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VII. Révélation

Sakiru commença à entrouvrir les yeux. En reniflant, une odeur chaude et fruitée lui vint aux naseaux. Son museau était pris dans une épaisse crinière brune qui faillit le faire éternuer, mais l’étalon gris parvint à reculer dans les temps. Face à lui se trouvait une jument au pelage beige, endormie, qui avait entouré l’ensemble de ses pattes sur lui. Il se remémora de la veille, qui se résuma à la plus belle de ses soirées. Sakiru lui donna un baiser sur le front, mais celle-ci resta endormie, la soirée avait été si éprouvante que rien ne pouvait faire sortir Milena de son sommeil : pas même un geste de tendresse venant de son poney, ni même du bruit ambiant qui régnait à l’étage. Le petit Button devait encore être sur le dernier Call Of Pony, et ce n’était pas les ébats bruyants de sa mère qui l’avait déconcentré.

 

La licorne au crin d’ébène serait bien resté sur le canapé pour câliner à tous jamais sa jument très spéciale, mais sa bouche était aussi sec qu’un désert aride. Sakiru essaya de se lever sans déranger la jument toujours endormie, puis parvint à s’extirper jusqu’en dehors du canapé. Les quatre fers sur le sol, il voulut d’abord jeter un oeil dans le frigo et se servir. Mais même s’il n’avait fait plus qu’un avec Milena, le professeur trouvait ça irrespectueux d’en profiter aussi grossièrement, bien qu’il était certain que ça ne l’a dérangerait pas. Non, le gentlecolt parfait qu’il était devait se débrouiller par ses propres moyens, comme aller prendre un café au bar du coin. Cependant, cela voulait également dire qu’il allait devoir s’absenter et laisser la jument dans le doute. Pour cela, la licorne sortit une feuille et une plume de son sac de scelle qu’il avait enfilé avec sa magie, pour laisser un mot sur la table central de la pièce.

 

“Cher Milena,

 

Je tenais à vous dire que la soirée d’hier fut merveilleuse, et que jamais je ne l'oublierai. Ne vous en faites pas, bien que j’aurais voulu être à vos côté pour le réveil, je me suis permis de m’absenter afin de prendre un petit remontant. Je compte revenir à vos côtés par la suite, si votre porte m’est toujours ouverte.

 

Votre bien aimé Sakiru qui commence à fortement vous apprécier.”

 

Après avoir laissé le mot sur la table, il enfila une écharpe noire assortie à sa crinière, puis alla hors de la maison. Il faisait froid en ce matin de St Galopin, un temps à rester au chaud prêt de sa jument.


 

 


 

"Merde !" fit Norlf en regardant autour de lui. Des bruits de sabots venant du plafond se faisaient entendres, les Cakes venaient probablement de se lever. Pourtant, le jeune homme était encore sur le carrelage, allongé derrière le bar. Il fallait immédiatement que lui et Berry s'en aille avant qu'il ne les découvrent dans cet état. Mais impossible pour Norlf de se relever, la ponette encore ivre morte d'alcool et d'orgasme était avachie sur son torse. 

 

"Berry... Berry réveille-toi !" lui chuchotta-t-il fortement dans le but de la réveiller, mais ce fut un échec. Même en lui tapotant la joue ou autre part n'avait aucun effet. Il fallait que Norlf fasse quelque chose, sinon la situation serait encore plus embarrassante que la fois où il se réveilla aux côtés de Big Mac. Il avait le pantalon baissé, et la jument avait le pelage en bataille avec par endroit des poils collés entre eux, surtout sur le visage. Avec un mal fou, l'homme parvint quand même à remonter son pantalon de façon à pouvoir cacher tout son attirail. Il prit également un torchon humide se trouvant par terre pour essuyer rapidement le museau de la ponette qui se mit à gémir quand elle sentit un truc froid et mouillé lui barbouiller le visage.

 

Elle allait se réveiller, il restait un espoir pour s'échapper. Mais des bruits de sabot mêlés à des voix résonnèrent dans la grande salle vide, se rapprochant continuellement. Dans un geste désespéré, Norlf jeta le chiffon loin de lui et posa sa tête en fermant les yeux sur le sol afin de jouer le jeu au maximum. Il pouvait sentir la terrestre commencer à émerger du coma, au mauvais moment.

 

"On dirait qu'il n'a pas tout... Oh bon sang ! s'écria Carrot en penchant la tête derrière le bar.

 

-Bonjour monsieur Cake, fit la ponette sur l'homme d'un naturel maladroit.

 

-Eh bien, la nuit a été longue pour certains on dirait, pouffa la femme du pâtissier.

 

-Le barcolt a dû oublier de fermer le restaurant. Quel incapable ! 

 

-Oh non monsieur Cake, c'est lui qui nous a autorisé à rester, se justifia la jument. Il voulait que l'on passe la meilleure des soirées possibles, et c'est chose faite."

 

La ponette rose donna des coups de sabots sur la joue de Norlf, qui fit semblant de grogner et d’émerger du sommeil. Une chance pour eux que le couple des Cakes n’était pas sévère, ils savaient que c’était un couple en plein effervescence. Eux-mêmes étaient passés par là.

 

Sans attendre, le jeune homme et la ponette se retrouvèrent au milieu de Ponyville qui était encore endormie. Le froid était intense dehors et leurs tuniques ne servaient pas à garder la chaleur, loin de là. Mais ce n’était pas ce qui dérangeait le plus Norlf,  mais son mal de tête qui l'assommait et le rendait grognon. Ce serait quand même dommage qu’il le soit avec Berry alors qu’il venait tout juste de la rencontrer. Heureusement pour lui, il connaissait l’endroit pour guérir le mal par le mal, avec une liqueur que seul un bar possédait.

 

“Ça te dirait d’aller te réchauffer chez moi ? lui proposa la ponette qui était serrée contre lui.

 

-J’aimerais d’abord aller faire un tour au bistrot pour aller me soigner...

 

-Oh je vois ! Et bien passe quand tu veux mon gros, ma porte est ouverte.”

 

Avant de partir, la jument leva la tête afin de lui donner un petit baiser. Puis elle prit le chemin vers sa maison, trébuchant de temps en temps à cause des vapeurs de la veille. Eux deux avaient beaucoup bu, et s’étaient vraiment donné à fond, si bien que Norlf en avait des courbatures. Le chemin fut laborieux jusqu’au bar.


 

 

 

Dans son grand lit, Croc ouvrit un oeil. Le jour s’était levé et le paysage était pâle comme la neige qui recouvrait la totalité du village. Il faisait froid aussi, même dans son lit. Mais l’explication était autre cette fois : le pégase noir était désormais seul. Le croque-mort se sentit un peu triste sur le coup, Chrysalis n’était ni restée pour le réveil, ni pour lui dire au revoir. En même temps, il devait s’y attendre, la Reine avait un royaume à diriger et de l’amour à distribuer. C’était bien plus important que de rester avec un simple étalon, bien que le séjour avec lui aura été d’une rare intensité.

 

Mais à sa grande surprise, le pégase trouva sur sa table de chevet un parchemin et une enveloppe. Sur le papier roulé se trouvait la carte d’Equestria avec un itinéraire bien défini, et sur l’enveloppe un mot écrit. Le coeur de l’étalon se mit à rebondir, ainsi qu’une immense joie l’envahir. La changeline ne l’avait pas oublié, les mots écris noir sur blanc le firent raidir comme jamais.

 

“Mon chère et tendre Croc,

 

Je ne saurais suffisamment te remercier pour tout ce que tu as fait. Avec ton aide et ton amour, le deuil de mon Unique est un souvenir des plus agréables dont je ne me lasse pas de repenser. Pour cela, je t’offre l’opportunité de me rejoindre dans mon royaume pour ainsi perdurer cet amour qui nous a tant rapprochés et rendus forts. Cette carte est la seule dans tout Equestria à indiquer ma position, je pense pouvoir te faire confiance et ne pas te voir venir avec une armée de poneys prêts à en finir une bonne fois pour toute. Cette confiance, je ne la donne qu’à mes chers sujets normalement, mais pour toi je suis prête à risquer la vie de mon peuple. Je suis certaine que le choix que tu feras sera le bon.

 

Chrysalis.”

 

Qu’allait-il faire là maintenant ? C’était évident bien sûr. L’étalon posa la lettre et commença à faire ses valises. Puis dans son élan il s’arrêta net. Son funérarium... qui s’en occuperait ? Puis peu importe ! Une reine valait bien mieux qu’un endroit où l’on entasse les morts. Mais quand même, c’était l'héritage de sa famille qu’il allait abandonné pour une femelle. Une femelle dont il avait tous les risques de perdre ou de se perdre dans sa magie malveillante... N’importe quoi ! Chrysalis ne lui ferait jamais une chose pareille. Leur relation avait été trop intense pour que la changeline puisse en arriver là, une raison de plus d’abandonner Ponyville. Mais si quelqu’un le voyait partir, le suivait pour le voir arriver en territoire ennemi, la Reine perdrait toute confiance en lui et ce serait fini. Non, ce serait fou qu’un poney ait une idée pareille, et puis tout le monde l’ignorait en plus. On ne s'intéressait qu'au croque-mort seulement quand il y avait un décès, en gros comme un mauvais souvenir. Mais sans lui, qui serait capable d'assumer cette tâche qui demande plus que de la pratique ?

 

Croc se rendit compte que le choix de partir ou de rester était d’une difficulté sans égale. Il fallait trouvé le moyen de se décider, pas tout seul. Mais pas avec quelqu’un non, avec quelque chose cependant oui ! Comme un bon verre de liqueur spécial par exemple, dont le bar du coin connaissait la recette.


 

 


 

FakeDaSystem était déjà réveillé depuis longtemps, tout comme Cloudchaser qui était couchée sur un flanc. Derrière elle, le terrestre lilas s'amusait à passer son sabot sur les plumes de la jument qui les avaient repliées dans son dos, il répétait le geste encore et encore alors que les ailes de la pégase étaient parfaitement bien rangées. Mais ça ne l'empêchait pas de continuer, à vrai dire il ne s'en lassait pas une seconde, même pour le masseur officiel de l'équipe météo de Ponyville.

 

La ponette au crin platine non plus par ailleurs, elle ne cessait de se dire qu'elle avait une chance incroyable d'avoir chez elle, et probablement pour longtemps, un poney aussi habille pour s’occuper de ses appendices, sans compter ses autres qualités.

 

"Tu es génial System.

 

-Je sais, répondit-il pour faire rire sa Cloud.

 

-Grâce à toi, je serai déjà prête pour tout à l'heure."

 

Le terrestre leva un peu plus les oreilles. Ce que venait de dire la pégase l’avait vivement interpellé au point d’avoir stoppé ses caresses sur les ailes de celle-ci. Mais avant de dire quoi que ce soit, la pégase se retourna face à lui pour le prendre entre ses pattes et lui tendre un sourire.

 

“Relax ! Je vais juste devoir aller nous débarrasser de ce brouillard givrant, y’en a pour l’affaire d’une heure ou deux.

 

-Et vous allez peut-être avoir besoin de quelqu’un pour vous décongeler les plumes non ?

 

-Pas pour une aussi courte durée voyons, ria-t-elle en donnant un petit coup de sabot sur le museau de System. Par contre, il se peut qu’après j’ai besoin des services de quelqu’un de suffisamment doué pour...

 

-Compte sur moi !” fit le terrestre en serrant plus fort la jument qui se mit à rire.

 

Après quelques baisers, ils descendirent à l’étage du bas afin de se mettre quelque chose sous la dent. Cloudchaser prévint son poney qu’il pouvait faire comme chez lui et même rester à attendre son retour chez elle. Décidément elle est vraiment parfaite, pensa l’étalon. Pourtant, il cherchait quelque chose dans la cuisine, que tout le monde possédait chez soi.... normalement.

 

“Tu n’as pas de café ?

 

-Comme je n’en bois jamais...”

 

Raah ! S’il y avait bien une chose dont le terrestre ne pouvait outrepasser, c’était bien de boire une bonne tasse de café pour se réveiller le matin. Une chance pour lui qu’il connaissait un endroit où il en servait. De plus, il pourrait y aller quand la pégase irait au travail et donc être certain de profiter de sa présence dès qu’il en aurait l’occasion. Après lui avoir fait un bisou, FakeDaSystem prit le chemin de la sortie en même temps que sa ponette qui elle prit la voie des airs. Ils faisaient vraiment froid ce matin, à son retour, le masseur allait avoir du travail. Mais contrairement à d’habitude, et ça depuis seulement quelques jours, il n’avait jamais autant été pressé d’être à l’heure.


 

 


 

“Cher Supernova

 

Je vous envoie cette lettre en urgence et j’espère qu’il n’est pas trop tard. Ma très chère soeur vous a confié la mission de veiller sur Sunset Shimmer afin de faire passer son séjour en bonne et due forme. Il est question de lui redonner de la magie qu’elle aurait perdu dans le monde des humains. Hors, il s’avère qu’en plus de ne pas pouvoir utiliser le moindre sort, la perte magique est nul quelque soit le temps que l’on y reste. Cela va paraître déplacé, mais mon statut confirme que la Princesse Celestia vous a donné cet exercice dans le but de conclure avec la jument que vous accompagnez comme le ferait n’importe quel couple le soir d’une St Galopin, et ainsi assouvir les plaisirs de ma soeur. Durant certaine période, il lui arrive de se laisser aller et de jouer avec le destin de ses sujets vers d’étrange tournure. Elle s’est déjà chargée de faire en sorte que certain couple arrive à ce cape quoi qu’il arrive, j’espère que cette lettre est arrivée à temps.

 

Sa majesté, la Princesse Luna.”

 

L’étalon jaune au crin vert venait de lire le papier à voix haute, puis il laissa en réaction une grande bouche bée en se tournant vers la jument à la crinière feu qui elle, haussa un sourcil.

 

“Ils tournent vraiment plus rond à Canterlot.

 

-Mais... je... tout ça. Tout ce stress pour...

 

-Pour faire plaisir à ta Princesse, coupa Sunset alors qu’il commençait à balbutier. Qu’est ce que je te disais...”

 

On aurait dit que la licorne n’en avait rien à faire du fait que son destin venait d’être manipulé, et que son séjour en Equestria avait été couvert par un mensonge. Supernova lui, sentit son moral dégringoler jusqu’au font de ses sabots. Il avait tant donné pour arriver à satisfaire la ponette jaune qui lui en avait fait tant baver, au point d’avoir détruit la chambre dans laquelle ils se trouvaient. La note était arrivée en même temps que le parchemin royal, le coût devait être égale au nombre de poil qui devait se trouver sur le pelage orangé de la jument qu’il ne cessait de regarder.

 

Elle était en train de faire ses valises, Sunset avait comme lui, comprit que ces deux jours n’avaient été qu’une mascarade. La licorne avait déjà hâte de partir, de quoi encore plus dépiter l’étalon qui s'affaissa sur le sol en s’asseyant lourdement sur le sol, aussi douloureusement que la vérité qui émanait de la lettre venant de Luna. Tout ce qui s’était passé après le dîner : la dispute, la crise de nerf, le baiser, l’amour qui dura presque toute la nuit... ça n’était que du flanc. S’il en avait la force, Supernova aurait bien versé quelques larmes mais même ça il n’y arrivait pas.

 

“Bah c’est quoi cette tête ? fit la jument en voyant le poney dépité.

 

-Tu ne te souviens pas d’hier après le dîner ?

 

-Bien sûr que si, répondit-elle en s’approchant pour lui poser un sabot sur la joue. Pourquoi ?

 

-Et bien j’ai cru que... enfin je... mais... au final, ça servait à rien. C’était... c’était juste du vent alors que.. j’aurai voulu que...

 

-Que ça ne soit pas “rien” ? 

 

Au lieu de marmonner comme il avait commencé à le faire, l’étalon hocha simplement la tête en regardant la jument avec un regard larmoyant. En retour, la ponette souffla par les naseaux avec un sourire tout en secouant légèrement la tête, puis releva le menton de la licorne jaune afin de lui tendre ses lèvres.

Elle était en train de l’embrasser, à nouveau. Un baiser que Supernova rendit en prenant le magnifique visage de Sunset avec ses sabots et passer ses pattes dans sa crinière. Finalement, elle non plus voulait que ça ne soit pas juste une blague de Celestia.

 

“Viens avec moi ! lui fit-elle.

 

-Je... je sais pas Sunset, répondit-il en collant son front contre le sien en  gardant les yeux clos. Je ne sais pas si j’arriverais à m’adapter chez les humains... et mon école...

 

-Sparkle l’a fait en quelques jours. Elle a même réussi à se coller tout mon lycée à ses pieds. Et quelle utilité de retourner dans l’école d’une professeur qui se sert de toi pour le plaisir ?”

 

Il ne répondit pas, il en était incapable. Une avalanche de questions lui vint en tête mais qui se résumait à un : partir ou rester ? Tout abandonner pour elle ou rester pour un avenir déjà tracé. Car oui, il était certain qu’en sortant de l’école, sa place dans les rangs des grands de Canterlot était assuré. Mais pour qui enfin de compte ? Pour une alicorne qui se délectait de jouer avec ses sujets et leurs destins ? Pour une jument qui tirait du plaisir en jouant avec leurs sentiments ? Pour Celestia qui lui avait enseigné toutes ces choses dans le seul but de servir de postiche ?

 

“Il faut que j’aille prendre l’air ! fit-il en se dirigeant vers la porte.

 

-Prends ton temps, j’en ai pour un moment avant d’en avoir fini avec mes affaires.”

 

Après avoir fermé la porte, la jument ne put s’empêcher de sourire. Elle savait très bien au font d’elle quel serait son choix, il était à elle. Supernova en revanche, se concentra d’abord sur l’environnement dans lequel il s’était jeté : froid, brumeux et désagréable. Afin de mieux réfléchir, il se précipita dans un bâtiment publique où il pourrait réfléchir au calme, comme un bar par exemple.


 

 


 

“Polycop ! cria Rainbow Dash. C’était génial hier soir !

 

-J’en suis ravi”, répondis-je avec une certaine faiblesse.

 

Nous étions tous devant l’arbre maison, à parler de ce que nous avions ressenti la veille. Il n’y avait que du bon, que du bonheur. On se faisait des câlins, des étreintes, mais rien de plus. C’était drôle de voir la pégase arc-en-ciel, Applejack, ou même n’importe quelle autre ponette avec laquelle j’ai passé un moment intime me faire ce que des simples amies m’auraient fait. Quand Rainbow Dash et la cow pony nous quittèrent, je pus enfin avoir une vue sur Python qui lui, avait une tout autre façon de dire au revoir, surtout avec Rarity qui ne décollait pas ses lèvres de l’étalon. Impossible pour eux de se séparer, il faut dire qu’ils avaient passé un moment particulier, quelque chose que seul eux deux pouvait ressentir. 

 

... Une chose que moi-même je ressentais avec une autre jument. Alors que Pinkie Pie sautillait autour du nouveau couple dont le monde n’avait plus l’air d’exister autour d’eux, ainsi que Twilight qui souriait derrière son sabot à les observer, mon regard était plutôt porté sur une ponette jaune au crin rose dragée. Fluttershy était encore caché derrière sa crinière, mais contrairement à la veille, je n’avais aucune idée de ce qu’elle voulait cette fois-ci. 

 

“Qu’est-ce que tu attends ? me fit Twilight.

 

-Ah ? Eu... je sais pas..., bégayais-je de surprise. Tu penses que elle et moi on... enfin je...”

 

Avant de me répondre, elle se mit à éclater de rire. J’étais plus rouge qu’une tomate, c’était claire comme de l’eau de roche que je ressentais un petit truc pour l’élément de la gentillesse. Mais la réaction de la Princesse en revanche m’étais inexpliqué jusqu’à ce qu’elle ouvre la parole.

 

“Elle m’a posé la question de la même façon ! Trait pour trait ! s’exclama-t-elle. Je pense qu’il serait trop bête pour vous deux de ne pas vous revoir n’est-ce pas ?”

 

Je ne répondis rien, trop gêné de dire quoi que ce soit au risque de passer pour un débile encore une fois. La conversation s’arrêta là, Twilight entra dans la bibliothèque sans oublier de me remercier d’avoir été présent et à la hauteur des attentes. En voyant Python faire une étreinte chaude à Rarity tout en lui soufflant des mots doux à l’oreille, je pris alors mon courage à deux sabots et m’avançai vers Fluttershy qui avait toujours le museau dans ses cheveux, avec toutefois un sourire qui s’esquissa quand elle me vit m’approcher d’elle. J’avais envie de faire comme la licorne blanche au crin de jais, de la serrer contre moi et rien de plus.

 

“Mer... Merci pour cette nuit, me souffla-t-elle. J’ai passé une très bonne soirée.

 

-Bah de rien, répondis-je en me passant un sabot derrière la tête tout en rougissant plus que jamais. Faut dire qu’on m’a pas laisser le choix en même temps, mais c’était pas désagréable ça non !”

 

Je disais tout cela en rigolant nerveusement, elle aussi se mit à pouffer. Puis soudain, je la vis se rapprocher de moi afin de me faire un baiser sur la joue. Dire que la veille, j’avais embrassé de toutes les façons possibles plusieurs juments différentes. Mais quand il s’agissait de Fluttershy, et même ce simple bisou sur la joue, mon coeur était sur le point de s’arrêter à chaque fois. Je souriais bêtement, elle aussi mais ça ne la rendait pas idiote comme moi je l’étais au contraire. Elle aussi avait les joues écarlates, son geste devait être un effort titanesque pour qu’elle en vienne à vouloir agir. Il y avait vraiment quelque choses.

 

Puis enfin, la pégase et son amie nous quittèrent en prenant la direction du Carousel tout en nous disant “À bientôt”. Pour Python c’était sûr qu’il allait revoir Rarity, pour moi... et bien j’avais également la certitude d’aller rendre une petite visite chez la jument vétérinaire.

 

“Et bah, soupira l’étalon blanc en se joignant à mes côtés. Tu parles d’une soirée...

 

-C’est claire.

 

-Tu l’as dit. Ça te dirais d’aller boire un coup pour aller fêter ça ? C’est moi qui paye !”

 

Je n’étais vraiment pas fan d’alcool, et j’étais certain de revoir ce barcolt bien qu’à présent je ne lui en voulais plus trop d’être sans doute l’un des antagonistes de mon destin. Un verre, ça ne pouvait pas faire de mal.


 

 



 

Le bar était quasiment désertique. Il n’y avait personne au comptoir, et seulement quelques poneys à des tables placées dans les coins de la salle. Le barcolt pouvait ranger bruyamment ses verres et ses bouteilles, personne ne le remarquerait. Du travail, il en avait ce matin, ranger tous les alcools revenant du Sugarcube Corner n’était pas rien car il en restait à foison. En bruit de fond, il pouvait écouter un couple assis à une table, face à face, en train de siroter du vin venant de la région. Il s’agissait d’un terrestre brun parlant à une pégase au crin doré, qui buvait les paroles de l’étalon autant que sa coupe de nectar. Celui-ci lui faisait une éloge sur l’innocence qu’elle représentait, de quoi faire hausser les sourcils de tout le monde, comme le barcolt qui préféra alors se concentrer sur une bouteille posée au bout du bar. 

 

C’était une bouteille d’Applejack Daniel’s. Elle était encore toute neuve, personne n’en avait demandée lors de la soirée d’hier. L’étalon rouge regarda longuement la bouteille, puis il scruta les alentours afin de voir si personne ne le regardait.

 

“Bonjours, vous.”

 

Il avait abordé un sourire envers cette jolie bouteille carrée avec son étiquette noire et ses inscriptions en blanc. La licorne avait également changé son regard afin de le rendre plus perçant, puis il s’était rapproché de la liqueur en remuant sa grande queue rouge de gauche à droite, la frottant parfois sur le comptoir. C’était vraiment une drôle d’attitude que le barcolt adoptait devant cet alcool, bien qu’il ne s’agissait pas que d’une simple boisson. Enfin, il s’était accoudé au comptoir, tout en croisant les jambes, sans jamais quitter des yeux la bouteille.

 

“On dirait que personne ne vous a abordé, dit-il avec une voix chaude tout en se saisissant de l’Applejack Daniel’s avec sa magie. Heureusement pour vous, je suis ici dans le but de vider les remords que vous renfermez.”

 

Il déboucha la bouteille, puis se saisit d’un verre au dessus de lui sans bouger un seul sabot. Dans une délicatesse sans égale, il se servit un modeste verre, puis au lieu de le boire il porta le récipient à ses yeux.

 

“Et je suis celui qui vous plains lorsque vous êtes vide. Comme toutes les juments, vous êtes si belle à regarder tout en nous faisant désirer de vous déguster, si difficile à aborder quand on doit vous avaler, mais enfin si délicieuse à supporter par l’ivresse de bonheur que vous nous apportez. Avec modération bien sûr, même s’il est très difficile de se passer de vous.”

 

Puis enfin, il commença à toucher le verre avec ses lèvres dans le but de les humecter. Mais soudain, la porte d’entrée s’ouvrit. Immédiatement, l’étalon écarlate rangea l’Applejack Daniel’s et le verre encore plein juste en dessus du comptoir. Voir un barcolt se laisser aller avec ses propres produits était un comble. C’était une licorne grise, portant une écharpe et un veston noir comme sa crinière et sa cutie mark. C’était l’un des étalons qui était au bar du Sugarcube Corner, il s’était assis à la même place que la veille, c’est-à-dire au milieu du bar. Sa commande fut la même : un verre de Hoovebell. Ce poney ne prêta aucune attention au serveur, il était trop occupé à se remémorer les évènements de la veille, ce qui le faisait sourire grandement. Quant à la licorne rouge, il se remit au travail. Quelque chose lui disait que d’autres clients allaient arriver dans le but de se désaltérer après la soirée éprouvante qu’ils avaient passée.

 

Et il vit juste : un homme blond - le même qui était au bar du Sugarcube Corner - entra en trombe dans la salle en claquant des dents à cause du froid qui régnait dehors. Il portait encore son costume noir, froissé, avec des tâches parsemées sur le pantalon comme sur la veste. Norlf prit la même place que la veille, au bout du comptoir.

 

"...Cognac s'il vous plaît", demanda-t-il avec une voix tremblante et presque éteinte.

 

-La soirée a été rude à ce que je vois, lui fit l'étalon gris.

 

-On va dire les choses comme ça."

 

Par la suite, le barcolt lui servit son verre qu'il but d'une traite, puis il tendit le récipient avec un mouvement de tête à l’étalon pour se faire resservir. En quelques secondes, son mal de tête s'atténua un peu et sa bouche devint moins pâteuse. En regardant la licorne rouge qui lui servait son alcool, le jeune homme eut la même question que la veille.

 

"Tiens, pendant que l'autre est pas là à me faire des reproches, pourquoi c'est pas la jument qui...

 

-On parle de moi ? survint une voix dans son dos."

 

Quand Norlf se retourna, il vit le pégase noir entrer et s'asseoir à l'autre bout du bar. Celui-ci avait un petit sourire en coin qui donna envie à l'homme de passer sa main sur tout son visage. C'était le dernier poney qu'il voulait voir.

 

"On dirait que ma remarque d'hier n'a pas suffit...

 

-Pourquoi c'est pas Seven qui sert à boire ? demanda-t-il malgré tout en faisant mine d'ignorer le croque-mort.

 

-Elle est partie fêter la St Galopin à Appleloosa, histoire de rencontrer une vieille connaissance, répondit le barcolt. Un bison je crois...

 

-Cette jument a de l'importance pour vous on dirait."

 

Et voilà que l'autre cornu s'y mettait. Norlf prit une grande inspiration afin de ne pas s'énerver, et d'expliquer les choses en fond et en large sans passer pour ce que les autres croyaient.

 

"C'est une amie que je vois très souvent ici, et forcément je me pose la question de savoir où elle est quand je vois qu'un autre prend sa place.

 

-Moai... pas très convainquant tout ça, moufta le pégase noir.

 

-J'arrive pas à y croire ! s'écria une quatrième voix masculine dans leurs dos. Vous avez tous passé une putain de nuit et vous arrivez encore à vous foutre sur la gueule !"

 

Ils se retournèrent tous, et purent voir un terrestre au pelage lilas avec une crinière blanche électrique. Bien qu’il n’avait pas beaucoup parlé, tout le monde avait reconnu cet étalon qui n’avait pas de costume sur lui lors de la soirée. Il prit le tabouret placé juste à côté de Norlf, et demanda à la licorne rouge de lui servir un café.

 

“Franchement les gars, continua-t-il. Détendez-vous un peu l’anus ! On vient tous de passer une sacrée nuit, on devrait plutôt fêter ça non ?

 

-Je suis d’accord avec System, approuva Norlf.

 

-Forcément ça t’arrange toi, fit Croc en plongeant son museau dans l’épaisse liqueur qu’on lui avait servie.

 

-Je crois qu’il a raison, on devrait arrêter de se quereller.”

 

Les paroles de Sakiru mirent tout le monde à l'unanimité, plus personne ne se lancerait de pique sans réelle raison. On pouvait désormais entendre des rires sortir du bar, ainsi que des conseils venant de certains quand quelqu’un demandait un conseil. Comme Croc par exemple, on lui indiqua simplement de suivre son bonheur, et que si la chose qui le retenait ici lui causerait plus de tort en restant, alors le choix était évident. Et puis rien ne l'obligeait à ne pas revenir si les choses se passaient mal. 

 

Un cinquième étalon vint se joindre au comptoir, une licorne jaune au crin vert. Après avoir commandé un alcool bien fort, lui aussi se confia sur le choix qui lui avait été proposé. Et là encore, ils lui conseillèrent de simplement voir ce qu’il avait vraiment à perdre s’il partait au côté de sa bien aimée. Ce n’était pas assez suffisant comme conseil malheureusement, il fallait bien plus à Supernova pour le convaincre de quitter Equestria.

 

Et enfin, ce ne fut pas un, mais bien deux étalons qui firent leur entrée dans le bar, tous demandèrent au pégase bleu de qui il pouvait s’agir. Quand Polycop dit simplement les mots “caves” et “Pinkie Pie”, tous n’eurent pas besoin d’aller chercher plus loin.
 

“Donc ta réussi à te farcir toutes les ponettes qui étaient avec toi ?

 

-Pas vraiment toute, se justifia le poney au crin blanc en se passant un sabot derrière la tête. Mais oui, je suis passé sur plusieurs d’entre elles.
 

-Et c’est quoi ton nom déjà ? demanda l’humain.

 

-Polycop, pourquoi, un problème ?

 

-Non non, juste comme ça. J’ai un mot qui se rapproche beaucoup de ton nom et qui a un rapport avec ce que tu as fait mais... ça me revient pas.”

 

La discussion ne s’arrêta pas ici au contraire, elle gagna en intensité au point de devoir parler fort pour s’entendre. La convivialité était devenue maîtresse des lieux, cela faisait sourire à pleines dents le barcolt qui ne put s’empêcher de prendre lui aussi un verre de son alcool préféré, et d’offrir une tournée à toute cette joyeuse troupe.

 

“Messieurs, dit-il en brandissant le récipient avec sa magie comme le faisait les autres licornes, je porte un toast à cette St Galopin qui restera à jamais gravée dans nos mémoires.

 

-Je porte un toast à la cicatrice que j’ai sur le crâne, sans qui je n’aurais pas rencontré ma Milena.

 

-Et moi un verre à cet endroit qui m’a permis de faire la connaissance de Berry.

 

-Un toast à Unique sans qui je n’aurais pas rencontré ma reine.

 

-À mon travail qui m’aura donné la chance d'approcher celle dont j’avais rêvé de pouvoir ne serait-ce parler.

 

-Mon verre, que je dédie à Celestia qui m’aura forcé à supporter Sunset Shimmet dont je ne pourrais plus me passer désormais.

 

-Je porte un toast à Toropicana, pour les misères qu’il nous a fait accomplir dans le but de nous permettre de faire les rencontres actuelles.

 

-À Pinkie Pie qui... hein ?”

 

Alors tout le monde avait bu son verre, la phrase de Polycop avait interrompu toute la bande, sauf le barcolt qui astiquait un verre après avoir fini son Applejack Daniel’s. Tout le monde avait le regard braqué sur le pégase bleu.

 

“C’est quoi cette histoire ? lui demanda le terrestre violet.

 

-C’est simple, ce cher barcolt qui n’est autre que le responsable de tout ce qui s’est passé ces derniers jours, n’est autre que Toropicana lui-même.

 

-C’est vrai que... ce nom me dit quelque chose, fit la licorne grise.

 

-Maintenant si c’est grâce à lui qu’on en est là, enchérit Norlf, il faudrait surtout le remercier.

 

-Ça oui... mais je parlais aussi des mauvais moments !”

 

Tous le monde se mirent à rire en coeur. Ce que racontait Polycop n’avait aucun sens, et depuis ces derniers jours ils n’avaient pas vu cet étalon autre que derrière un comptoir. Mais son attitude était vraiment étrange. Alors que tous devant lui était en train de s’esclaffer, il se contentait simplement de sourire, toujours en essuyant sa vaisselle. Quand les poneys finirent de rire - car l’humain lui ne souriait même pas -, ils regardèrent le barcolt.

 

“C’est vrai cette histoire ? demanda Python en essuyant une larme de rire sur sa joue.

 

La licorne rouge hocha simplement la tête, mais ce simple mouvement eut pour conséquence de faire tomber tous les sourires se trouvant juste devant lui. Non, pensa System, ce n’est pas lui qui a fait en sorte que je me sois... non !

 

“Comment c’est possible ? continua-t-il à voix haute. Je veux dire... on t'a vu nulle part avant hier soir et ici. 

 

-Il n’a pas besoin d’être présent à l’instant, répondit le pégase bleu.

 

-C’est vrai !? firent-ils tous en coeur.

 

Encore une fois, le barcolt se contenta simplement de bouger la tête de haut en bas. Il y eut un silence glacial pendant quelques secondes, intense. Tous abordaient une expression différente, mais la plus étonnante était celle de Norlf, dont le visage tournait au rouge.

 

“Donc... c’est à cause de toi si je me suis vautré sur le quai pour me faire cette cicatrice...

 

-Sans qui tu n’aurais pas rencontré la jument avec qui tu as partagés ta nuit, coupa l’étalon derrière le bar.

 

-Mais ça fait sacrément mal bon sang ! s’énerva Sakiru. Et mon visage est abîmé maintenant... mon si beau visage !

 

-Et m’avoir fait manger de la merde aussi c’était utile !? 

 

-... T'as manger quoi ? fit l’un d’eux en haussant un sourcil.

 

-Cela a permis d’étoffer l’émotion qu’il y avait entre toi et celle que tu convoites.”

 

Ses réponses étaient claires et concises. Il savait de quoi il parlait, c’était trop précis pour que cela soit du hasard. Le pire dans tout ça, ce qui mettait les étalons profondément en colère, c’était qu’il avait raison. Norlf ne disait toujours rien.

 

“C’était vraiment nécessaire de m’en avoir fait baver tout le long pendant deux jours ? demanda Supernova avec une petite pointe de colère sans toute fois élever la voix. 

 

-M’attacher et m’emprisonner deux jours dans la cave de Pinkie Pie était vraiment utile !? hurla Python fou de rage.

 

-Eh bien... si tes deux jours s’étaient passés normalement, je ne pense pas qu’il se serait passé quelque chose. En revanche pour toi, fit la licorne rouge en se tournant vers son semblable blanc. Non ce n’était pas utile mais admets quand même que tu as pris ton sabot. Je me trompe non ?”

 

Encore une fois, il savait vraiment de quoi il parlait, sans faute. Il le faisait avec sourire, un sourire insupportable pour presque tout le monde qui se sentait souillé d’avoir été manipulé pendant tout ce temps. C’était totalement fou et insensé de penser que l’on avait été qu’une marionnette pour divertir, l’un d’entre eux savait pour qui précisément. La rage était telle que l’un du groupe ne résista pas plus longtemps à se saisir d’un verre pour le jeter vers le protagoniste. Le barcolt pencha simplement la tête sur le côté pour l’esquiver.

 

“Donne moi une seule et bonne raison de m’avoir fait dormir dans le même lit que Big Mac ! cria l’humain après avoir balancé son verre.

 

-Et bien... je pense que si Berry ne t’aurait pas vu avoir mal au fesse, elle t’aurait ignoré. Du moins, continua-t-il, votre rencontre se serait fait différemment.

 

-Raté ! On se serait parlé elle et moi. Sans même m’être fait prendre par lui, j’aurais été à ce bar et rien que pour l’accompagner après s’être fait jeter dehors , nous nous serions rencontrés et le résultat aurait été le même.

 

-Sans doute, mais ça aurait été moins drôle.”

 

Norlf n’avait qu’une envie : massacrer ce licorne en lui fourrant sa corne dans la croupe histoire de lui faire comprendre ce que ça faisait. Mais sans s’en rendre compte, il avait avoué à tout le monde son méfait, ce qui en fit rire beaucoup.

 

“Eh bah on dirait que je m’en sors bien dans l’histoire si on regarde bien. Se branler devant Big Mac c’est pas grand chose finalement... quoi ?”

 

Pendant un instant, les regards étaient tournés vers l’étalon lilas qui n’avait pas l’air de se rendre compte de ce qu’il disait. Mais par la suite, tous se tournèrent vers le responsable de tout ça, dans la ferme intention de ne pas rester les sabots croisés.

 

“Je crois que même si on en doit une à ce cher Toropicana, celui-ci doit payer pour ce qu’il nous a fait subir, fit le gentlecolt gris.

 

-Prépare ton cercueil ! Tu seras mon dernier client.

 

-C’est déjà fait.

 

-Alors c’était toi le poney anonyme qui en avait commandé un ?

 

-Mais avant mes chers sujets, intervint une voix féminine et suave dans leurs dos. J’aimerais mettre les choses aux claires avec vous tous.”

 

Ils s’étaient tous retournés, et quand ils virent de qui il s’agissait, tous se jetèrent de leurs tabouret dans le but de courber l’échine face à Celestia. Mais celle-ci tendit le sabot afin de leurs indiquer de ne pas lui faire cet honneur. Après avoir repris leurs places, le groupe de mâle avait les yeux fixés sur la Princesse, particulièrement sur sa crinière qui n’était pas dans son état habituel. Seul l’un d’entre eux savait probablement pourquoi elle était rose au lieu d’être pastel. Pendant tout ce temps, le barcolt lui n’avait pas bougé d’un crin, et se contentait simplement de regarder la régente en aillant stoppé son activité.

 

Par ailleurs, tous espéraient ici que l’alicorne blanche était venue dans le but de le punir de ses actes odieux. Mais elle abordait un sourire, et tout le monde savait que Celestia n’était pas du genre à prendre plaisir quand il s’agissait de châtier l’un de ses sujets. Certains se demandaient vraiment pourquoi elle était ici, tandis qu'un autre comme le pégase noir, tremblait de tout son corps en priant de ne pas être à découvert sur ce qu’il avait fait ces derniers jours avec l'ennemie publique numéro une d’Equestria.

 

“Je tenais à tous vous féliciter pour ce que vous avez accomplis. D’abord toi, Toropicana, fit-elle en pointant le concerné avec son sabot doré. Tu as réussi à faire en sorte que chaque personne ici trouve son bonheur, même si tu as dû employer les grands moyens en piégeant le gâteau au chocolat et l'alcool.

 

-Ce fut un plaisir votre altesse, salua-t-il. L’aphrodisiaque devait être nécessaire pour certains couples, bien que je sois certain qu’il n’était pas utile à cent pour cent.”

 

Tout le monde eut la bouche bée en entendant les paroles des deux cornus. Non seulement l’étalon rouge avait employé des procédés grossiers mais en plus, il avait fait tout ça pour la Princesse. C’était à en devenir chauve, le seul qui n’était pas très étonné, c’était la licorne jaune qui était plus ou moins au courant des méfais de Celestia et de son état inhabituel grâce à la lettre de sa soeur.

 

"Quant à vous mes chers sujets comme mes chers élèves, continua la grande jument, vous avez fait preuve d'un grand courage et d'une infinie bonté. Comme toi Sakiru, je t'ai fait prendre ses vacances dans le but de te détendre et ainsi combler la solitude qu'avait cette pauvre jument."

 

La licorne au crin noir se contenta de la saluer par la tête, juste ça. Ce n'était à n'y rien comprendre, sa "directrice" l'avait envoyé ici pour faire monter au septième ciel une ponette. Trop étrange et insensé pour se poser plus de question, et au final il avait gagné une compagnie.

 

"De même pour toi Norlf, dit-elle en regardant le jeune homme. Toi et elle aviez des relations à la dérive. Il était temps pour vous deux de trouver un équilibre."

 

Il ne répondit rien, ne fit pas un seul geste. Pourquoi est-ce que la régente solaire aurait porté son intérêt sur deux ivrognes, tout en faisant appel à un imposteur capable de changer le destin de qui bon lui semblait en un seul claquement de sabot. C'était honorable d'un certain point de vue, mais également du gros n'importe quoi.

 

Puis la Princesse tourna son regard vers le pégase d'ébène, qui tremblait de tout son corps. Si elle savait tout de ce qui s'était passé pour les autres couples, elle était alors forcément au courant pour lui et Chrysalis. D'un instant à l'autre, Croc s'attendait à se faire bannir sur la lune.

 

"Peut-être que grâce à toi, une entente entre notre peuple et le sien sera possible dans un futur proche. J'admire ce que tu as fais, et j'espère que cela perdurera."

 

Elle avait... accepté ? Non ! Impensable, et pourtant, le croque mort eut juste besoin de regarder l'expression éberluée des autres mâles pour confirmer qu'il n'avait pas rêver. Une immenses joie monta en lui, en plus d'avoir eu de bons conseils, la Princesse en personne le lui avait conseillé.

 

"Il en est de même pour toi Supernova. Tu seras un bon support pour Sunset une fois de l'autre côté.

 

-Mais Princesse, je n'ai pas encore fais mon choix. Et l'école...

 

-Il est temps pour toi d'aller explorer d'autres horizons. J'attends d'un sabot ferme tes premiers rapports sur le monde des humains."

 

La licorne jaune renâcla. Même s'il s'agissait plus d'un ordre qu'un conseil, l'étudiant n'était pas certain d'être prêt à aller aussi loin pour obéir à Celestia. Il en avait déjà fait trop à son goût. Heureusement que cela lui permettait de suivre Sunset, sans qui il aurait sûrement refusé cette "mission" partant à l'origine sur des bases étranges.

 

Par la suite, la dirigeante jeta un regard joyeux au terrestre violet qui lui rendit en retour. Il n'avait rien fait de particulier, ne serait-ce juste d'apporter un peu de piment dans la vie de Cloudchaser, dans la vie d'une jument qui le méritait sûrement comme le pensait FakeDaSystem, mais ça n'avait rien de différent comparé aux autres. Et enfin, la Princesse se dirigea littéralement vers le pégase bleu qui resta figé comme une statue.

 

"Quant à toi, je tiens tout d'abord à te féliciter pour l'attitude honnorable que tu as eue avec toutes les juments qui t'auront forcé à aller juste au bout. Une telle franchise se fait rare dans notre royaume. 

 

-Moai..., ronchonna la licorne blanche présente à côté de Polycop. C'est pas comme moi qui me suis laissé faire.

 

-Au contraire Python, rétorqua-t-elle. Tu as pu assouvir les besoins de Pinkie Pie, ce que personne n'avait fait avant toi.

 

-J'aimerais savoir..., fit le pégase. Pourquoi est-ce que les Éléments d'Harmonies se sont comportées comme tel ? Moi qui pensais les voir plus... innocentes, je ne pensais pas qu'elles étaient dans ce genre là.

 

-Tu as tout à fait raison mon cher sujet. Vois-tu il y a quelques jours, j'ai envoyé une lettre à Twilight lui disant de fêter la St Galopin entre amie. Le parchemin était... fortement parfumé."

 

Elle avait prononcé ce mot avec trop de sensualité pour qu'il n'ait pas un double sens. Pire, il signifiait bien que Twilight n'avait pas agi par sa propre volonté. Mais au final, l'élève de Celestia avait apprécié le moment, et lui non plus, avec la possibilité de revoir l'une d'entre elle.

 

"Ce fut un bon moment pour vous tous, et lorsque mes sujets passent du bon temps alors je ne peux qu'en être heureuse. Cela signifie que mon peuple vit dans la joie. À présent, conclua-t-elle, il est temps pour nous de nous retirer et de laisser le destin se charger du reste."

 

Elle resta un petit moment à fixer le barcolt qui souffla par les naseaux tel un long soupir. Avant de faire quoi que ce soit, il se servit un dernier verre d'Applejack Daniel's. Toropicana allait en avoir besoin pour ce qu'il s'apprêterait à faire. Une fois la liqueur dans son gosier, sous le regard médusé du groupe toujours sous le choque des révélations de Celestia, la licorne rouge contourna le comptoir et prit le chemin de la sortie. 

 

Mais là encore, la Princesse fit quelque chose qui dépassa toutes les choses imaginables. L'ensemble des mâles virent partir l'étalon collé flanc à flanc avec la régente, avec l'une des pattes de Celestia entourant le cou du barcolt. Les réactions ne se firent pas attendre.

 

"Il exagère ! s'écria Python.

 

-Ça va trop loin ! s'insurgea Polycop.

 

-Je rêve, constata Supernova.

 

-J'y crois pas..., maugréa FakeDaSystem.

 

-Quel baraqui ! groula Croc.

 

-C'est une blague, soupira Norlf en passant sa main sur son front."

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