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Prologue - Évasion

Le néant... le vide... le rien... le noir... plus rien ne semblait exister... plus rien ne stimulait ses sens... mis à part peut-être son souffle continuel et fatigué qui lui rappelait qu'il n'était pas mort... ou du moins pas encore.

Ce sentiment de non-vie, cette sensation de ne pas exister en ces mornes ténèbres, il s'y était pleinement accoutumé. Il en avait pleinement l'habitude : Il voulait accomplir son rêve, et les autres l'en empêchaient en l'enfermant dans cet endroit en espérant ne plus jamais entendre parler de lui.

Qu'y a-t-il de mal à rêver me diriez-vous ?

Et bien, disons que son rêve ne plaisait pas à tout le monde, et son avis était fort contestable, pour ne pas dire condamnable en effet. Il le savait bien que ses intentions paraissaient mauvaises et c'était un jugement qu'il respectait. Seulement, il aurait juste souhaité qu'on fît un peu plus preuve de compassion à son égard, qu'on lui accordât d'avantage la rédemption, plutôt que des menottes. Il n'était pas un mauvais bougre. Il le savait très bien, et le savait encore mieux. Après tout, ce n'était pas tellement de sa faute s'il était actuellement le détenu le plus confiné et le plus sécurisé du Tartare.

Depuis combien de temps il était enfermé là ? Mille ans ? Deux mille ans ? Trois mille ans peut-être ? Pourquoi pas même dix mille ans ? Il n'en avait aucune idée. Après avoir totalement perdu la notion du temps depuis ce qui semblait être une éternité, il n'était même plus très sûr de l'âge qu'il avait. Il en allait même jusqu'à croire que ça faisait si longtemps que l'univers l'avait complètement oublié. Et c'était très probable, étant donné qu'il n'avait reçu la visite d'absolument personne.

Il était très rare de recevoir de la visite au Tartare car en général, ceux qui finissaient là étaient les ennemis les plus incorrigibles du monde et en conséquence, personne ne les aimait vraiment. Pourtant, ils avaient toujours au minimum la visite de certains êtres qui étaient chargés de surveiller les détenus et d'entretenir les lieux. Car le Tartare avait beau être la prison la plus sûre jamais bâtie au cours du temps, elle avait besoin, comme toutes les infrastructures, de séances de retapage, sans quoi ses capacités de confinement s'en verraient grandement amenuies.

Pourtant, quoique ce fut le cas à une époque plus ancienne qu'Equestria elle-même, il ne se souvenait pas avoir eu la visite de ne serait-ce qu'un seul agent des lieux. Il était très confus du fait qu'on ne vienne pas réviser l'efficacité de confinement de sa cellule. Car après tout, ses intentions, comme sa force, terrifiaient même les plus puissantes alicornes de son temps. Quel genre de fou pourrait laisser à quelqu'un comme lui une chance d'enfin revoir la lumière du soleil ? Oui, on l'avait probablement oublié, et ceux qui se souciaient encore de son incarcération étaient morts depuis longtemps. C'était sûrement ça.

Et ce fut donc ainsi, par conséquent, que l'une des lourdes chaînes qui l'entravaient, normalement fixée à l'une des façades de sa cellule, s'effondra dans un fracas assourdissant. Il s'éveilla ainsi de sa semi-léthargie causée par son ennui et son attente morte d'être enfin libre. Il regarda ainsi sur son côté et vit la fébrile silhouette de la chaîne qui venait de tomber. Il bougea donc sa patte gauche et perçut enfin une opportunité de s'échapper. Cependant, il était tellement habitué à sa détention qu'il accueillit sa chance de sortir avec un air indifférent. Sauf que cela n'empêcha pas une pensée étrangère de sortir de son esprit.

Selifόs, t'as vu ça ?

Oui, Light. J'ai vu, répondit-il à la voix en pensant à son tour.

On est enfin libres.

Light, je sais.

Et ce que j'ai faim.

Light, je sais.

Selifόs, comprenant rapidement que la chaîne s'était brisée à cause de l'usure du temps, commença à tirer sur les autres chaînes qui entravaient ses autres membres. Ces dernières résistèrent. Il tira encore plus, et il lui sembla que la chaîne qui entravait sa patte arrière droite céda à son tour. Light siffla d'allégresse dans la tête de Selifόs en clairvoyant la fin du calvaire.

Ce dernier accéléra le processus. Il profita que sa patte gauche soit libre pour retirer l'anneau d'anti-magie qui l'empêchait d'utiliser sa corne. Après cela, avec sa magie, il brisa toutes les chaînes et toutes les entraves qui l'emprisonnaient. Et ainsi se libérèrent ses deux dernières pattes, sa tête et maintenant ses ailes. Puis il retira, pour achever, la muselière qui retenait sa bouche. Il avança ensuite nonchalamment vers la porte de sa cellule, taillée à même le granit. Il désintégra la porte comme si le granit n'était qu'une vulgaire feuille de papier.

On est libres !

Aussitôt qu'il eut passé la porte réduite en miette, un piège s'activa et des lames induites de magie furent projetées sur Selifós qui les para aussitôt avec un champ de force, ayant l'apparence d'un diamant taillé.

Light, je sais, pensa-t-il encore en réponse.

La cellule de Selifós donnait sur un très long corridor dont le bout était dur à voir, surtout que les torches sur les côtés semblaient éteintes depuis déjà un bien long moment. Au fur et à mesure que l'alicorne progressait vers la sortie, d'autres pièges s'activèrent, les uns après les autres. Cependant, la plupart d'entre eux étaient aussi vieux et usée que les chaînes qui retenaient Selifós et le danger qu'ils pouvaient représenter était à présent dérisoire. En effet, certains ne faisaient qu'un pétard mouillé et le détenu les esquivait sans le moindre effort.

Et j'ai tellement faim.

Light, je sais.

La première chose qu'on fera une fois sortis d'ici, c'est trouver à manger. On est bien d'accord ?

...

Selifós ignora cette pensée qui sortait de sa tête et continua sa progression dans le corridor, évitant les pièges qui s'activaient les uns après les autres à chaque fois qu'il parcourait ne serait-ce que quelques mètres. Tout compte fait, toutes les ressources avaient été déployées pour son confinement et hélas, il n'y avait plus personne pour le surveiller, au cas où il parviendrait à sortir de sa cellule. Ce qui étonna beaucoup Selifós puisque dans ses derniers souvenirs, beaucoup le considéraient comme un énorme fléau. Pourquoi on aurait autant relâché l'attention sur lui ?

Il arriva enfin au bout du couloir qui donnait sur une salle un peu plus grande que sa cellule. Et ce que l'étalon noir vit le mit véritablement hors de lui, au sens confus du terme. Il n'y avait rien. Absolument rien. La salle était totalement vide, si on exceptait ces deux statues de marbres hissées sur des petits piédestaux.

J'espère qu'on trouvera une délicieuse jument, vierge de préférence : leur sang est plus sucré et plus délicat que le miel.

Light... ?

Quoi ?

Tu la fermes, commanda Selifós.

Ah, oui, c'est vrai. J'ai complètement oublié : monsieur a ses priorités, se moqua la voix avec sarcasme.

Si j'étais à ta place, je serais plutôt surpris de constater le trop peu de résistance auquel on a dû faire face.

Tu parles des pièges ?

Bien évidemment ! Ces pièges étaient même tellement rouillés et inoffensifs à cause de l'usage du temps que même un poulain n'aurait eu aucun mal à les passer.

Maintenant que tu le dis, je reconnais que c'est bizarre. Et aussi le coup des chaînes qui s'effritaient. Il n'était pas censé y avoir quelqu'un pour entretenir tout ça et veiller à ce qu'on ne sorte pas ?

Si, et tu dois forcément savoir ce que ça veut dire ? N'est-ce pas ? dit Selifós, essayant de pousser au mieux la perspicacité de Light pour qu'il comprenne ce qu'il se tramait.

Tu crois qu'on aurait oublié notre existence, à un tel point qu'on ne pense même plus à nous garder entre les barraux ?

C'est ma théorie à moi aussi.

Après tout ce qu'on a fait, ils nous oublieraient soudainement ? Ça n'a pas de sens.

Depuis combien de temps on est enfermés là, déjà ?

Qu'est-ce que j'en sais ? Ma mémoire n'a jamais été meilleure que la tienne. Des milliers d'années peut-être ?

"Hm... " fit Selifós du fond de sa gorge, semblant réfléchir.

Tu crois qu'ils sont... morts ?

Ça me parait hâtif d'en venir à supposer ça. Même si c'est plus probable que le coup de l'amnésie collective. Qu'est-ce que tu en penses ?

S'ils sont tous morts à cause d'une catastrophe quelconque et que tout le monde a oublié notre existence au point que même au Tartare on ne fait plus attention à nous, alors ça signifie que l'ère dans laquelle nous avions toujours vécue s'est finalement effondrée... avec toutes les conséquences que cela implique.

La remarque très visionnaire de Light fit frémir Selifós. Il devait dire que bien que l'ère dans laquelle il avait toujours vécue lui avait causé beaucoup de chagrin, il s'était néanmoins attaché à cette époque dans lequel il avait expérimenté tout ce que à quoi la vie pouvait nous forcer à faire face. Cette époque, c'était sa jeunesse. Et maintenant qu'elle était passée, ça signifiait qu'il était ancien... très ancien. Ses yeux luisèrent alors de nostalgie.

Eh ? Selifós ? remarqua Light. Ne me dis pas que tu va pleurer comme une fillette ?

Selifós soupira. Non, pensa-t-il.

De plus, pourquoi tu regretterais une telle époque ? se renfrogna la pensée. Tu la haïssais, cette époque. Tu disais que tout était pourri. Que tu voulais tout changer. C'est pour ça qu'on a fini emprisonnés d'ailleurs ; d'abord sur la lune, ensuite dans la pierre, et maintenant le Tartare. Depuis plus de quinze mille ans on lutte contre tout ça, ensemble. Et si maintenant on apprend qu'ils sont morts, alors il faudrait s'en réjouir.

Tout n'était pas pourri, tu sais ? Je ne suis pas aussi pessimiste que toi. Notre famille, je ne la détestais pas tellement. Elle avait ses défauts, certes, mais je l'aimais bien. Et puis... il y avait Elle, finit Selifós, commençant à sourire.

Aux dernières nouvelles, c'est à cause d'Elle que tout a commencé, répliqua la pensée.

Selifós eut un râle d'exaspération. Oh et puis zut ! Ferme-là !

Pft ! fit Light avec snobisme.

Selifós revira son focus vers l'objectif principal : sortir de ce trou. Il scruta attentivement les deux statues qui avaient décrépi à cause du temps et n'illustraient donc qu'une apparence grossière de ce qu'elles étaient : deux statues représentant des bipèdes, tenant ce qui devait être une lance dans une main, et la deuxième main posée sur la cuisse, tandis qu'un bouclier rond était debout sur le piédestal, adossé à la jambe. Les deux bipèdes étaient identiques et se faisaient faces, se trouvant chacun sur les deux côtés d'un grand portail, comme s'ils gardaient l'entrée.

Selifós ne ressentit aucune trace de magie dans ce qui restait des statues, signe qu'elles n'étaient pas enchantées. Une bonne chose en somme. Il s'avança donc d'un pas assuré et ouvrit grand le portail, s'attelant directement à la tâche de remonter le puit sur lequel donnait la porte. Le puit était circulaire, avec un très large diamètre. Un long escalier parcourait en colimaçon la paroi mais Selifós choisit la voie des airs et utilisa donc ses ailes pour remonter ; beaucoup plus rapide.

Le plafond se rapprochait de plus en plus. À un endroit précis de ce dernier se situait une espèce de trappe au bout du même escalier que tout à l'heure. Mais l'alicorne noire n'en avait cure. Encore une fois avec sa magie, il détruisit le plafond et traversa ce qu'il en restait et arriva enfin à la surface. Il écarquilla les yeux en voyant le paysage.

"Wow... ", fit-il avec un mort élan de surprise.

Ça, tu peux le dire, plussoya Light.

La surface du Tartare ne ressemblait plus du tout à ce dont il se souvenait le jour de son emprisonnement. La prison était en ruine, les colonnes étaient couchées et ne ressemblaient plus à ce qu'elles étaient supposées être et il y avait des décombres et des éboulis partout, avec parfois des piles de déchets.

Décidément, le Tartare n'est plus ce qu'il était, pensa Selifós.

Ça a l'air complètement abandonné.

Je ne crois pas. Regarde. Selifós fixa du regard des créatures emprisonnées dans des cages. Il n'y a plus autant de monde qu'avant mais le Tartare a l'air encore d'utilité publique on dirait.

Dans ce cas, il doit forcément y avoir quelqu'un pour les garder, remarqua Light.

Cerbère, répondit Selifós du tac au tac. On abandonnerait peut-être ce lieu, mais sûrement pas Cerbère. Il a toujours été fidèle à son poste.

Donc on va l'affronter ?

C'est fort probable.

Selifós continua sa course jusqu'à la porte de sortie.

Ah. Le voilà, dit Light en voyant Cerbère surgir pour leur barrer la route.

Cerbère aboya à plusieurs reprises, montrant ses crocs pour intimider celui qui essayait de s'évader. Mais Selifós ne perdit rien de son sang-froid et initia de même le combat immédiatement. La lutte ne dura qu'à peine une minute. Cerbère se débattit férocement avec son adversaire mais ce dernier avait beaucoup trop d'adresse. Tout en restant dans les airs de façon à ce que le gardien du Tartare ne puisse pas l'atteindre, l'alicorne invoquait toute une série de javelots de combat, bleus et apparemment constitués de pure magie, et bombardait le chien à trois têtes avec sans s'arrêter. Les javelots se fichaient dans la chair de Cerbère les uns après les autres, ce dernier n'étant pas assez agile pour les éviter et n'étant pas équipé pour se protéger. Le chien à trois têtes finit par s'écrouler, épuisé par l'effort du combat mais aussi à cause de la douleur infligée par les grandes flèches qui lui traversaient le corps de part en part. Selifós acheva le combat en le neutralisant : il invoqua des grosses chaines noires semblant sortir de terre et qui allèrent aussitôt entraver tous les mouvements de Cerbère, jusqu'à ce qu'il soit totalement immobilisé.

Selifós vint s'asseoir sur le dos du grand chien de garde désormais vaincu. Maintenant le combat terminé, tous les javelots cessèrent d'être.

"Et bien Cerbère, qu'est-ce qu'il t'arrive ?" lui demanda Selifós. "T'étais plus coriace que ça autrefois. Et puis à l'origine, tu n'étais pas censé être trois fois plus grand que ça ?"

Cerbère couina de détresse, comme un chien battu. L'alicorne noire soupira de déception.

"Venant du gardien du Tartare, c'est vraiment pathétique."

Je ne crois pas que ce soit Cerbère, dit Light. Je penche plutôt à un de ces rejetons.

Sa descendance ? T'en es sûr ?

Rien ne prouve que Cerbère soit immortel. De plus, si progéniture il a eue, alors ça expliquerait pourquoi celui-là est plus petit... et plus faible.

"Hm... " finit par faire Selifós, comme pour agréer ce que Light venait de dire.

Bon. On va se nourrir, pensa l'alicorne en sautant du dos et s'approchant d'une des pattes de la créature enchaînée.

Hein ?! Quoi ?! Urgea Light. Ah non s'il-te-plaît ! J'ai horreur du sang de monstre : c'est tellement fade !

Je sais, dit Selifós, se voulant compréhensif et plongeant ses longues canines dans la patte du chien à trois têtes. Mais on n'a pas vraiment le choix. J'ai faim tout comme toi ; tout comme toi, je trouve ça fade. Mais il faut impérativement nous revigorer si on veut espérer sortir d'ici. Rappelle-toi que la porte principale est protégée par un puissant enchantement.

Bon. Ok. Mais tu me devras du sang de vierge après ça !

Comme tu voudras, pactisa Selifós.

Après avoir bu sa rasade de sang, sa force revint avec fougue dans ses membres et la nouvelle vague de magie s'écoulait en son corps tel un effluve de vigueur. Il eut à nouveau enfin ce sentiment de toute-puissance et cette soif qui le harcelait depuis plusieurs millénaires avait enfin disparu. Quel soulagement ! Il se dirigea à présent vers la grande porte du Tartare et il déchaîna toute la puissance de sa magie contre le portail, qui explosa violemment, causant un boum à en faire trembler les collines alentours.

La porte avait été ouverte de façon brutale. En fait, il n'y avait plus de porte : elle avait tout simplement été annihilée par la déflagration et il n'en restait plus que des petits débris retombant çà et là.

Douce liberté... comme tu m'as manqué, se réjouit Light

Et alors qu'il sortait du Tartare, Selifós nota tout de suite comment son environnement était resplendissant de vie : de la verdure, des fleurs s'épanouissant, des oiseaux chantant... et le soleil qui, à son étrange non-étonnement, n'était pas brûlant, non prompt à détruire la vie. Analysant ces faits, il déclara :

"Non. Ils ne sont pas tous morts."

 

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Luna se tenait là, debout sur son balcon, face au firmament azuré et rosé. Le soleil se couchait alors que la princesse lunaire souriait. À l'aide de sa magie, elle éleva la lune, qui prit lentement la place du soleil dans la voûte céleste. Les étoiles se présentèrent à leur tour, dévoilées par la lumière diurne qui s'évanouissait.

Luna aimait la nuit... ses merveilleuses nuits. Mais elle aimait encore plus le crépuscule. Ces myriades de couleurs : jaune, rose, rouge, bleu pastel, bleu nuit ; une véritable fresque digne des plus beaux chefs d'œuvres. Et alors la lune se mit à danser.

Se mit à danser ?

Luna fut subjuguée par le spectacle soudain qui se jouait devant elle. La lune ne lui répondait plus, ne répondait plus à sa magie et virevoltait dans tous les sens, comme si elle avait sa propre volonté. Les étoiles aussi devenaient complètement dissidentes, s'éparpillant aux quatre coins puis se resserrant toutes subitement, puis repartant dans toutes les directions ; un véritable chaos.

"Mais... qu'est-ce qu'il se passe ?" dit Luna, cherchant une explication à tout ça.

Bien que la situation puisse prêter à confusion, Luna parvenait à garder son calme. Elle observa ses sabots et s'aperçut qu'elle n'avait pas deux sabots, mais trois. Le premier sabot était anormalement petit comparé au reste de sa patte. Le deuxième, surdimensionné. Le troisième avait l'air fendu, un peu comme un sabot de bouc.

Un rêve... c'est juste un rêve. Luna ne paniqua donc pas et resta rationnelle et, à présent qu'elle vivait un rêve lucide, elle sut immédiatement qu'elle pourrait arranger le problème. Sauf qu'à ce moment, une grosse bourrasque entra dans la pièce, allant même jusqu'à fermer les yeux de la jument bleu nuit. Elle entendit un ricanement derrière elle, dans l'ombre de la pièce.

Et ce ricanement, Luna le reconnaîtrait entre mille.

Elle se retourna et vit Nightmare Moon surgir des ténèbres ambiantes de la salle. Luna n'avait plus rencontré son alter ego maléfique depuis fort longtemps. Décidément, ce rêve n'aura rien eu d'ordinaire.

"Qu'est-ce que tu veux ?" lui dit Luna d'un ton méfiant.

La jument de cauchemar se contenta de glousser. Puis elle répondit. "Tu l'as ressenti toi aussi, n'est-ce pas ?"

"Où tu veux en venir ?" dit Luna, perturbée.

Nightmare Moon rit de plus belle en constatant la naïveté et l'ignorance de sa jumelle.

"Les jours qui suivront risquent fort d'être très, très... très intéressants", dit-elle avec un sourire et un calme inquiétants.

Luna ouvrit les yeux et fut emplie de stupeur. Elle leva la tête de son oreiller et jeta son regard aux alentours. Elle était dans sa chambre, dans son lit, les rideaux des fenêtres tirés pour empêcher la lumière du jour de remplir la pièce et troubler le sommeil de l'ex-princesse de la nuit.

Elle venait tout juste de se réveiller. Elle reposa sa tête mais ne parvint plus à fermer l'œil. Les dires de Nightmare Moon se répétaient en boucle dans sa pensée et se rendormir était à présent mission impossible.

Luna grommela presque dans sa frustration.

"Mais de quoi est-ce que tu parles ?"

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