Ces piqûres de mouches n’était rien sur les fiers tercios espagnols, les rangs se ressèrent, et les carrés d’infanterie humaine manoeuvrèrent avec célérité et professionnalisme. Des volets de plombs et de fer répondirent à travers la brume. Même si les poney étaient en ordre beaucoup plus dispersés que les bipèdes, les salves d’armes modernes firent des ravages. Rapidement la pression des tirailleurs diminua. Le brouillard s'épaissit encore. Au loin les tambours changèrent encore de rythme. Soudain un grondement minéral et sinistre se fit entendre, comme si un monceau de roche se détachait de la montagne. Le martèlement sourd d’une masse d’être mouvement monta du flanc droit du champ de bataille puis une clameur gutturale bien éloignée des cris haut-perchés des équestres se fit entendre. 

Les poneys tentaient-ils à nouveau un corps à corps de façon frontale et en terrain dégagé ? Ce n’était pas arrivé depuis plus de trois ans. Tous les affrontements précédents s'étaient conclus par une victoire plus ou moins franche des envahisseurs.

Le fracas de la mêlée perçaient à travers les nappes cotonneuses du brouillard, à présent véritable purée de pois. Pourtant de larges et sombres gabarits se devinaient à travers la brume, bien différentes des petites silhouettes colorées des poneys. Les échos du combat indiquaient que l'engagement durait contrairement à d'habitude, qui que soit les attaquants, ils tenaient le choc. Les Syyanas essayaient-ils de renouveler l'expérience des mercenaires griffons ? C’était un épisode qui remontait à la campagne de pacification des cités tributaires, comprendre leur destruction pure et simple après leur trahison. Une des cités, dirigée par des prêtres un peu moins arrogants que les autres, accepta d'embaucher un contingent de griffons. Ces créatures hybrides n’ont jamais dépendu d’aucune magie de l’amitié pour quoi que ce soit. De plus, le combat leur est bien plus naturel. Albatriso n’avait pas mené en personne ce siège mais la ville avait offert une belle résistance bien qu’à la fin la maladie qui ravage l’empire et les poney ait fini par affecter les griffons comme les autres,  Les survivants furent tous exterminés dans un dernier baroud.

Le chef conquistador était intrigué, il éperonna son cheval et piqua des quatre fer vers le combat, aussitôt suivi de son escorte, les meilleurs combattants de toute la colonie et ses plus fanatiques suivants, triés sur le volet. Alors qu’il se rapprochait de la clameur, il put enfin deviner à travers ce smog ses opposants.

Sainte Marie Joseph ! Ils avaient osé !

Note de l'auteur

Ah oui ! Plus de 4 mois depuis la dernière mise à jour... Bon et bien je remercie celles et ceux qui sont encore là.

Un grand merci à Atleis pour ses encouragement et sa relecture. La suite reviendra assez vite j'espère et se penchera sur Hitatsu et ses compagnons.

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